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Blast de Manu Larcenet

20.08
2014

blastGras, énorme, Polza Mancini, 38 ans, sans domicile fixe, est placé en garde à vue pour ce qu’il a fait subir à une certaine Carole Oudinot. Deux flics sont chargés de le faire parler durant ces 48 heures, sur cela et sur tout le reste de son dossier. Ils vont surtout écouter toute son histoire, ou plutôt celle à partir du moment où son père meurt, quand il décide de tout quitter pour partir en « voyage », sans domicile fixe, faisant des mauvaises rencontres et vivant ces fameux blast grâce à l’alcool, aux stupéfiants ou aux médicaments, au cours desquels il voit des Moaï.

Blast est une bande dessinée incroyable. Tant du point de vue de l’histoire, d’une violence extrême, dont le twist final oblige le lecteur à reconsidérer son empathie pour le protagoniste, que du point de vue des dessins, de leur mise en page et du contraste avec les dessins d’enfants utilisés pour les « blast ». Ames sensibles s’abstenir, sinon à ne pas manquer.

 

LARCENET, Manu. – Blast : 1. Grasse Carcasse. – Dargaud, 2014. – 204 p. : ill. n.b. + coul..

LARCENET, Manu. – Blast : 2. L’apocalypse selon Saint Jacky. – Dargaud, 2014. – 204 p. : ill. n.b. + coul..

LARCENET, Manu. – Blast : 3. La tête la première. – Dargaud, 2014. – 204 p. : ill. n.b. + coul..

LARCENET, Manu. – Blast : 4. Pourvu que les bouddhistes se trompent. – Dargaud, 2014. – 204 p. : ill. n.b. + coul..

La bande à Bonnot

13.05
2014

lanarchieGenre : film historique

Sortie en salle : 1968

Scénaristes : Jean-Pierre Beaurenaut, Pierre Fabre et Rémo Forlani

Réalisateur : Philippe Fourastié

Résumé 

Fin novembre 1911, Bonnot fait la connaissance de plusieurs sympathisants anarchistes, parmi lesquels Octave Garnier et Raymond Callemin dit « Raymond-la-science ». Dans le scénario, il récupère une mallette qu’ils viennent de lui voler, alors qu’en réalité, Bonnot serait venu au siège du journal anarchiste. Cette rencontre finit de leur faire rompre avec l’idéologie toute théorique de Victor Serge : ils veulent de l’action. Et pour cela, ils ne vont pas tarder à rejoindre Bonnot, plus expérimenter, pour voler banques et riches, et pour tuer dans la foulée tous ceux qui représentent le camp du Capital, les bourgeois. C’est ainsi qu’à bord d’une limousine Delaunay-Belleville verte et noire de 12 CV, modèle 1910, ils tirent sur le garçon de recette de la Société générale. C’est la première fois qu’une voiture est utilisée pour commettre un braquage : l’événement fait la Une de tous les journaux, la police se lance à la poursuite des malfrats qu’elle sait anarchistes, pour un texte retrouvé dans la voiture laissée à Dieppe…

Analyse 

Difficile de raconter une réalité historique sans la trahir : les scénaristes, pour ce faire, ont choisi de prendre quelques libertés, notamment lors des circonstances de leur rencontre, rendues plus amusantes et pertinentes, du siège de la police et de leur mort. C’est bien plus Raymond la Science qui fait office de personnage principal ici, que Jules Bonnot qui tient plutôt le rôlé de mentor-allié dans un parcours presque régressif, entraîné et dépassé par la violence de ses comparses. Un bon film, aux personnages non pas attachants, mais identifiables et fascinants, qui avait de quoi plaire aux Enragés de mai 68.

Blue Velvet de David Lynch (1986)

14.01
2014

Mardi ciné

Synopsis (David Lynch)

Dans la petite ville américaine de Lumberton, M. Beaumont est victime d’une crise cardiaque en arrosant son gazon. Son fils, Jeffrey, sur le chemin du retour de l’hôpital, découvre une oreille humaine dans une clairière. Une oreille, en décomposition, couverte d’insectes, que Jeffrey apporte à l’inspecteur Williams, dont il croise la fille, la jolie Sandy, gentille poupée Barbie qui le lance sur la piste d’une certaine Dorothy Vallens, une chanteuse de cabaret. Jeffrey s’introduit chez elle et assiste à une scène sexuelle d’une rare violence verbale entre Franck Booth, un psychopathe dangereux et elle. Il semble irrésistiblement attiré par elle et devient son amant secret, plongeant dans un univers de chantage sordide.

Analyse

Le scénario, assez classique, reste celui d’un film noir, où le héros accumule les transgressions avant de retrouver un nouvel équilibre peu attirant au demeurant. Mais la chanson éponyme du film, fascinante, hypnotique, donne à elle seule le ton. David Lynch affirme quil s’agit là de son film le plus personnel, et qu’il est en partie autobiographique. Il y exploite, comme dans Twin Peaks plus tard, le thème du Mal : dans une petite ville paisible où les gens sont un peu « neuneu » et insipides (qu’est-ce qu’il nous rend Sandy énervante !), vivent en décalage des individus ivres de sexualité et de violence, que va découvrir son héros à ses risques et périls, pour en sortir adulte. 

Contes de la folie ordinaire de Charles Bukowski

18.09
2012

cop. LGF

 

Voici Charle Bukowski himself, écrivain reconnu, dans toute sa splendeur : son carburant ? L’alcool et le sexe. Ses conversations ? Choquer le bourgeois, dire tout haut ce que les autres dissimulent, être infect, en un mot gêner.

« On habitait juste en face du parc Mc Arthur, Linda et moi. Une nuit qu’on était en train de boire, on a vu le corps d’un homme passer devant la fenêtre. Drôle de vision, on aurait juré une farce, jusqu’au moment où le corps s’est écrabouillé sur le trottoir. » (p. 49)

Dans ce recueil de vingt nouvelles relativement courtes, aux titres évocateurs : La machine à baiser - La politique est l’art d’enculer les mouchesCons comme le Christ -…, Charles Bukowski conte quelques anecdotes truculentes, parfois métaphoriques, mais presque toujours scabreuses, pour ne pas dire carrément trash. On ne peut pas dire que j’ai aimé ni détesté, ni même que je sois restée indifférente. Le langage est cru, direct, à l’image des scènes qu’il nous donne à voir. Certaines nouvelles m’ont marquée, comme la première - La plus jolie fille de la ville – peut-être parce que la plus sensible. Bref une curiosité underground, à réserver aux adultes.

LGF , 2010. - 189 p.. – (Le Livre de poche). - EAN13 9782253031338.


 

En chemin elle rencontre… ** (2009)

09.05
2010

Les artistes se mobilisent contre la violence faite aux femmes

En France, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint, environ 70 000 adolescentes de dix à dix huit ans sont menacées d’être mariées de force, entre 55 000 et 65 000 fillettes ou femmes sont mutilées ou menacées de l’être.

Dans le monde, ce sont 5 000 femmes qui sont tuées, au nom de l’honneur, des centaines de milliers de femmes sont victimes de la traite en vue de la prostitution…

Pour que les femmes osent parler, pour briser le silence, pour une prise de conscience et de responsabilité, les artistes, femmes et hommes, se mobilisent pour la défense du droit humain. Avec Kris, Corbeyran, Masson, Lapière, Collignon, Lepage… et avec le soutien d’Amnesty International. (présentation de l’éditeur, qui parle d’elle-même)

Cet album collectif jette un regard critique sur ce vrai problème de société, relevant des droits de la femme les plus élémentaires. Chaque artiste choisit  ainsi son angle d’attaque pour dénoncer l’inadmissible et le silence qui l’entoure. Brutal, dérangeant, nécessaire à une véritable prise de conscience. 

A mettre en suggestion d’achat dans votre bibliothèque, et dans les salles d’attente du planning familial et toute autre association de défense des droits des femmes.

En chemin elle rencontre… Les artistes se mobilisent contre la violence faite aux femmes. Des ronds dans l’O éditions / AMNESTY INTER.PUBLICATIONS, 2009. 95 p. : ill; en coul.. . ISBN 978-2-917237-06-9
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Parasites de Ryû Murakami

28.09
2005

 

cop. Picquier

Un adolescent vit complètement coupé du monde extérieur, isolé dans son appartement, avec pour seul lien social sa mère qui veille à son approvisionnement et à ses visites régulières à l’hôpital psychiatrique. Un jour, elle lui offre une connexion à internet. Il se retrouve alors sans le savoir sur une sorte de liste de diffusion qui semble partager son secret et même le connaître mieux que lui : un ver kholokater habiterait comme lui certains d’entre eux, leur donnant le droit de tuer…

 

Il faut avoir lu entièrement ce roman pour pouvoir vraiment l’apprécier car sa lecture dégage quelque chose de malsain : le jeune homme en effet frappe sa mère violemment et tue son père à coups de battes de base-ball. Ce roman distillant une atmosphère étrange met en garde contre les manipulations mentales, dérives possibles d’internet, et égrène toutes les violences passées ou présentes auxquelles il fait implicitement référence : traumatismes de la seconde guerre mondiale, attentat terroriste dans le métro de la secte Aum,…