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Revoir Paris : tome 2 de Schuiten et Peeters

25.01
2017

9782203097261Arrivée sur Terre, abandonnant ses congénères âgés, Kârinh taille sa route seule, pour rejoindre Paris. Soupçonnée d’être envoyée en mission cachée par l’Arche, Kârinh finit par être sauvée par Mathias Binger, qui lui ouvre les portes du vieux Paris, musée pour touristes fortunés protégé par un dôme de verre. Kârinh retrouve alors son père…

Ce deuxième et dernier tome de Revoir Paris pêche un peu au niveau du scénario, bien faible par rapport à ce à quoi Benoit Peeters nous avait habitués. On suit les désillusions de Kârinh et la curiosité amoureuse de Mathias, sans creuser ces deus ex machina de dissidents dans la sphère. Mais, heureusement, les dessins réalistes de François Schuiten restent éblouissants. Je ne bouderai pas le plaisir que j’ai tout de même eu à lire ces deux tomes, mais je reste sur ma faim, une fin ouverte d’ailleurs.

SCHUITEN, François, PEETERS, Benoit. – Revoir Paris : tome 2. – Casterman, 2016. – 63 p. : ill. et couv. en coul. ; 32 cm. – (Univers d’auteurs). – EAN13 978-2-203-09726-1 : 17 €.

Un jour une citation

17.10
2013

Diable de temps

« Le temps, à proprement parler, n’existe pas (sinon le présent comme limite), et pourtant c’est à cela que nous sommes soumis. telle est notre condition.Nous sommes soumis à ce qui n’existe pas. qu’il s’agisse de la durée passivement soufferte – douleur physique, attente, regret, remords, peur – ou du temps manié – ordre, méthode, nécessité -, dans les deux cas, ce à quoi nous sommes soumis, cela n’existe pas. Mais notre soumission existe. Nous sommes réellement attachés par des chaînes irréelles. Le temps, irréel, voile toutes choses et nous-mêmes d’irréalité. »

 Simone Weil

La pesanteur et la grâce, 1947 

Souvenirs de l’éternel présent de Schuiten & Peeters (2009)

23.01
2010

Aimé, âgé d’une dizaine d’années, est le dernier enfant de la ville Taxandria, et donc l’unique élève de Monsieur Bonze. Taxandria est une lugubre ville en ruines, la ville de l’Eternel présent, où le temps n’a plus le droit d’être pris en compte, où le passé est devenu tabou, et où toute technologie a été bannie. Un matin, Aimé découvre un livre d’images interdites, lequel raconte comment les scientifiques de Taxandria, poussés par un défi lancé par Irina, la femme du Président, déclenchèrent un cataclysme engloutissant presque toute la région. Depuis, les femmes en sont exclues, et attendent le bon vouloir d’hommes de passage, par-delà le jardin des Délices. Pourquoi n’y a-t-il plus d’enfant ? Pourquoi ses cheveux ne poussent-ils pas ? Qui gouverne Taxandria ? Pourquoi n’a-t-il pas le droit d’aller à Marinum ? Quels secrets lui cache donc Monsieur Bonze ?

Sur fond bleu et ocre se déploie une fois de plus l’univers fantastique propre à la série des Cités obscures, dont chaque volume se lit indépendamment des autres. On y retrouve le dessin précis des mélanges architecturaux de François Schuiten, entre palais corenthiens, décors de Paul Delvaux et maisons du début du siècle, venant souligner les thèmes abordés ici par Benoît Peeters : la critique de la dictature, de la censure, du déni du passé. Une belle bande dessinée, inspirée par les premiers scénari pour un film de Raoul Servais, conçus il y a plus de trente ans. Une histoire onirique à méditer…


SCHUITEN, François, PEETERS, Benoît. – Souvenirs de l’éternel présent. – Casterman, 2009. – 65 p. : ill. en coul. + 13 p. non p.. – (Les cités obscures). – ISBN 978-2-203-02485-4 : 18 €.

Le jeune homme, la mort et le temps * à ** de Richard Matheson (1975)

15.09
2005

Un roman à la frontière entre la SCIENCE-FICTION et le FANTASTIQUE

Date de sortie aux Etats-Unis : 1975

Les 36 ans et la beauté de Richard Collier ne lui permettront pas d’échapper à une mort prochaine. Atteint d’une tumeur au cerveau, Richard va par hasard s’arrêter dans un bel hôtel du siècle dernier, dominant le Pacifique. Visitant son musée, il tombe en arrêt devant la photographie d’une belle actrice prise en 1896. Ce visage d’Ellie McKenna devient une obsession : il lit tous les livres la concernant et finit par se demander si un voyage dans le temps lui permettrait de la rencontrer…

Les 50 premières pages du roman ne sont guère convaincantes : le style est inexistant, la langage presque parlé, le voyage dans le temps complètement fantaisiste… Et puis, il y a cette rencontre, cette passion naissante, et là le récit prend toute son ampleur et devient davantage une belle histoire d’amour mélancolique auréaulée de fantastique.

MATHESON, Richard. – Le jeune homme, la mort et le temps. – Paris : Gallimard, 2000. – 330 p.. – (Folio. SF ; 34).