Les demeurées de Jeanne Benameur

07.10
2018
cop. Folio

cop. Folio

 

La Varienne, c’est l’abrutie du village, et la bonne de Madame. Elle attend toujours que sa petite Luce apprivoise chaque objet étranger avant de lui trouver une utilité, un usage. Un jour, l’école obligatoire lui prend Luce. Désormais, la maîtresse, Melle Solange, tente d’apprendre à lire et à écrire à Luce. Mais cette dernière refuse obstinément de faire le moindre effort en ce sens, comme si elle trompait sa mère en apprenant des choses étrangères à leur microcosme silencieux. Un jour, Mademoiselle Solange écrit le mon de Luce au tableau. Cette dernière s’enfuit et tombe malade…

Il s’agit d’une sorte de huis clos autour d’un trio : la Varienne, bourrue et demeurée, qui ne commence à montrer son affection à sa fille qu’une fois qu’elle tombe malade, Luce qui veut plaire à sa mère en refusant de progresser, dans un accord tacite, et Mademoiselle Solange qui culpabilise de ne pas avoir su comment éduquer cette sauvageonne. Un trio et un trésor : la connaissance, qui ne s’ouvre qu’à qui veut, qui désire. En ceci réside peut-être le secret de l’éducation : un lien affectif indissociable du désir d’apprendre.

 

Le monde des A d’A.E. Van Vogt

29.09
2018
cop. J'ai lu

cop. J’ai lu

 

XXVIe siècle. Difficile de se faire une identité dans l’Empire, surtout quand on est amnésique. Car en prenant part aux jeux de la machine, qui permettent aux gagnants de rejoindre la carte des nantis sur Vénus, Gilbert Gosseyn découvre qu’il n’est pas l’homme qu’il a cru être. Ses souvenirs ne sont pas les siens, sa femme qu’il croyait décédée est bien vivante, et n’a jamais été sienne, et surtout elle n’est autre que la fille de l’empereur. Il suscite l’intérêt de quelques hommes de pouvoir, et de toute la galaxie, quand il ressuscite dans un second corps sur Vénus…

 

Pour s’immerger dans le récit de base d’un homme qui cherche à savoir qui il est et en quoi il peut être important à la galaxie (pas moins !), il faut s’affranchir du verbiage intellectualisant de la philosophie non-aristotélicienne. Il existe une suite. Pourquoi pas…

Et pourtant, l’un des romans qui m’a le plus marquée, un été entre deux années de collège, c’est A la poursuite des Slans de AE Van Vogt, tellement marquée que je m’en souviens encore, soit à force de le relire encore et encore, soit par sa puissance évocatrice. Aussi, renouant avec ce souvenir vieux de quelques décennies, j’ai fait l’acquisition de ce roman à la librairie d’occasion « Mauvais genres » de Saint-Etienne.

 

VAN VOGT, A.E.. Le Monde des A / trad. de l’américain par Boris Vian. J’ai lu. 308 p.

Première publication en 1948

Acheté à la librairie d’occasion « Mauvais genres » de Saint-Etienne

Calpurnia de Daphné Collignon

26.09
2018
cop. Rue de Sèvres

cop. Rue de Sèvres

Par un bel été 1899 au Texas, Harry offre un carnet pour y noter ses observations scientifiques à la seule fille de sa fratrie de six garçons, Calpurnia Virginia Tate, que tout le monde appelle Callie. C’est décidé, avec l’aide de Bon-Papa, passionné de science, elle va devenir naturaliste…

Le dessin délicat de Daphné Collignon, aux tons beige et ocre, sert admirablement ce récit d’apprentissage d’une petite fille intelligente, observatrice et curieuse, que sa famille laisse s’épanouir librement.

Une délicieuse bande dessinée, à offrir dès l’âge de onze ans.

Une histoire en deux volumes, d’après Calpurnia, le roman de Jacqueline Kelly, publié à l’Ecole des Loisirs (2009).

COLLIGNON, Daphné. Calpurnia / D’après le roman de Jacqueline Kelly. Rue de Sèvres, 2018. 87 p. : ill. en coul.. EAN13 978-2-36981-377-4 : 14 €

Reçu en service de presse

Une étoile m’a dit de Frédric Brown

22.09
2018
cop. Denoël

cop. Denoël

Me souvenant de l’humour de Martiens go home !  du même auteur, je me suis décidée pour ce recueil en flânant dans cette librairie.

Composé de huit nouvelles absurdes, ce recueil datant de 1954 traite

- de la folie d’un Robinson Crusoë échoué sur une planète dans Quelque chose de vert,

- de la folie des grandeurs d’un chef d’entreprise visionnaire qui exploite les étoiles pour son intérêt commercial dans Anarchie dans le ciel,

- d’une possible exploitation de l’hypnose dans Tu n’as point tué,

- d’une divagation d’écrivain sur sa feuille blanche dans Les Myeups,

- d’une histoire pas si épouvantable imaginée à partir du pitch « Le dernier homme sur Terre était assis tout seul dans une pièce. Il y eut un coup à la porte… »

- d’une autre possible exploitation de l’hypnose dans Cauchemar

- d’une souris à qui les extra-terrestres donnent l’intelligence de l’humain dans Mitkey,

- d’un homme qui se prend pour Napoléon car il l’a été, et qui se retrouve à enquêter dans un hôpital psychiatrique dans Tu seras fou.

Il y a de l’idée, il y a de l’idée…. Et, finalement, plus de soixante ans après, c’est encore de la SF…

 

BROWN, Frédric. Une étoile m’a dit. Denoël, 1954.

Acheté à la librairie d’occasion « Mauvais genres » de Saint-Etienne

Bonjour tristesse de Frédéric Rébéna

19.09
2018
cop. Rue de Sèvres

cop. Rue de Sèvres

 

Finie l’insouciance de ses 17 ans et la farniente dans une magnifique villa de la Côte d’Azur au bord de la mer : quand Anne, froide et trop raisonnable, débarque cet été-là, Cécile commence à avoir mauvaise conscience, et cela lui déplait. Pire, son père s’éloigne d’elle. Aussi va-t-elle le manipuler grâce à son désir toujours ardent de sa maîtresse Elsa Mackenbourg…

Rien à dire : l’adaptation est plus que fidèle, elle redonne toute sa vigueur, toute son énergie au roman de Françoise Sagan : la verticalité d’un dessin art déco, des couleurs nettes et tranchantes, un soleil de plomb sur une mer étale. Mais, soit dit entre nous, c’est bien là le drame d’une jeune bourgeoise gâtée pourrie par la vie, autocentrée, qui écarte tout risque de devoir se mettre à faire des efforts ! Une excellente adaptation de cette histoire tout à fait immorale et fière de l’être.

 

REBENA, Frédéric. Bonjour tristesse / adapté de F. Sagan ; préf. de F. Beigbeder.

Rue de Sèvres, 2018. 104 p. : ill. en coul.

EAN13 9782369813828 : 18 €

 

The end de Zep

23.08
2018
cop. Rue de Sèvres

cop. Rue de Sèvres

A Santa Cruz de la Séros, dans les Pyrénées espagnoles, trente-deux personnes meurent tout à coup, mystérieusement.

Théodore, jeune activiste écologiste, arrive comme stagiaire à la réserve de Dokesla, en Suède, pour aider le professeur Frawley dans ses recherches sur la communication des arbres avec les humains. Alors qu’il commence tout juste à apprécier le professeur, pionnier de la paléobotanique et fan des Doors, et à avoir une idylle avec Moon, sa collaboratrice, Théodore s’inquiète de la prolifération d’une espèce de champignons inconnue et d’une usine Pharmacop, sponsor de leur programme de recherche. C’est alors que le professeur trouve enfin le Codex Arboris, c’est-à-dire la mémoire de notre planète écrite dans l’ADN d’un arbre frappé par la foudre…

Rien à voir avec le Zep, père de Titeuf et du Guide du zizi sexuel : extrapolant à partir des dernières recherches scientifiques sur les arbres, qui fit l’an dernier de La Vie secrète des arbres un véritable best-seller, Zep imagine ici un scénario apocalyptique faisant songer de loin à Phénomènes, réalisé par M. Night Shyamalan en 2008. Pour ce faire, ses planches monochromes d’ocre, de vert, de bleu, voire de violet ou de rose, nous montrent une autre facette de son talent, avec un dessin plus réaliste. Cet album sonne comme une mise en garde écologiste où la Terre serait capable de programmer des génocides pour se défendre des espèces la menaçant. Dès lors, le lecteur est comme perturbé, les figures de bourreau et de victime s’interchangeant…

Un album mettant en exergue ce qu’un extrémiste écologiste pourrait souhaiter, soit la régulation de l’espèce humaine pour empêcher le dérèglement naturel.

 

La côte d’Azur (de 1993 à Noël 2011, juillet 2017, août 2018)

14.08
2018

Oui, oui, trop bétonnée à mon goût, trop peuplée, et par des gens cultivant leur paraître pour la majorité, mais que voulez-vous, elle demeure malgré tout une belle région…

Cliquez sur le diaporama pour le voir en plein écran.
Où se promener ?

De la frontière italienne à Théoule :

  • Menton, pour sa fête du citron et ses ruelles fleurant déjà bon l’Italie !
  • Eze, dont vous aurez un point de vue magnifique de la route, mais pas du village : allez donc boire un verre en terrasse afin de pouvoir contempler la mer !
  • Au plus bel endroit de la côte, sur la presqu’île du Cap Ferrat, où le béton n’a pas fait de ravages puisque seuls les riches semblent y avoir élu domicile.
  • Promenez-vous dans les 7 jardins (espagnol, exotique,…) de la Villa Ephrussi de Rothshild, et visitez la Villa Kerylos de Beaulieu-sur-mer, reconstitution exacte d’une villa de la Grèce antique.
  • Dans les ruelles du vieux Nice pour y goûter une pissaladière « chez Thérésa » et croquer dans un fruit en passant au marché du cours Saleya,
  • Sur la promenade des Anglais, à Nice, avec le palais de la Méditerranée dont seule la façade a été conservée, son palace Negresco de la belle époque et son immeuble jumeau dans lequel on aimerait bien avoir un appartement avec vue sur la mer…. Ah doux rêve….
  • Tentez d’éviter la foule en déambulant très tôt le matin ou après dîner dans Saint-Paul-de-Vence.
  • Découvrez, après avoir contemplé le panorama donnant sur toute la côte, de magnifiques pièces au musée d’Arts Décoratifs du château de Gourdon, spécialisé dans l’art déco et l’art nouveau,
  • Arrêtez-vous au village de Bar-sur-Loup, aux ruelles bordées de hautes maisons anciennes, mais aussi à Tourettes-sur-Loup.
  • Faites donc une petite promenade dans le vieux village de Biot,
  • Prenez l’apéritif sur la place des Arcades dans le vieuxValbonne,
  • et dînez dans le Vieux Mougins, sur sa place à la fontaine,
  • Prenez plaisir à vous croire seuls au monde dans les ruelles tortueuses du village méconnu d’Auribeau sur Siagne,
  • Flânez dans les vieilles rues d’Antilles, visitez le musée Picasso, à l’intérieur du château Grimaldi, qui offre une superbe vue depuis sa terrasse sur la mer Méditerranée,
  • Longez la côte, cheveux au vent, à moto ou en cabriolet, le long du Cap d’Antibes,
  • Passez une journée sur l’île Sainte-Marguerite : faites-en le tour, sans négliger quelques haltes pour vous baigner en face de l’île Saint-Honorat : l’eau est turquoise, la flore et la faune protégées et bien expliquées, les sentiers pédestres bien aménagés, offrant quelques fontaines bienvenues pour étancher notre soif et remplir nos gourdes.
  • Passez-en une autre sur l’île Saint-Honorat, plus petite, moins propice à la baignade, mais tout aussi préservée, où vous découvrirez un monastère fortifié surplombant la mer.

  • Promenez-vous sur le massif de l’Esterel, jusqu’à Notre-Dame-d’Afrique. Vous achevez ainsi votre découverte de toute la côte des Alpes-Maritimes !
Où se baigner ?
  • Baignez-vous dans les calanques du magnifique massif de l’Esterel ou à la pointe l’esquillon de Théoule sur mer : un sentier aquatique vous est proposé à la pointe de l’Aiguille, vous permettant d’admirer avec masque et tuba une variété intéressante de la faune et de la flore sous-marines : oursins, étoiles de mer, murènes, barracudas.
  • Avec des enfants en bas âge, jouez la sécurité en lui préférant la plage des Mineurs, où les petits pourront aller dans l’eau sans crainte et faire de beaux châteaux de sable.
  • Un conseil : allez à la plage le matin si vous voulez voir les poissons dans l’eau transparente que les nageurs n’ont pas encore troublée.
  • Vous fuyez les touristes ? Essayez donc l’eau fraîche de la Siagne ou du Loup.
Où se loger ?

Si vous êtes très riches, prenez donc une suite vue sur la mer à

L’hôtel CARLTON ****

Indubitablement le plus beau de France, du moins sa façade de la Belle Epoque.

 

Où se restaurer ?

Un coup de coeur pour le restaurant

La Zucca Magica (http://www.lazuccamagica.com/)

Ne cherchez pas le menu ni son prix : c’est la même chose pour tout le monde, le menu du marché, et vous en aurez pour à peine seize euros pour un repas (le midi uniquement) que vous n’êtes pas prêt d’oublier. Ici, on vert sert une cuisine végétarienne, à base de cucurbitacées qui décorent la petite salle (on se croirait à Halloween), de pâtes, de pois chiches et de gorgonzola… Car ce sont des Italiens qui tiennent la boutique, et, midi et soir, la salle est toujours comble, qu’il s’agisse de touristes ou d’habitués.

et pour le bar à soupe d’Antibes, une adresse totalement improbable dans cette jet-set de la frime, où une grande tablée de 10 personnes, surtout pas plus, vous accueillera à un prix défiant toute concurrence pour une cuisine simplicissime avec de bons produits, souvent italiens : pour 7 euros vous avez votre bol d’une soupe excellente, une assiette de charcuterie et de fromages et un dessert, le tout servi par une patronne qui n’ouvre que les 6 mois hors-saison, pour fuir les touristes l’été. Une cuisine chaleureuse et conviviale, sans chichi, fortement appréciée des locaux. Là-bas, c’est comme à la maison !

A quelle librairie faire ses provisions intellectuelles ?


- la librairie Privat Sorbonne de Cannes

- la librairie Masséna de Nice.

Où lire ?


- sur le banc de pierre au coeur d’Auribeau sur Siagne,

- sur la plage de Théoule sur mer.