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La commedia des ratés d’Olivier Berlion

02.11
2011

 

cop. Dargaud

Lors d’une visite à ses parents à Vitry-sur-Seine, Antonio Polsinelli rend un curieux service à un ami d’enfance, Dario, qui l’attendait sur le chemin du retour, en écrivant pour lui une lettre à une mystérieuse femme. Le lendemain, ce dernier est retrouvé assassiné, et Antonio apprend qu’il hérite d’une vigne en Italie, à proximité du village d’où viennent ses parents et ceux de Dario. Victime à son tour d’une tentative de meurtre, il décide de se rendre sur place afin de comprendre pourquoi ce vin médiocre attire tant de convoitise…

 

Premier volet d’une adaptation du fameux roman de Tonino Benacquista, cette histoire, laissée en suspens, donne une représentation tout à fait juste des paysages et des caractères des personnages. Elle est particulièrement fidèle à l’intrigue originale, même si, fatalement, elle va à l’essentiel, coupant de savoureuses réflexions. C’est pourquoi, pour ma part, je préfère, et de loin, la lecture du roman à son adaptation en planches de couleurs.

 

Apprécié

La commedia des ratés. Première partie / Olivier Berlion ; d’après un roman de Tonino Benacquista. – Dargaud, 2011. – 76 p. : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 32 cm. - EAN 9782205067194: 14,95 €.

La commedia des ratés de Tonino Benacquista (1991)

20.09
2005

copyright Folio

Une fois n’est pas coutume. Hormis les polars islandais d’Arnaldur Indridason, j’avoue que le roman policier n’est pas spécialement ma tasse de thé. Voilà pourquoi La commedia des ratésfait pour moi figure d’exception.

L’histoire en quelques mots :

Issu d’une famille immégrée italienne vivant en banlieue, Antonino rend un soir un service à un ami d’enfance,  Dario, en écrivant à sa place une lettre d’amour. Quand celui-ci se fait assassiner, il apprend qu’il vient d’hériter d’un lopin de terre, d’un petit vignoble, réputé pour donner de la mauvaise piquette, dans leur village natal, en Italie. Lorsqu’à son tour il manque de se faire tuer, il décide de rendre sur les lieux et d’aller voir ses terres de plus près… et y devine l’arnaque qu’avait imaginé Dario, sans savoir que tout le village, la mafia et le Vatican comptent bien en profiter à ses frais !

Dernier volet des aventures d’Antonino, La Commedia des ratés se lit tout aussi bien séparément. Apprenant que l’auteur n’était autre que le scénariste du film Sur mes lèvres de Jacques Audiard, je partais avec un bon a priori. Bien écrit, égayé par des recettes italiennes où trône la pasta à la place d’honneur, ce polar oscillant entre un humour grinçant, une ironie mordante et une pointe de cynisme a tenu le pari de me tenir en haleine jusqu’au bout. Je ne saurai donc trop vous en conseiller la lecture.

« C’est parce que la vie elle-même est si diverse et si compliquée qu’il y a autant de formes de pâtes. Chacune d’elles renvoie à un concept. Chacune va raconter une histoire. Manger un plat de spaghettis, c’est comme imaginer le désarroi d’un être plongé dans un labyrinthe, dans une entropie inextricable de sens, dans un sac de noeuds. Il lui faudra de la patience et un peu de dextérité pour en venir à bout. Regardez comment est fait un plat de lasagnes, vous n’y verrez que la couche apparente, le gratin qu’on veut bien vous montrer. Mais notre individu veut voir les strates inférieures, parce qu’il est sûr qu’on lui cache des choses profondément enfouies. (…) «  (p. 215)

La commedia des ratés a remporté en 1991 le Grand Prix de littérature policière, le trophée 813 du meilleur roman et le prix Mystère de la critique.

La commedia des ratés / Tonino Benacquista. – [Paris] : Gallimard, 1998. – 233 p. : couv. ill. en coul. ; 18 cm. – (Folio policier ; 12). - ISBN 2-07-040646-6 (br.) : 28 F.

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