Mots-clefs ‘commerce’

Au bonheur des dames d’Agnès Maupré

07.06
2020

IMG_20200607_205104Désormais orpheline, Denise, chargée seule de veiller sur ses deux frères, Jean, bel adolescent bourreau des cœurs, et Pépé, encore bien petit, débarque un matin en plein Paris dans l’espoir de trouver chez son oncle emploi, gîte et couvert. Mais le petit commerçant souffre trop de la concurrence du grand magasin de nouveautés « Au bonheur des Dames » pour pouvoir l’employer. C’est donc en face, dans cette machine immense qu’elle va travailler. Mal coiffée, souffre-douleur de ses collègues, elle a droit à une leçon d’Octave, son jeune patron ambitieux, pour être davantage présentable. Mais lorsque son frère Jean vient la trouver au magasin, Octave croit que c’est son amant et la renvoie. C’est alors qu’il se rend compte à quel point il est tombé amoureux d’elle…

Voici une adaptation relativement fidèle d’un roman de Zola faisant la part belle à Denise, une héroïne courageuse cristallisant toutes les vertus devant laquelle Octave finira à genoux, lui qui sait d’ordinaire manipuler les femmes pour s’enrichir, qui conçoit un nouvel Éden où va se perdre la gent féminine, qui imagine les ressorts de la société de consommation. Cette histoire sentimentale a pour cadre la peinture sociale du microcosme des commis et vendeurs d’un grand magasin, des petits commerçants mis à genoux par la toute-puissance de cette machine à profit. Agnès Maupré a bien distingué par ses couleurs les hommes en noir des femmes, les vendeuses en noir de leurs clientes. Elle décrit admirablement le nouvel engouement des femmes de l’époque pour ces grands magasins, et la frénésie qui y règne. Une BD réussie.

IMG_20200607_204815IMG_20200607_205115

Au bonheur des dames d’Emile Zola

07.09
2005

Un an après le décès de son père, Denise, orpheline, seule chargée de veiller sur ses deux frères, Jean, bel adolescent bourreau des coeurs, et Pépé, encore bien petit, débarque un matin en plein Paris dans l’espoir de trouver chez son oncle emploi, gîte et couvert. Mais le petit commerçant souffre trop de la concurrence du grand magasin de nouveautés « Au bonheur des Dames » pour pouvoir l’employer. C’est donc en face, dans cette machine immense dont elle est toute émerveillée, qu’elle va travailler, croisant parfois Octave, le jeune patron ambitieux. Mais, souffre-douleur de ses collègues, elle se fait un jour renvoyer sans qu’Octave ne le sache, et tombe dans le dénuement le plus total…

Voici un roman pour les femmes écrit par un homme, tout comme Octave conçoit le « Bonheur des Dames », nouvel Eden où va se perdre la gent féminine. Ecrit à la suite de Pot-Bouille, où l’on découvrait Octave, ce roman est l’antithèse du premier : autant Pot-Bouille n’épargnait aucun de ces petits bourgeois et commerçants concupiscents, pessimiste en tout, autant celui-ci éclate de vie et d’énergie, applaudit les initiatives du grand commerce, quitte à faire disparaitre concrètement toutes ces petites boutiques spécialisées ; il donne surtout le beau rôle à Denise, héroïne courageuse cristallisant toutes les vertus qu’il déniait accorder aux personnages féminins de Pot-Bouille. Et si Octave sait manipuler les femmes pour s’enrichir, il finira à genoux devant celle qu’il aime. Si l’on en restait à ce simple fil conducteur, on pourrait croire à un roman sentimental, aux bons sentiments, mais voilà, c’est du Zola (ah s’il pouvait remplacer les Harlequin sur les tables de chevets !), avec plus qu’ailleurs la peinture sociale du microcosme des commis et vendeurs d’un grand magasin, une puissance d’évocation, une virtuosité à donner consistance à ses personnages, à imaginer des scènes dramatiques, à décrire la frénésie du grand magasin, de ses calicots et de ses clientes. En un mot : quel bonheur !

Voir les 2 commentaires sur l’ancien blog et 5 commentaires ici aussi.