Top of the lake de Jane Campion

19.11
2013

Mardi ciné 

topofthelakeGenre : série noire

Série de six épisodes créée par Jane Campion, la réalisatrice néo-zélandaise de La Leçon de piano (Palme d’or du Festival de Cannes 1993) et de Bright Star, et l’Australien Gerard Lee.

Synopsis

Laketop est une petite ville dans les montagnes de la Nouvelle-Zélande au bord d’un lac immense. Tui Mitcham, douze ans, est retrouvée par une institutrice à moitié immergée dans le lac. On découvre alors qu’elle est enceinte. Le Detective Sergeant Al Parker fait alors appel à une inspectrice spécialisée en protection infantile, Robin Griffin, qui est revenue dans sa ville natale auprès de sa mère atteinte d’un cancer. La fillette refuse de dénoncer celui qui l’a mise enceinte, écrivant sur un papier « No one ». Contre l’avis de Robin, Al Parker décide de reconduire la fillette chez son père, Matt Mitcham, qui semble régner en toute illégalité et en toute tranquillité sur le ville, grâce à son trafic de drogue. Ce dernier voit d’un mauvais oeil s’installer sur la parcelle « Paradise » une colonie de femmes New Age, rassemblées autour d’une gourou, GJ, une femme mystérieuse aux longs cheveux gris. Tui s’enfuit chez ces femmes, avec son chien et son cheval blanc, avant de disparaître, laissant derrière elle ses deux bêtes.

Robin, se sentant responsable de cette fillette, enquête sur sa disparition. Mais son passé la rattrape : elle a en effet été à l’âge de 15 ans victime d’un viol collectif, resté impuni. Elle apprend par Al Parker que toute la ville est au courant de son passé. Après un dîner chez lui, elle se réveille en petite tenue dans son lit, sans aucun souvenir de la veille. Il ne tarde pas à lui demander de l’épouser. Robin quitte par téléphone son fiancé et renoue avec son ancien petit ami, Johnno Mitcham, le demi-frère de Tui et le fils de Matt Mitcham qu’il hait. Pendant ce temps, la santé de sa mère décline. Cette dernière lui interdit de fréquenter Johonno…

Robin a de forts soupçons contre Matt, qu’elle croit être le père de sa propre fille, Tui.

Critique de l’histoire et seulement de l’histoire

Entrer dans l’univers dramatique de Top of the lake, c’est accepter d’entrer dans une thématique somme toute glauque, celle du viol sur mineure en fait, le premier, on le sait rapidement, étant qui plus est collectif. Il fallait donc toute l’intelligence de Jane Campion pour faire briller quelques âmes féminines blessées – le bel ange de la mort Tui, l’inspectrice traumatisée et naïve, quelques mères, le camp de femmes – au milieu de cette boue de virilisme masculin. On reconnait bien là le féminisme qui lui tient à coeur, mais où les femmes ne tiennent jamais qu’un rôle de victimes. De cette boue jaillit aussi quelques passages plus légers, comme l’irruption de cette colonie étrange, quoique assez risible, de la charismatique G. J., qui heureusement va finir par s’exclamer ce que le spectateur pense tout bas !

Un bon scénario, au twist final, qui devrait obliger à réinterpréter toute la série, sauf que visiblement Jane Campion a distillé de nombreux indices pour que le spectateur devine avant l’héroïne, confondante de fragilité et de naïveté…

 

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