Vie et mort en quatre rimes d’Amos Oz (2008)

09.09
2005
Publié en Israël en 2007


Dérision et autodérision

Invité dans un centre culturel lors du soirée organisée en son honneur, un auteur laisse son esprit battre la campagne et imagine la biographie banale de ceux et celles qui attirent son attention : une serveuse, le délégué à la culture, la lectrice vivant seule avec son chat, l’adolescent poète tourmenté, la grosse femme assoiffée de culture,… 

L’excellente critique qu’en avait fait Pierre Assouline sur son blog m’a incitée à lire ce roman, d’autant que le prochain Salon du Livre mettra à l’honneur la littérature israélienne. Peut-être aurait-il dû être moins élogieux sur ce roman tournant en dérision ce que l’on pourrait appeler le service après-vente des auteurs, savoureux et si juste selon lui, car le roman m’a déçue :
Pourquoi ? Le texte d’abord, sans finesse ou subtilité particulière. L’exploitation du sujet ensuite, réduite à un simple épisode, à une soirée décrite de manière assez sordide, certes peuplée de personnages confrontés à leur solitude, chacun à leur manière, (et même l’auteur n’échappe pas à sa critique acerbe), mais sans creuser plus loin, sans en tirer quoi que ce soit, sinon le dégoût de ces simulacres de rencontres qui, au mieux, permettent à l’auteur de se retrouver au plumard avec la fan du coin. Pour tout imaginaire, il me semble que l’auteur nous a brossé le portrait d’une galerie de stéréotypes.

L’entrée en matière m’avait mise en appétit. Ensuite, il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat.

« Impossible de savoir si elle tient ou pas à ce que l’auteur, ce personnage connu, un peu trop gentil, courtois, voire paternaliste, à un point que c’en est pénible, monte avec elle. Il a une idée derrière la tête, mais laquelle exactement ? Désire-t-elle ou redoute-t-elle sa présence ? Maintenant ? En sortant, a-t-elle ou non oublié son soutien-gorge noir sur le dossier de sa chaise ? Et si oui, de quel côté ? Pourvu qu’on ne puisse pas voir les baleines ! » (p. 55)

 

 

OZ, Amos. – Vie et mort en quatre rimes / trad. de l’hébreu par Sylvie Cohen. – Gallimard, 2008. – 131 p.. – ISBN 978-2-07-078535-3 : 13,50 €.

Critique du Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /2008 09:00

Voir les 4 commentaires sur l’ancien blog

Partagez

Tags: , ,

Laisser un commentaire