Mots-clefs ‘anticipation’

Continent perdu de Norman Spinrad

06.07
2014
cop. Le Passager clandestin

cop. Le Passager clandestin

 

États-Unis, XXIIe siècle. 200 ans après « La grande panique ». Les Etats-Unis ne sont plus qu’un champ de ruines, qu’un groupe de riches touristes d’Afrique subsaharienne visite à bord d’un hélicoptère piloté par un descendant Américain indigène. Malgré eux, ils sont éblouis par la démesure de cette civilisation du tout technologique disparue, anéantie par la pollution qu’elle a engendrée. Leur guide et pilote Mike Ryan les amène voir les derniers survivants, dans le monde souterrain du métro…

Publiée aux États-Unis en 1970 dans le recueil Science Against Man (« La science contre l’homme »), cette nouvelle tire certes la sonnette d’alarme sur l’ambition exponentielle des Etats-Unis sur Terre et dans l’Espace avec sa démesure technologique dévastatrice en moyens de transports ruinant l’équilibre écologique, mais elle opère surtout un retournement de situation radical en inversant la discrimination raciale, le Blanc Américain étant au service des Noirs d’Afrique. Et tiens, prends ça comme avertissement !

SPINRAD, Norman. – Continent perdu / trad. de l’américain par Michel Deutsch. – Le Passager clandestin, 2013. – 115 p. ; 11*17 cm. – (Dyschroniques). – EAN 13 978-2-916952-98-7 : 7 €.

Le pense-bête de Fritz Leiber

01.06
2014

cop. Le Passager clandestin

 

L’humanité toute entière s’est réfugiée sous terre, dans les abris, depuis l’apocalypse. Ou presque : Fay rend régulièrement visite à Gussy, un inventeur de génie, à la pêche d’une nouvelle innovation à commercialiser. Gussy refuse de quitter sa tour abandonnée avec sa femme, Daisy, et ses enfants, pour le confort étriqué des sous-sols. Ce jour-là, Gussy suggère à Fay de fabriquer une sorte de secrétaire miniaturisée, d’aide-mémoire automatique qui rappellerait à l’homme son planning et sa liste de tâches. Fay repart, à demi-convaincu par l’originalité de sa proposition. Mais quand le mémoriseur est commercialisé, son succès dépasse toutes les attentes : bientôt plus personne sous terre ne peut plus s’en passer, à tel point que l’on ne sait plus qui commande à qui…

Publiée en 1962, cette nouvelle préfigure l’arrivée fracassante du smartphone dans le quotidien d’humains obsédés par le progrès technologique et esclaves de la société de  consommation. Seulement, Fritz Leiber pousse plus loin en mettant en garde l’humanité contre les dangers de laisser une machine s’incorporer en elle, tel un parasite cronembergien, pour lui rappeler son agenda et ses résolutions. Cinquante ans après, cette nouvelle d’anticipation parait de plus en plus visionnaire…

LEIBER, Fritz. – Le pense-bête / trad. de l’américain par Bernadette Jouenne. – Le passager clandestin, 2014. – 106 p. ; 11*17 cm. – (Dyschroniques). – EAN13 9782369350118 : 7 €.