Un lit de ténèbres de William Styron

10.09
2005

Un père, Milton Loftis, attend sur le quai d’une gare l’arrivée du cercueil de sa fille, Peyton, qui vient de se suicider. Des souvenirs affluent, ceux de Peyton enfant délicieuse qu’il chérissait plus que tout, de Maudie, son autre fille, infirme dès la naissance, morte elle aussi, que couvait Helen, son épouse, dont il s’est séparé depuis… Des souvenirs douloureux qui suivent le corbillard, retraçant les relations conflictuelles entre Peyton et Helen, cachant sous sa foi sa haine pour sa fille, des souvenirs embués par l’alcool qu’il buvait plus que de raison…

De fait, c’est un portrait de famille bien triste que nous brosse William Styron, dans cette région du Sud encore enlisée dans ces années 30-40 par un relent raciste et puritain. Mais cette histoire de famille déchirée finit par nous prendre aux tripes, et nous refermons ces 600 pages complètement remués, et éberlués : comment ? Ce lacis d’introspections de personnages fragiles, de focalisations internes d’une finesse psychologique incroyable, enchevêtrées les unes aux autres pour basculer vers cette description de la folie palpée de l’intérieur, ce serait un premier roman ?

STYRON, William. – Un lit de ténèbres. – Paris : Gallimard, 2004. – 603 p.. – (L’imaginaire ; 497). – ISBN : 2-07-077062-1 : 11,90 €.

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2 Reponses to “Un lit de ténèbres de William Styron”

  1. Annabelle dit :

    Bonsoir,

    Je viens de tomber par hasard sur votre blog et je dois dire que je suis d’emblée séduite, et aussi intriguée car j’aimerais en savoir davantage sur l’auteur qui ne se présente que sous la forme d’une vieille et charmante machine à écrire, posée près d’une pile de vieux livres pleins de sagesse…

    Est-ce le bon endroit pour poster ce commentaire qui n’en est pas un? Je me permets juste de vous recommander, dans le domaine passionnant de la littérature anglo-saxonne, la lecture de ces deux livres, que j’ai beaucoup aimés: Testament à l’anglaise, de Jonathan Coe, et Expiation, de Ian Mc Ewan.

    Je retourne à ma savoureuse lecture de vos pages.

    Annabelle

    • Carnets de SeL dit :

      Bonjour,

      C’est encore sur mon blog que je parle le mieux de moi, de mes goûts, de mes réflexions.
      Et l’anonymat me plaît bien : il me relie au reste des internautes sans avoir à me déterminer, si ce n’est ce que je peux dévoiler au travers de mes humeurs ou de mes critiques, sans avoir à renseigner ni mon sexe, ni mon âge, ni ma profession, ni mon opinion politique, ni mes loisirs (encore que on les aura en grande partie devinés !). Ici pas de préjugé.
      J’ai donc tout simplement conservé mes initiales, que j’ai reliées dans leur sonorité pour former Essel. Quant à mon image, cette machine à écrire et ces vieux livres font partie de mon entourage, de mon décor, de ma vie, symbolisant à la fois cet imaginaire de l’écriture et mon amour des vieux livres, et peut-être qu’un jour j’ajouterai d’autres petits carnets sur ma liste.
      Ainsi je lis, je lis beaucoup, et plutôt que de garder cette activité solitaire pour moi seule, plutôt que de vivre dans ma bulle, je me relie au monde et partage mes impressions avec d’autres, voilà tout.
      Merci pour votre commentaire !
      Essel

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