Perles et pirates de Zaoui et Clotkas

25.03
2015

cop. Casterman

Malédiction : on a cuisiné des lapins à bord ! Aussitôt le navire du gouverneur, qui ramène le canon de Charles le Turc ne pouvant servir qu’une fois, est abordé par des pirates qui s’en emparent… Mais pas n’importe quels pirates ! Des femmes exclusivement, cinq jeunes femmes, qui prennent la relève de leur père, le grand Mc Kinley, qu’elles croient mort, et que le gouverneur force à livrer le secret d’un trésor.

Et pourquoi les filles n’auraient pas le droit de jouer aux pirates ? Voici une bande dessinée d’UN scénariste et d’UNE dessinatrice, bien dans l’air du temps, à l’humour décalé.

ZAOUI, CLOTKAS.

Perles & pirates : une histoire de perles… et de pirates.

Casterman ( 2015).

126 p. : ill. en coul. ; 19*28 cm.

EAN13 978220305818-7 : 19,95 €.

Je suis bien atteinte de tsundoku…

23.03
2015

la fameuse maladie décrite dans Télérama

… La preuve en images….

 

 

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Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig

23.03
2015

cop. Folio

 

On ne parle que de ça dans cette pension de famille située sur la Côte d’Azur : Madame Henriette, l’épouse d’un client et mère de deux enfants, est partie sur un coup de tête avec un jeune Français qu’elle connaissait depuis à peine vingt-quatre heures. Seul contre tous, le narrateur essaie de comprendre sans la juger cette femme qui, sur un coup de foudre, a fait fi du qu’en dira-t-on. L’écoutant la défendre, une vieille dame anglaise s’ouvre alors à lui d’un secret qu’elle garde depuis plus de vingt ans : un soir où elle se rendit au casino de Monte-Carlo, cette veuve rencontra un jeune homme de vingt ans enfiévré par le jeu au point de vouloir se donner la mort cette nuit-là. En voulant le sauver, elle fait tomber sa bonne éducation…

Enchâssée à l’intérieur du scandale de Madame Henriette s’enfuyant de sa vie d’épouse et de mère bien rangée sur un coup de tête, cette confidence sur la passion amoureuse qui peut naître en moins de vingt-quatre heure et changer à jamais la vie d’une femme permet à Stefan Zweig de dénoncer le carcan dans lequel est maintenu toute femme dans la bonne société. Il décrit également à la façon du Joueur de Dostoïveski la passion du jeu qui anime les mains et toute l’âme de ce jeune homme, que même la foi religieuse ou l’amour dévoué d’une veuve ne peuvent sauver. Mais ces Vingt-quatre heures, ce sont surtout vingt-quatre heures vécues plus intensément que toute une vie réunie, au travers desquelles la narratrice passe par les émotions les plus extrêmes : la peur, le doute, la bienveillance, la charité, la honte, l’amour passionnel, l’impatience, le désespoir, la désillusion. Vingt ans après, la vieille dame souffre encore de cette blessure, de ce coup de canif porté à son amour-propre de femme. Une aventure amoureuse vue sous le prisme psychologique, d’un suspens haletant. Un petit chef-d’oeuvre sur les ravages de la passion.

ZWEIG, Stefan.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme = Vierundzwanzig Stunden aus dem Leben einer Frau.

Trad. De l’allemand (Autriche) par Olivier Le Lay et annoté par Jean-Pierre Lefebvre.

Gallimard (Folio bilingue, 192 ; 2015).

199 p.

EAN13 9782070461967 : 7 €.

 

Le reste du monde de Jean-Christophe Chauzy

18.03
2015

cop. Casterman / Chauzy

Dernier soir de ce mois d’août passé en montagne : Marie, perturbée par sa rupture toute fraîche avec son mari parti avec une jeunette, confie ses fils Jules et Hugo aux Guérin pour pouvoir ranger et nettoyer son chalet avant le départ. Mais cette nuit-là éclate un orage de montagne extraordinaire, devant lequel fuient les animaux, terrorisés. Lorsque Marie, blessée, redescend au village, elle le trouve dévasté, comptant ses morts. Marie plonge dans une faille sauver ses fils avec l’aide du chien des Guérin. Elle décide ensuite de descendre à Soulan coûte que coûte pour prendre le train, mais arrivés là, la ville semble coupée du monde. Bientôt les vivres commencent à manquer…

Curieux comme cela m’a fait songer au plateau du Vercors et à sa route en lacets de Lans-en- Vercors jusqu’à Grenoble. La ressemble s’arrêtera, je l’espère, là… Car c’est une vraie histoire de fin du monde que nous raconte là Jean-Christophe Chauzy, de celles où l’instinct de survie fait oublier le reste d’humanité en chacun de nous. Le fil est ténu, prêt à casser pour faire abandonner toute moralité, pour cette mère décidée à survivre avec ses deux fils. Un parfum d’apocalypse dérangeant. A suivre.

 

CHAUZY, Jean-Christophe.

Le reste du monde.

Casterman (Univers d’auteurs ; 2015).

109 p.

EAN13 9782203087415 : 18 €.

Découverte inopinée d’un vrai métier de Stefan Zweig

15.03
2015

cop. Folio

De retour un matin de printemps à Paris, en 1931, un écrivain étranger, qui pourrait être  Zweig lui-même, s’attable à la terrasse d’un café pour y assister au spectacle des allées et venues des passants, quand il distingue parmi eux un individu semblant n’avoir d’autre but que de se mêler à cette foule…

Dans une lettre qu’elle adresse à son amie d’enfance, une dame raconte comment elle a pu s’acquitter d’une dette de jeunesse alors qu’elle dînait seule dans une auberge, où elle comptait passer deux semaines pour se reposer : elle y apprend que le vieil homme un peu mondain que méprisent les paysans du coin n’est autre que  l’ancien acteur de théâtre dont elles étaient follement éprises…

Deux nouvelles pour découvrir la magnifique plume de Zweig, qui brosse ici avec tendresse le portrait de personnages originaux d’ordinaire parias de la société, que sa connaissance de la nature humaine rend extrêmement attachants. La chute de la première est aussi amusante que celle de la seconde est touchante par sa générosité. De quoi faire sourire et donner un peu de baume au coeur.

Un vrai coup de coeur.

ZWEIG, Stefan.

Découverte inopinée d’un vrai métier suivi de La vieille dette.

Trad. De l’allemand (Autriche) par Isabelle Kalinowski et Nicole Taubes, annoté par Jean-Pierre Lefebvre.

Gallimard (Folio 2€, 5905 ; 2015).

113 p.

EAN13 9782070462674 : 2 €.

 

Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Adichie

08.03
2015

cop. Folio

Chimamanda Ngozi Adichie raconte certains détails de sa vie particulièrement éclairants sur la condition féminine, tels cet épisode à l’école primaire où le chef de classe ne pouvait être qu’un garçon, celui où une femme ne peut pas entrer dans un hôtel sans être soupçonnée d’être une prostituée, où une femme est ignorée par les serveurs d’un restaurant car c’est l’homme seul qui est important et qui a l’argent. Elle se considère comme une Féministe Africaine – car le féminisme ne serait pas africain – Heureuse – car les féministes seraient « malheureuse(s), faute de trouver un mari« -  qui ne déteste pas les hommes - car être féministe serait synonyme de haine des hommes… et rêve d’un monde plus équitable, qui commence par l’éducation des enfants.

Dans Les Marieuses, Chimamanda Ngozi Adichie évoque l’arrivée d’une jeune mariée nigérienne aux Etats-Unis chez son « mari tout neuf« , médecin traitant à l’hôpital, choisi par son oncle et sa tante…

Version modifiée d’une conférence, le premier texte est paradoxalement très personnel puisqu’il tire du vécu de l’auteure des preuves quotidiennes de l’existence de préjugés sexistes et de l’inégalité entre les sexes, à l’école, dans la rue, au travail. Simple, clair, direct.

Dénonçant les mariages forcés, le second texte décrit tout à la fois la soumission d’une jeune épouse nigérienne à son mari diplômé et américain, et sa distanciation ironique vis-à-vis de ce mode de vie qu’il compte lui imposer, dans l’espoir de pouvoir s’intégrer.

NGOZI ADICHIE, Chimamanda.

Nous sommes tous des féministes suivi de Les marieuses.

Trad. De l’anglais (Nigeria) par Sylvie Schneiter et Mona de Pracontal.

Gallimard (Folio 2€, 5935 ; 2015).

 87 p.

EAN13 9782070464586 : 2 €.

Jean-Bark de Philippe Claudel

01.03
2015
cop. SL

cop. SL

Par ce petit ouvrage publié chez Stock, Philippe Claudel rend à sa façon un dernier hommage à son éditeur depuis 2001 et seul véritable ami, Jean-Marc Roberts, auteur et directeur des éditions Stock pendant 15 ans. Il s’était rebaptisé affectueusement Jean-Bark pour Philippe Claudel, d’après l’un des personnages fumeurs de sa Petite fille de Monsieur Linh. Décédé d’un cancer du poumon, ayant précisément abusé de cette cigarette qu’il tenait avec tant d’élégance, Jean-Marc Roberts était un éternel amoureux des auteurs, des livres et des femmes, parmi lesquelles les stockettes de sa maison.

A la suite du Jérôme Lindon d’Echenoz, Philippe Claudel écrit ici un beau témoignage d’amitié destiné à faire revivre les facettes connues d’un ami… et à faire son deuil aussi.

cop. Carnets de SeL

cop. Carnets de SeL