Categorie ‘Bandes Dessinées

San Antonio : si ma tante en avait de Mickaël Sanlaville

12.06
2020

IMG_20200602_214637San-Antonio est muté en Bretagne, à Ploumanac’h Vermoh, avec Béru. Il y retrouve Pinaud et son ex-patron, devenu sous-préfet. Il pense y passer son temps à séparer les marins éméchés, jusqu’à ce que l’un de ceux qu’il a séparés la veille est retrouvé mort le lendemain, puis le gardien du phare,…

Le cœur insensible à la mort, mais toujours prêt à dégainer pour une jolie veuve nymphomane ou une adolescente consentante, San-Antonio, bourreau des cœurs au langage fleuri, est de retour.Voilà haute en couleurs, une histoire inspirée de l’univers de Frédéric Dard : suspens, sexe, violence rythment cette aventure chez les bretons. Pour les amateurs pur jus.

San Antonio : si ma tante en avait de Mickaël Sanlaville
D’après l’univers créé par Frédéric Dard
Casterman, 2020
92 p. : ill. en coul. ; 31*24 cm
EAN13 9782203172722 : 16 €
aventure, humour, enquête, policier : genre

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The amazing Bibi : tome 2 de Mo/CDM

10.06
2020

IMG_20200609_223042Bibi a tout des problèmes d’ado : il s’endort en plein cours de maths, refuse d’aborder la fille de sa classe dont il est amoureux, rêve d’être hyper-intelligent ou d’avoir un autre corps, et cherche sans succès à embrouiller son père pour lui cacher une mauvaise note…

Avec Bibi, les rêves prennent le pas sur la réalité, au point de l’inhiber ou de se retrouver avec pour pote le caca de son premier pot quand il était tout petit. Des couleurs acidulées pour de l’humour bien potache.

Pour un public surtout adolescent.

The amazing Bibi : tome 2 de Mo/CDM
Fluide glacial, 2020
48 p. : ill. en coul.
EAN13 9782378783709 : 10,95 €

 

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Au bonheur des dames d’Agnès Maupré

07.06
2020

IMG_20200607_205104Désormais orpheline, Denise, chargée seule de veiller sur ses deux frères, Jean, bel adolescent bourreau des cœurs, et Pépé, encore bien petit, débarque un matin en plein Paris dans l’espoir de trouver chez son oncle emploi, gîte et couvert. Mais le petit commerçant souffre trop de la concurrence du grand magasin de nouveautés « Au bonheur des Dames » pour pouvoir l’employer. C’est donc en face, dans cette machine immense qu’elle va travailler. Mal coiffée, souffre-douleur de ses collègues, elle a droit à une leçon d’Octave, son jeune patron ambitieux, pour être davantage présentable. Mais lorsque son frère Jean vient la trouver au magasin, Octave croit que c’est son amant et la renvoie. C’est alors qu’il se rend compte à quel point il est tombé amoureux d’elle…

Voici une adaptation relativement fidèle d’un roman de Zola faisant la part belle à Denise, une héroïne courageuse cristallisant toutes les vertus devant laquelle Octave finira à genoux, lui qui sait d’ordinaire manipuler les femmes pour s’enrichir, qui conçoit un nouvel Éden où va se perdre la gent féminine, qui imagine les ressorts de la société de consommation. Cette histoire sentimentale a pour cadre la peinture sociale du microcosme des commis et vendeurs d’un grand magasin, des petits commerçants mis à genoux par la toute-puissance de cette machine à profit. Agnès Maupré a bien distingué par ses couleurs les hommes en noir des femmes, les vendeuses en noir de leurs clientes. Elle décrit admirablement le nouvel engouement des femmes de l’époque pour ces grands magasins, et la frénésie qui y règne. Une BD réussie.

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La sorcière de Benoit Guillaume

13.05
2020

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Alors que ses filles jumelles ont atteint l’âge où sa propre mère lui a dévoilé son pouvoir, Lucie transmet à Maud et Lise ses dons de sorcellerie, qui la surpassent rapidement et prennent leurs distances avec elle. Alors que Lucie tente de sauver le couple du meilleur client de son mari, ce dernier la quitte avec tout son héritage, de même qu’elle apprend la séparation de ses parents…

Quel étrange mélange que cet album jouant sur les monochromes pour traiter, sur une trame fantastique, de la séparation en couple et entre les parents et les enfants, et donc de l’éclatement du noyau familial pour le recomposer ailleurs.  Le dessin m’a moins plu que le scénario adapté du roman de Marie Ndiaye, que je n’ai pas lu, et qui diffuse un sentiment de non-communication et de solitude absolue. Un ovni très intrigant.

 

La sorcière de Benoit Guillaume

d’après le roman de Marie Ndiaye

Actes sud BD, 2018

ill. en coul.

EAN13 9782330090470 : 26 € TTC

 

Le reste du monde 3. Les frontières de JC Chauzy

08.05
2020

IMG_20200508_115352Deux ans plus tard, la survie s’est organisée, hélas souvent au bénéfice de gangs dénués de scrupule qui volent, violent, torturent, massacrent. Après avoir abandonné leur mère qui s’est sacrifiée pour sauver leur vie, Hugo et Jules ont rejoint un groupe pacifique dans une ancienne colonie de vacances des Pyrénées orientales, et vivent de la chasse et des produits de leur potager.

Dans ce troisième volet de cette série composée de quatre tomes, Jean-Christophe Chauzy nous immerge dans un récit apocalyptique où les catastrophes naturelles ont chassé toute moralité chez les humains, qui s’entretuent pour survivre. Comme dans l’épouvantable roman La Route de Cormac McCarthy, l’homme devient concrètement un loup pour l’homme. Et dans un ironique renversement de situation, ce sont les Marocains et Algériens qui empêchent désormais les rescapés occidentaux de franchir leurs frontières au niveau des Pyrénées. Au point de vue du dessin, les personnages me plaisent bien moins que les paysages de désolation que Jean-Christophe Chauzy imagine en bandes verticales ou horizontales. La trame principale semble pour l’instant assez conventionnelle. A vérifier dans le dernier tome, où un dernier personnage énigmatique, présent en voix off, va entrer en scène…

 

Barrier de Vaughan, Martin et Vicente

04.05
2020

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Lorsqu’elle retrouve sur sa propriété du Texas la tête de son cheval, Liddy suppose qu’il s’agit d’un message en provenance d’un gang. Aussi, quand le migrant Oscar qui vient de fuir le Honduras pour rejoindre les États-Unis, atterrit chez elle, elle le menace aussitôt de son arme. Lui ne parle qu’espagnol, elle seulement l’anglais. C’est alors qu’ils se retrouvent tous deux à l’intérieur d’un vaisseau extra-terrestre…

D’emblée les couleurs très artificielles de cet album au format à l’italienne ne me donnaient pas envie de me plonger dans cette bande dessinée. J’attendais donc du scénario qu’il me surprenne. C’est ce qu’il a fait en partie, en faisant le choix de ne pas traduire les paroles des personnages, et donc de nous placer plus ou moins dans une situation inconfortable d’incompréhension. En effet il traite de manière originale du thème du migrant, de l’étranger, de la barrière de la langue, en y conviant les extra-terrestres. Malgré tout l’histoire repose sur de nombreux clichés pas forcément revisités. Un peu décevant donc.

 

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L’enfant penchée de Schuiten et Peeters

02.05
2020

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Ce 2 septembre 747 après la Tour, la famille de Mary se rend au parc d’attraction d’Alaxis. Mary exaspère ses parents par son tempérament qui détone avec leur sérieux et leur « normalité ». Or elle redescend de l’attraction la plus spectaculaire en restant penchée à 45 degrés ! Envoyée par le médecin de famille dans un internat, dont les professeurs et la directrice la réprimandent sans cesse, harcelée par les autres jeunes pensionnaires, elle s’enfuit. Rejetée de tous, elle finit par se produire dans un cirque, au milieu des autres « freaks », jusqu’au jour où le rédacteur en chef de l’Echo des cités lui parle d’un certain Axel Wappendorf qui pourrait l’aider… Parallèlement, en 1899, sur les Hauts plateaux de l’Aubrac, un peintre, Augustin Desombres, est hanté par des images de fusée et de sphères…

Sixième album de l’univers fascinant des « Cités obscures », L’enfant penchée reste mon coup de cœur, même s’il est l’un des rares à ne pas évoquer l’architecture, notamment « art nouveau » belge. En effet cet album mêle avec brio fantastique et récit d’apprentissage, le dessin réaliste alternant avec le roman photo pour mieux différencier un univers parallèle imaginaire du monde réel. Il me fait songer au poème l’Albatros de Baudelaire, au poète incompris, à l’artiste rejeté, à la personne « hors-norme » maltraitée. Mais chut…. je n’en dirai pas plus : lisez ce chef d’œuvre !

Relecture pour donner MON coup de cœur absolu à Livressedesbulles sur insta

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