Mots-clefs ‘W. Somerset Maugham’

Le grand écrivain de W. Somerset Maugham

22.09
2013
cop. La Table ronde

cop. La Table ronde

 

Alroy Kear, écrivain devenu connu à force d’ambition et de « réseautage », demande au narrateur, autre écrivain, William Ashenden, de lui raconter ses souvenirs d’un troisième, Edward Driffield, auteur majeur de la littérature victorienne, et de sa première épouse, Rosie Driffield, très « nature », ancienne maîtresse de celui-ci…

« Quand un ami, en votre absence, vous a téléphoné en insistant pour être rappelé, soyez sûr qu’il s’agit d’une affaire plus importante pour lui que pour vous. S’il pense à vous offrir un cadeau ou à vous rendre un service, il sait modérer son impatience. » (incipit)

D’emblée, William Somerset Maugham donne le ton – caustique – à cette comédie littéraire qui débute par le portrait d’un écrivain manipulateur et ambitieux qui a compris que le succès passait avant tout par la flatterie et la réclame caustique. Parallèlement se dessine l’histoire du couple formé par le « Grand » écrivain, au début sans le sou, avec sa première femme, en dehors de toute convenance, qui dissimule un secret. Plus vraie en tout cas que celle édulcorée que s’apprête à retranscrire Alroy Kear. Et plus vraie que ce bureau réaménagé de toutes pièces par la seconde épouse du Grand écrivain pour satisfaire la curiosité de ses fans.

SOMERSET MAUGHAM, William. – Le grand écrivain / trad. de l’ang. par E.-R. Blanchet. – La Table ronde, 2013.- 265 p. ; 18 cm. – (La petite vermillon ; 384). – EAN13 9782710370482.

 

Il suffit d’une nuit de W. Somerset Maugham

23.06
2013
cop. La table ronde

cop. La table ronde

 

Titre original : Up at the Villa

En 1938, en villégiature dans une villa du XVIe siècle prêtée par des amis, surplombant Florence, Mary commence à envisager son avenir, après la mort tragique de son mari, un an plus tôt, concluant « huit années d’une existence extravagante et d’un mariage malheureux ».  Un avenir qui pourrait être vécu auprès de Sir Edgar Swift, un ami de ses parents, qui l’a vue grandir, amoureux d’elle depuis ses dix-neuf ans, et qui vient de la demander en mariage et qui attend sa réponse à son retour. La veille, Mary accepte une invitation à une soirée mondaine où elle fait la connaissance de Rowley, réputé comme étant un grand séducteur, qu’elle éconduit. Sur le chemin du retour, elle croise le destin d’un homme qui a joué du violon lors de cette soirée…

« Les premières semaines de son séjour avaient été consacrées à visiter tout ce qui valait la peine d’être vu. Elle avait passé d’agréables moments à la galerie des Offices et au palais du Bargello, elle avait arpenté les églises et flâné dans les vieux quartiers, mais désormais elle se rendait rarement en ville, sauf pour déjeuner ou dîner avec des amis. Elle aimait lire et paresser dans le jardin, et quand elle avait envie de sortir, elle préférait prendre la Fiat et faire des excursions dans la campagne environnante. » (p. 8)

J’ai cru au début avoir affaire à un succédané de Jane Austen version début du siècle, mais pas du tout ! D’ailleurs, il n’est absolument pas question d’amour ici : l’amour, l’héroïne semble y avoir renoncé pour toujours. Entre un homme droit et vertueux, un rentier désinvolte et un exilé politique, le choix de la jeune femme oscille entre l’aventure déraisonnable et le mariage de raison. L’intrigue, elle, est construite de manière très classique. L’héroïne se destine à tel avenir, mais une rencontre inopinée va entraîner un incident fâcheux qui exige qu’elle demande de l’aide, et qui va modifier complètement la situation. Au final, cela donne un thriller sentimental terriblement efficace.

Maugham, William Somerset. – Il suffit d’une nuit / Trad. de l’anglais par A. Renaud de Saint-Georges. - Paris  : la Table ronde , 3013.- 156 p.  : couv. ill. en coul.  ; 18 cm. – (collection La petite vermillon ; 383). – EAN13 9782710370512 : 7,10 €.