Vipère au poing ** de Hervé Bazin (1948)

09.09
2005
Qui ne connaît pas le sobriquet de Folcoche donné à cette mère sans aucune tendresse, trouvant dans les principes de l’éducation religieuse et aristocratique, dans l’avarice, les moyens d’accabler ses fils de sa haine ? On aura certes oublier le père, M. Rezeau, lui ayant cédé son autorité, se réfugiant dans l’étude de ses insectes, trop lâche, et les précepteurs les plus sévères de l’ordre qui se succéderont à la tâche. Dans La Belle Angerie, Jean, dit Brasse-Bouillon, son aîné Frédie, dit Chiffe, et son cadet Marcel, dit Cropette, perdent ainsi les plus belles années de leur enfance à craindre la perfidie de ce bourreau sans coeur. Ils en deviendront méfiants, calculateurs et haineux, songeant au matricide.

C’est un classique que j’ai dû lire en classe de troisième, sur le thème de la maltraitance. Je l’ai relu avec plaisir, retrouvant ce phrasé simple mais fleurant bon les années d’enfance de nos grands-parents (les miens ayant fait partie de ce peuple dédaigné par les Rezeau), et ce délicieux humour au vitriol du jeune narrateur. Le caractère odieux de cette marâtre haineuse avec ses propres enfants ne fait nul doute, et, comme la vipère, Folcoche étrangle ses enfants dans un espace de plus en plus restreint pour les étouffer, les pique de sa fourchette et décharge son venin quand ils s’y attendent le moins. Mais la vipère, elle, n’attaque que pour se défendre… C’est en cela qu’on distingue le seul plaisir que tire cette femme dans la vie, en exploitant sa domination hiérarchique, et il porte un nom : le sadisme.

185 p.

Relecture
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