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Hiroshige : sur la route de Tôkaïdo

11.11
2011


Utagawa Hiroshige (1797-1858) fut avec Hokusaï le  »maître du paysage » au Japon. Fin observateur de la nature changeante au gré des saisons, il fut aussi un grand admirateur du Tôkaïdo, dont il composa 30 séries. A partir de l’âge de 36 ans, il mena son existence comme il l’entend, voyageant et dessinant sans contrainte désormais.

 

Cet ouvrage magnifique, écrin d’une sélection de tirages faits en 1840, est un enchantement pour le regard : voyez par vous-mêmes !

 

Au parcours biographique et aux courts descriptifs présentés par Nelly Delay, on aurait aimé voir adjoindre des explications plus plastiques : pourquoi avoir choisi telle tonalité de couleurs ?  Pourquoi représenter les personnages, les arbres, l’eau de cette manière ? Etc… C’est dommage.

 

En savoir plus sur le site des éditions Hazan.

 

Apprécié

Hiroshige  :  sur la route du Tōkaidō  [présentation par Nelly Delay]. - Paris  : Hazan , 2010 .- 1 coffret  : ill. en coul.  ; 21 x 30 cm.
Contient un volume de reproductions de la série d’estampes « Cinquante-trois étapes du Tōkaidō » (112 f. dépl. : ill. en coul. ; 17 cm), un album comparatif de planches (112 p. : ill. en coul. ; 20 x 29 cm) et une plaquette de textes (23 p. : ill. ; 19 x 28 cm). - ISBN 978-2-7541-0498-2 (coffret) : 35 €.

Nietzsche d’Onfray & Le Roy

26.10
2011

cop. Le Lombard

Nietzsche  :  se créer liberté

D’après L’innocence du devenir :  la vie de Frédéric Nietzsche par Michel Onfray (Galilée , 2007).

« Oui, mon corps va me le faire payer.

Tous ces ébranlements, toutes ces secousses…

… Toute cette dynamite ingurgitée, tout ça va me détruire, me casser… me pulvériser.

Je vais probablement passer deux jours allongé sur mon lit, dans la plus totale obscurité, avec des migraines et des maux d’yeux.

Je suis un sismographe d’émotions. »

(p. 47)

A quoi songe Nietzsche en 1896, à Naumburg, allongé sur sa chaise longue, le regard fixe ? Peut-être plus à rien désormais…  Peut-être son corps et son cerveau sont-ils en train de payer le prix de cette formidable énergie absorbée…   Promis à devenir pasteur, Friedrich Nietzsche veut être compositeur, il deviendra professeur de philologie. Influencé par l’écoute de Wagner et par la lecture de Schopenhauer, il commence par publier Naissance de la tragédie, désapprouvé par ses collègues universitaires. Il finit par donner son congé pour raison de santé, s’isole pour méditer et écrire à la pension de famille Sils-Maria, avant de sombrer dans la démence…

« La liberté est un grand luxe, vous savez, moins vous possédez et moins vous l’êtes… possédé !«  (p. 57)

Davantage née d’un certain regard que d’une réelle volonté de faire connaître la personnalité du grand philosophe, cette biographie du maître à penser de Michel Onfray apparaît quelque peu décousue, et partielle. Néanmoins, le coup de crayon de Maximilien Le Roy contribue à rendre tragique la destinée de Nietzsche, tant dans sa description de la douleur que dans la palette de couleurs fauves choisie. Et surtout il est bien rare que bande dessinée et philosophie aillent de pair : saluons cette BD qui permet de faire connaître la vie de Friedrich Nietzsche et sa perception des choses à un cercle élargi de lecteurs. A LIRE DONC !

Bruxelles [Paris]  : Le Lombard , 2011 .- 126 p. : ill. en coul., couv. ill. en coul.  ; 32 cm. –  ISBN 978-2-8036-2650-2 : 19 €.