Timbuktu de Abderrahmane Sissako

27.01
2015

L’histoire

Les habitants de Tombouctou sont étroitement surveillés par la milice d’extrémistes religieux. Les femmes doivent être voilées, elles ont perdu leurs droits, bientôt les soldats islamistes leur imposent même l’usage de gants. Les hommes doivent montrer leurs mollets, ils sont interdits de tabac et de football. Toute musique et tout chant sont désormais proscrits. A la périphérie de Tombouctou, dans le désert, une famille de nomades est restée, advienne que pourra, malgré la peur de la mère de famille, Satima, qui craint pour leur fille Toya. Kidane, le père de famille, mène une vie paisible, rêve de son troupeau, gardé par Issan, son petit berger âgé de 12 ans, et surtout de GPS, sa vache préférée. Un jour, GPS arrache les filets d’un pêcheur belliqueux, qui la tue…

Mon avis

Contrastant avec la beauté photographique et musicale de ce lieu qui ressemble à un paradis perdu, ce drame commence par rendre risibles, voire ridicules ces intégristes qui paraissent bien faibles (l’un fume en cachette et cherche l’adultère, l’autre fait de la danse, un autre encore ne sait pas bien parler l’arabe et préfère l’anglais), pas vraiment eux-mêmes convaincus de ces interdits, mais usant et abusant de leur nouveau pouvoir sur les autres, en se montrant intransigeants. Le spectateur frémit ; il sent tapie à chaque rébellion la punition la plus terrible au nom de leur dieu, mais ce n’est que vers le dénouement qu’elle arrivera, pour chacun de ceux qui ont violé leurs lois. Dans ce film, les personnages les plus forts, les plus lucides, les plus courageux, les plus entiers, sont féminins. Bel hommage à ces femmes reléguées depuis dans l’ombre… Un film terrible mais tristement fidèle à ce qui a dû se passer…

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