Varlot soldat * de Daeninckx & Tardi (1999)

09.03
2011

Copyright Tardi

27 avril 1917. Ce matin-là, Varlot a vingt ans, mais ce sont « des vies qu’on soufflait à la place des bougies« , car il est au front, en pleine boucherie. A un moment donné, alors qu’il s’est réfugié avec trois de ses camarades dans un trou d’obus, il est obligé de tirer dans la tête de l’un d’eux, Griffon, le boute-en-train de l’escouade, pour masquer son suicide, et garde sur lui la lettre que ce dernier a laissée pour sa jeune épouse Amélie. Peine perdue : aussitôt un obus de 105 tue ses autres camarades sauf lui, qui, blessé, est transporté dans une église reconvertie en hôpital. Là, ils sont plusieurs à entamer une chanson contre les gradés et la guerre, ce qui vaut à Varlot d’être dénoncé par un médecin comme meneur d’insurrection, et envoyé droit au peloton d’exécution. Alors que trois jeunes soldats, avant lui, ayant refusé de monter à l’assaut, sont fusillés, un obus tombe, et seul Varlot en sort, une fois de plus, indemne. Perdu, il finit par se retrouver à Mons, décide alors d’aller remettre la lettre à la femme de Griffon et atterrit dans un bordel pour allemands, en trouvant l’adresse de la maison qui figure sur l’enveloppe. Il confie alors la lettre sans le savoir à Amélie elle-même et repart au front…

Deux grandes vignettes noires et blanches par page mettent en exergue le sombre spectacle que donne à voir la première guerre mondiale : éclatement des corps sous les grenades, amputations, champs de ruines, morts, suicides, peloton d’exécution,… au front, claquement de bottes des patrouilles allemandes dans le silence et bordels à l’arrière.

Textes comme dessins dénoncent la guerre comme une véritable boucherie, où les hommes ne sont plus que de la chair à canon ou à obus, fusillés au moindre cri d’injustice ou au moindre acte de désobéissance. Des deux côtés il n’y a d’autre issue qu’une mort presque certaine.

Macabre, horrible à juste titre.

Varlot soldat / Daeninckx ; [adapt. et dessins de] Tardi. – Paris (16 rue de la Pierre-Levée, 75011) : l’Association, 1999. – Non paginé [36] p. : ill., couv. ill. ; 29 cm. – (& ; 20).
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