Frank Merriwell à la maison blanche de Ward Moore

25.01
2015

cop. Le passager clandestin

Magnat politique amoureux fou de la fille d’un savant fou, Stevenson Woolsey propose à ce dernier de bien vouloir lui confier sa dernière invention, un androïde, pour qu’il se porte candidat aux prochaines élections. C’est l’androïde qui accepte contre son gré. A son premier meeting, l’androïde Frank Merriwell commence ainsi : « Electeurs, je suis opposé à tout progrès. Merci. » Contre toute attente, ses arguments plaisent…

Alors âgé de 70 ans, Ward Moore en 1973 bouscule avec beaucoup d’humour les discours de campagne attendus, qui emportent malgré tout l’adhésion par l’aplomb et la logique imparable de son orateur. Il évoque avant l’heure la décroissance synonyme d’un monde où il fait bon vivre. Finalement, un petit roman fleurant bon l’utopie.

MOORE, Ward. – Frank Merriwell à la maison blanche / trad. de l’amér. par A. Duffaud. – Le passager clandestin, 2014. – 78 p. ; 11*17 cm. – (dyschroniques). – EAN13 978-2-36935-021-7 : 6 €.

Les mains invisibles de Ville Tietäinen

21.01
2015
cop. Casterman

cop. Casterman

Rachid finit par écouter son frère Nadim qui lui vante l’Eldorado de l’Europe, lorsque son patron le licencie alors que sa mère tombe malade et que sa petite fille, toujours affamée, s’affaiblit. Pour ne plus passer pour un lâche et prendre ses responsabilités, il part avec lui, mais son frère échoue déjà mort sur la terre promise. Quant à Rachid, travailleur immigré clandestin, il se retrouve traité comme un esclave dans les serres et peine à payer ses dettes au passeur, sans jamais pouvoir envoyer de l’argent à sa famille. Fuyant jusqu’à Barcelone où il espère trouver un vrai travail, il tombe de désillusions en divagations…

Triste réalité que nous raconte Les Mains Invisibles, fiction nourrie d’une solide documentation et des séjours de l’auteur finlandais en Espagne et au Maroc. Celle des raisons économiques qui peuvent pousser des hommes à quitter leur pays et leur famille dans l’espoir d’une vie meilleure, celle aussi de ces autres raisons qui font que l’Europe ferme les yeux sur le faible coût de ses denrées au prix d’un esclavage économique. Celle enfin de l’amour-propre de ces hommes qui ne veulent pas renoncer à leurs rêves ni surtout détruire les illusions de ceux qu’ils ont laissés pour rien derrière eux. Celle de ces sacrifices inutiles sur l’autel de notre opulence. Ce dénuement, ce destin oscillant entre espoir et désillusion, l’auteur le montre par une lumière tantôt matinale tantôt crépusculaire qui jette un théâtre d’ombres sur ces visages tourmentés, avant de s’achever par celle aveuglante du midi. Une lecture dont on sait d’entrée de jeu qu’elle ne nous épargnera pas.

TIETÄVÄINEN, Ville. – Les mains invisibles. – Casterman, 2015. – 217 p. : ill. en coul. ; 22*29 cm. – EAN13 : 978-2-203-08919-8 : 27 €.

Le géant inachevé de Didier Daeninckx

18.01
2015

cop. Folio

 

«Il ne suffit pas d’être belle pour qu’un homme s’attache à vous.» (incipit)

Un inconnu traîne depuis trois jours à Hazebrouck, où va débuter le carnaval, jusqu’à ce qu’on lui donne au téléphone l’adresse de Laurence Cappel et l’heure où elle l’attendra chez elle ce soir. Une femme qu’il n’a pas vu depuis quinze ans. Mais arrivé sur les lieux, il la découvre assassinée. L’inspecteur Cadin l’arrête aussitôt. A dater de ce jour, la raison de Guy Mallet vacille, il ne dit plus un mot, est interné à l’hôpital psychiatrique et se suicide après avoir tout avoué sur un enregistrement. Contre toute attente, de son propre chef, l’inspecteur Cadin rouvre l’enquête…

Pas de témoignage historique cette fois, mais un crime crapuleux commis par des huiles pour se débarrasser d’un intermédiaire gênant. Un bon petit polar agréable à lire, sans être du grand Daeninckx.

Une métamorphose iranienne de Mana Neyestani

07.01
2015

cop. çà et là

Quelle coïncidence en cette journée de deuil, de tristesse et de révolte que d’avoir programmé à l’avance pour aujourd’hui la publication de l’autobiographie d’un dessinateur de presse iranien emprisonné pour un dessin…

« Tout a commencé avec un cafard » : non, il ne s’agit pas de la Métamorphose même si Mana Neyestani y fait référence, mais de l’autobiographie d’un dessinateur qui a la mauvaise idée de faire parler azéri un cafard dans l’une de ses histoires pour enfant : aussitôt des manifestations gagnent l’Iran, et Mana Neyestani la prison…

Si le cafard lui fait évoquer La Métamorphose, force est de constater que la mécanique absurde d’une dictature cherchant n’importe quelle « tête de turc », en l’occurrence ici l’Iran, fait davantage songer au Procès, le coup de crayon en plus. A ne pas manquer.

NEYESTANI, Mana. – Une métamorphose iranienne. – Editions çà et là, 2012. – 199 p. : ill. n.b.. – EAN13 978-2-916207-65-0 : 20 €. 

Mes 30 projets pour 2015

02.01
2015

Tout d’abord je vous souhaite à toutes et à tous, lecteurs habituels ou occasionnels,

une heureuse année 2015 !

Si vous appréciez ce blog, pensez à me laisser un commentaire au bas de mes articles :

il m’est difficile de poursuivre sans savoir si ce blog a une quelconque utilité pour vous,

et il n’est pas rare qu’un blogueur cesse toute activité, faute de lecteurs fidèles ou réactifs.

Merci.

Malgré tout, je n’ai pas encore décidé cette année d’interrompre complètement.

Voyez plutôt :

Après le bilan plutôt positif de 2014, voici donc mes projections pour 2015.

Moi qui pensais naïvement me mettre moins la pression, eh bé, j’ai trouvé le moyen de m’ajouter 10 objectifs de plus ! 

 

Les objectifs de lectrice et de blogueuse

1. Je vais lire cette année en priorité ce qui va me servir pour mon 2e projet de BD, un biopic cette fois. 


 

 

 

2. Je continuerai à lire, en plus, mes services de presse, qui ont changé : Gallimard, Casterman, Le Passager clandestin, les éditions çà et là d’Arte…

 

Les objectifs d’auteure et de scénariste

3, 4, 5. Réaliser trois performances :

- la première à la mise à mort du Quai 56 le samedi 31 janvier 2015 :

La mise à mo(r)ts

- la seconde au festival XUL de 2015 : mon projet de ouf ?

- la troisième au centre de Wallonie, en face de Beaubourg, en juin 2015 : Le plafond

 

6, 7, 8, 9. Faire aboutir par la signature d’un contrat ce que j’ai pu écrire en 2014 :

- ma websérie,

- mon scénario de BD,

- mon scénario de long-métrage

- mon scénario d’album jeunesse.

 

10. Ecrire le synopsis et le séquencier de mon second projet BD.

12. Ecrire la continuité dialoguée de mon long-métrage.

13. Concrétiser mon projet de ouf.

14. Prendre l’habitude de sauvegarder régulièrement mon travail (encore oublié en 2014).

 

Les objectifs de la prof-doc

15. Continuer de confectionner mes petites fiches pratiques pour ma revue professionnelle.

16. Continuer à gérer la rubrique « Vie Culturelle » de cette même revue.

17, 18. Interviewer Georges-Olivier Chateaureynaud et Marc-Antoine Mathieu.

19. Continuer à accompagner les lycéens dans la publication de leur journal Les Zaycritures.

20. Lancer des projets avec mes nouveaux collègues

 

Les objectifs de maman et d’amoureuse 

21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. Privé ! 1, 2, 3 très gros projets, et cinq plus « modestes »…

29. Me fixer une entrée, un plat et un dessert, que j’adore, à réussir moi-même (objectif de 2014)

30. Concevoir la cuisine (objectif de 2014 reporté).

Et vivre plein de moments heureux avec ma petite famille…

 

Bilan de l’année 2014

31.12
2014

Il y a tout juste un an, je formulais rien de moins que 20 bonnes résolutions pour l’année 2014.

Alors, alors, puis-je sans frémir vérifier ce que j’ai pu faire, et ce que je n’ai pas pu mener à bien, et pourquoi ?

Je récapitule :

1. J’ai effectivement créé mon nouveau site professionnel d’écrivain et scénariste :

http://sandrineleturcq.com 

 

2. J’ai effectivement réalisé deux performances au festival XUL de mars 2014 :

l’installation plastique et numérique d’une nouvelle et le scénario d’un roman-photo

 

3. J’ai effectivement écrit le synopsis de ma websérie et la première saison, mais je n’ai toujours pas signé de contrat.

 

4. J’ai effectivement écrit le séquencier de mon premier projet BD, dont j’ai écrit le synopsis, mais les planches ne sont pas encore dessinées par mon collègue. Je n’ai donc pas encore pu le proposer à des éditeurs.

 

5. J’ai effectivement écrit plusieurs scénarii de court-métrage.

 

6. Je n’ai pas encore eu le temps d’écrire le synopsis et le séquencier de mon second projet BD. Ce sera pour 2015 !

 

7. J’ai effectivement écrit un scénario de long-métrage.

 

8. J’ai effectivement écrit le scénario de mon projet de ouf.

 

9. Je n’ai pas pris l’habitude de sauvegarder régulièrement mon travail. Ouh là là : il faut que je le fasse !

 

10. J’ai encore beaucoup beaucoup lu…

 

11. J’ai continué à lire, en plus, mes services de presse : Métailié, Larousse, Casterman, Le Passager clandestin, Fluide glacial, …

 

12. J’ai passé l’agreg de philo sans préparation et sans conviction et ai été agréablement surprise par mes résultats.

 

Capri

Capri

13. J’ai alimenté également ma nouvelle rubrique Carnets de scénarii : des films, des séries chaque mardi. Mais j’ai été prise de vitesse : je n’ai pas du tout eu le temps de tout chroniquer !

14. J’ai continué à confectionner mes petites fiches pratiques pour ma revue professionnelle.

15. J’ai géré la rubrique « Vie Culturelle » de cette même revue.

16. J’ai préparé l’interview de François Bon, pas celle de  Georges-Olivier Chateaureynaud, et rédigé l’interview de Stanislas Gros.

17. Je n’ai pas vraiment eu le temps de me mettre aux fourneaux avec tout ça, surtout vu l’état de ma cuisine…  cf 18

18. Nous n’avons pas atteint nos objectifs pour la cuisine.

19. Nous avons fait un beau voyage à Naples (mais je n’ai pas encore eu le temps de l’ajouter dans mes carnets de voyages).

20. Et j’ai vécu plein de moments heureux avec ma petite famille.

Eh bien, moi qui n’avais pas relu mes 20 bonnes résolutions, et pensais que je n’avais rien fait de mon année…. Finalement, je suis assez contente…

Bon bon, 2014 n’était pas si mal : à nous 2015 !

 

Je vous souhaite à toutes et à tous

de passer un excellent réveillon  !

Les contrées sauvages : tome 1 de Taniguchi

31.12
2014

cop. Casterman

Entre 1975 et 1986, à la fois profondément inspiré par la richesse des décors et des informations contenues dans les cases de la bande dessinée franco-belge, et par la liberté de ton du manga adulte, Jirô Taniguchi crée une nouvelle dynamique de l’image, et partant du récit, à la fois très rapide et très fouillée.

Il rend hommage dans ces huit récits aux grands espaces, aux Indiens d’Amérique décimés, qui surent créer un équilibre respectueux avec leur environnement, et donne souvent sa revanche à la Nature, parfois de façon très cruelle, sur une humanité meurtrière. Une belle réussite. 

TANIGUCHI, Jirô. – Les contrées sauvages : tome 1. – Casterman, 2014. – 216 p. + 14 p. : ill. n.b. + coul. ; 21 cm. – EAN13 9782203084438 : 13,95 €.