Un garçon d’Italie * de Philippe Besson

10.09
2005

Philippe Besson orchestre là un roman à trois voix, dont l’une est celle d’un jeune homme, Luca, venant tout juste de passer de vie à trépas, dont les deux autres, Anna et Léo, un jeune prostitué de la gare de Florence, étaient amoureux. Le tempo en est différent pour chacune : la première, bien sûr, connaît les causes de sa fin tragique, la troisième, Léo, a perdu la seule personne qui s’était intéressée à lui et l’avait aimé, et c’est donc surtout sur la seconde, Anna, que le lecteur porte toute son attention, Anna, anéantie par la mort de son petit ami et surtout par ce que l’enquête sur sa mort lui fait découvrir : une facette de sa personnalité dissimulée, un désir caché, une marginalité secrète, une liaison homosexuelle.

C’est ainsi moins sur le suspens que sur l’introspection des deux protagonistes encore vivants qu’insiste l’auteur, en entrouvant au scalpel leur âme tourmentée, leur solitude, d’une écriture fine, ciselée, comme le médecin légiste sur le cadavre de Luca, à la voix moins vraisemblable, justifiée uniquement pour pouvoir soulager le lecteur en lui apprenant la vérité sur sa mort.

Lire l’interview de Philippe Besson ici.

Lu aussi de lui L’arrière-saison.

BESSON, Philippe. – Un garçon d’Italie. – Paris : Julliard, 2003. – 221 p. : couv. ill. ; 20 cm. – ISBN 2-260-01642-1 : 18 €.
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