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A quoi rêvent les loups de Yasmina Khadra (1999)

11.09
2010

« – Lève-toi, c’est un ordre.
– Je ne peux pas, je te dis.
Je braquai mon pistolet sur lui e
t je l’abattis.

Nous nous engouffrâmes dans les forêts, marchâmes une partie de la nuit et observâmes une halte dans le lit d’une rivière. Et là, en écoutant le taillis frémir au cliquetis de nos lames, je m’étais demandé à quoi rêvaient les loups, au fond de leur tanière, lorsque, entre deux grondements repus, leur langue frétille dans le sang frais de leur proie accrochée à leur gueule nauséabonde comme s’accrochait, à nos basques, le fantôme de nos victimes. » (p. 264)

 

A Alger, en cette fin des années 1980, Nafa Walid est engagé comme chauffeur au service de la famille richissime des Raja. Pas pour longtemps : dès que son collègue lui demande de l’aider à se débarrasser d’un cadavre que Junior, son patron, laisse derrière lui, il démissionne, révolté et écœuré. Lui qui rêvait de devenir une star du grand écran finit par se faire escroquer par un ancien acteur, qui lui promet de quitter ce pays, qui prend un visage austère et inquiétant avec la montée de l’intégrisme, pour partir en France faire du cinéma. Sans argent, sans travail, il trouve dans ses prières à la mosquée un peu de sérénité. Un jour, l’imam lui propose de faire le taxi et de donner sa recette pour la cause du FIS, en lui reversant un salaire correct. Nafa accepte…

 

Dès son chapitre d’ouverture, ce roman frappe très dur : ici nulle tendresse, nulle compassion. Dès les premières lignes, le narrateur vient d’égorger un bébé devant sa mère. Quoi de plus inhumain ? Les policiers ont encerclé l’immeuble où ses comparses et lui se sont réfugiés. Ils sont tous morts. On devine sa fin imminente. Comment en est-il arrivé là ?

C’est l’histoire de Nafa Walid que raconte ensuite Yasmina Khadra, ce jeune homme comme tant d’autres qui va finir par se faire enrôler par les islamistes radicaux. Il nous fait vivre le « printemps d’Alger », le refus par l’armée de la victoire du Front islamique du salut (FIS) aux élections législatives de 1991 et la guerre civile entre deux forces qui se déchirent avec l’armée d’un côté et les islamistes radicaux de l’autre.

Parfois les caractères sont tellement tranchés que l’auteur semble avoir un peu forcé le trait, mais le message est on ne peut plus clair. C’est bien d’un roman d’apprentissage qu’il s’agit ici, mais d’un apprentissage vers une véritable descente aux enfers, où la notion de bien et de mal disparait, où l’individu se dissout pour une cause dont il ne peut discuter les ordres.

Une mise en garde imparable.

 

KHADRA, Yasmina . – A quoi rêvent les loups. – Pocket, 2009 . – 274 p.. – (10979). – ISBN 978-2-266-20086-8 : 6,50 euros.

Acheté en septembre à la librairie Chantelivre d’Orléans.

A lire aussi de lui Les hirondelles de Kaboul ***


Dieu et l’Etat ** de Michel Bakounine (1882)

08.05
2010

« Trois éléments ou, si vous voulez, trois principes fondamentaux constituent les conditions essentielles de tout développement humain, tant collectif qu’individuel dans l’histoire :

1°) l’animalité humaine

2°) la pensée

et 3°) la révolte.

A la première correspond proprement l’économie sociale et privée ; à la seconde, la science ; à la troisième, la liberté.« (p. 7)


La première constitue le point de départ de l’humanité, laquelle « est en même temps et essentiellement la négation réfléchie et progressive de l’animalité dans les hommes. » (p. 9)


On peut en trouver des preuves dans les mythes bibliques, inspirées selon Bakounine par la sagesse et la fantaisie humaines. Ce dernier en profite pour fustiger la croyance en ses mystères, inexplicables car absurdes, qui puise ses sources dans la condition sociale misérable de l’individu dans la société, historiquement les esclaves et les femmes en premier, et une habitude mentale et morale prenant très tôt le dessus sur le bon sens.


Ainsi les hommes, esclaves de Dieu, le sont aussi pour l’Eglise et l’Etat, qui ne sont alors pas encore séparés. Car « toutes les religions sont cruelles », nous rappelle Bakounine, « car toutes reposent principalement sur le principe du sacrifice, c’est-à-dire sur l’immolation perpétuelle de l’humanité à l’inextinguible vengeance de la Divinité. (…) l’homme est toujours victime, et le prêtre, homme aussi mais homme privilégié par la grâce, est le divin bourreau«  (p. 27) recueillant ses aveux, le châtiant, le condamnant ou l’excommuniant. Elles dénigrent l’humanité et glorifient la divinité, tout comme nombreux sont les prêtres catholiques et protestants qui prêchent la doctrine de la chasteté, de l’abstinence et de la renonciation, et qui démentent leur doctrine par leur exemple.


Or, raisonne Bakounine,

« si Dieu est, l’homme est esclave ; or l’homme peut, doit être libre, donc Dieu n’existe pas. » (p. 26)

Il faudrait, propose Bakounine, transformer toutes les églises et les temples dédiés à la gloire d’un Dieu et à l’asservissement des hommes, en autant d’écoles d’émancipation humaine.

(n.b. personnel : et pourquoi pas en bibliothèques, ces lieux invitant au silence et à la méditation ?)

Il faudrait à ce propos que « le principe de l’autorité, dans l’éducation des enfants, constitue le point de départ naturel ; il est légitime, nécessaire, lorsqu’il est appliqué aux enfants de bas âge », et « doit s’amoindrir graduellement à mesure que leur éducation et leur instruction s’avancent, pour faire place à leur liberté ascendante. »

« Le but final de l’éducation ne devant être que celui de former des êtres libres et pleins de respect et d’amour pour la liberté d’autrui. » (p. 39).


Nonobstant, il se garde bien aussi de mettre la science sur un piédestal et de faire siéger des savants dans un gouvernement.


Ni Dieu, ni maître, telle est la devise de Bakounine qui repousse « toute législation, toute autorité et toute influence privilégiée, patentée, officielle et légale, même sortie du suffrage universel, convaincu qu’elles ne pourront tourner jamais qu’au profit d’une minorité dominante et exploitante, contre les intérêts d’une immense majorité asservie. Voilà dans quel sens nous sommes réellement des anarchistes. »

C’est Elisée Reclus qui publia en 1882 ce manuscrit, après la mort de Bakounine en 1876, désormais devenu célèbre pour la virulence de ses attaques contre les religions et l’Etat. C’est du reste ce qui synthétise le mieux les discours de ce chef de file de la pensée anarchiste.

Pour lui, en effet, l’État doit être aboli dès le début du processus révolutionnaire, afin qu’une nouvelle minorité ne vienne pas remplacer la précédente.


C’est en cela que Bakounine, dont les idées vont inquiéter Marx au point de vouloir le discréditer et de le faire exclure de l’Internationale, va se montrer d’une lucidité visionnaire, par rapport aux dictatures communistes qui vont suppléer aux gouvernements qu’elles auront renversés. De même, Bakounine se méfie déjà de l’Allemagne, « systématiquement envahissante, conquérante »,« devenue une menace, un danger pour la liberté de toute l’Europe. » (p. 51).

Enfin, le refus de toute transcendance, qu’elle soit métaphysique ou religieuse, constitue pour lui la condition première de la liberté de l’esprit. Il y a du coup peu de grands hommes que Bakounine respecte, si ce n’est Mazzini, Michelet, Quinet, John Stuart Mill.

Un pamphlet édifiant, qui n’a hélas pratiquement pas pris de ride !

Chronologie biographique et repères bibliographiques en fin d’ouvrage.



BAKOUNINE, Michel. – Dieu et l’État / postface « Ni Dieu ni maître » de Joël Gayraud. – Mille et une nuit, 2010. – 119 p.. – ISBN 978-2-84205-074-0 : 3 euros.


En savoir plus sur Wikipédia, le blog de Création Libertaire ou encore le site des Increvables Anarchistes.

Dieu en personne ** de Marc-Antoine Mathieu (2009)

05.12
2009

Dieu se présente un jour dans une file d’attente. Un homme somme toute banal. Après vérification de son identité qu’il est la seule à décliner,  étant évidemment sans papier, sans domicile fixe et sans numéro de sécurité sociale, il déclenche bien malgré lui, après un moment de stupeur dans le monde entier, une vague de procès : il a des comptes à rendre à l’humanité…

Au moyen d’un trait simple, en noir et blanc, Marc-Antoine Mathieu a toujours joué sur l’absurde et sur les frontières entre le réel et l’imaginaire, et ce de manière particulièrement réussie avec son personnage kafkaïen dans la série « Julius-Corentin Acquefacques ». Il imagine ici le personnage incontournable qui a le plus façonné fantasmes et imaginaire collectif à travers l’Histoire, Dieu, et le place devant le tribunal de l’humanité. Pour ce faire, il s’amuse à jongler avec tous les procédés narratifs susceptibles d’évoquer son bref passage sur Terre : médiatisé comme buzz de l’Histoire, Dieu devient ainsi tantôt le sujet d’une pièce de théâtre, d’un film, de best-sellers ou d’un message publicitaire, tantôt il fait l’objet d’une tentative d’analyse psychiatrique, sociologique, juridique, religieuse, picturale, philosophique ou encore scientifique. On ne le voit d’ailleurs jamais, si ce n’est de dos ; en revanche, on l’entend un peu, et ce qu’il révèle du bout des lèvres, c’est que la vérité nous dépasse, et qu’il lui faut disparaître pour redevenir une chimère, une invention de l’homme pour expliquer ce que ce dernier ne peut concevoir, et peut-être n’a-t-il jamais été qu’une bonne histoire, la meilleure qui soit, à l’image de cette BD, à ne pas manquer.

Vous pourrez lire les 8 premières planches du récit complet sur BD-Gest, et mes autres chroniques sur l’oeuvre de Marc-Antoine Mathieu :

- Mémoire morte **
- L’origine ***
La qu… *** (1991)
- Le processus *** (1993)

Le Début de la fin ** (1995)

La 2,333ème Dimension*** (2004)
les Sous-Sols du Révolu ** (2006)

MATHIEU, Marc-Antoine. – Dieu en personne. – Delcourt, 2009. – 122 p. : ill. n.b.. – ISBN 978-2-7560-1487-6 : 17,50 €.
Acheté en dédicace à BD’Boum de Blois.
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Syngué Sabour d’Atiq Rahimi

10.08
2008
RENTRÉE LITTÉRAIRE 2008
SÉLECTION GONCOURT

syngué sabour n.f. (du perse syngue ‘pierre‘, et sabour ‘patience‘). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s’agit d’une pierre magique que l’on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères… On lui confie tout ce que l’on n’ose pas révéler aux autres… Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu’à ce qu’un beau jour elle éclate… Et ce jour-là, on est délivré. (4e de couverture)


Cette pierre, c’est un homme à qui une femme afghane confie ses secrets. Il s’agit de son mari depuis plus de dix ans, le père de ses deux petites filles, un héros constamment au front aux yeux des autres, un inconnu pour elle qui ne l’a vu pour la première fois qu’au bout de trois ans de mariage. Un légume qui survit depuis trois semaines avec une balle dans la nuque, gisant immobile sur son lit, les yeux ouverts dans lesquels elle verse du collyre, la bouche alimentée par un goutte à goutte d’eau sucrée salée ; et qu’elle continue de soigner en pleine guerre civile, veillant au maintien de son existence, ayant trouvé en sa présence muette un exutoire de tout ce qu’elle a vécu et subi.

« Le grincement hésitant d’une porte qui s’ouvre, le bruit des pas prudents qui s’avancent dans le couloir, ne brisent pas ce silence de mort ; ils le soulignent.
Les pas s’arrêtent derrière la porte. Après une longue pause – quatre souffles de l’homme -, la porte s’ouvre. C’est la femme. Elle entre. Son regard ne se pose pas immédiatement sur lui, elle explore d’abord l’état de la pièce : les débris de vitres, la suie qui s’est déposée sur les oiseaux migrateurs des rideaux, sur les rayures éteintes du kilim, sur le Coran laissé ouvert, sur la poche de perfusion qui se vide de ses dernières gouttes sucrées-salées… Ensuite il balaye le drap couvrant les jambes cadavériques de l’homme, effleure sa barbe et finit par atteindre ses yeux. » (p. 47)

Fort, puissant, ciselé, épuré, ce court roman concentre en lui tous les non-dits d’une femme soumise à une religion, à un mari, à sa belle-famille, à sa famille, aux hommes. Hélas, aucune de ses confidences ne nous surprend vraiment : qu’il est dur d’être née femme quand l’endroit où l’on est né subit la loi et la religion d’hommes qui ont assis leur pouvoir sur les femmes musulmanes, sans daigner les respecter ni les écouter, où l’on subit l’intégrisme de plein fouet. Tour à tour sont ainsi dénoncés le mariage forcé, un islam liberticide et culpabilisant, le seul plaisir masculin, l’orgueil déplacé des hommes… Mais c’est la concision, la puissance de l’évocation de cette vie ramassée en ces 150 pages, la force de ces phrases syncopées, brèves, répétitives, égrenées comme son chapelet, comme la respiration de cet homme qui rythme désormais les journées de cette femme, comme le goutte à goutte qui coule entre ses lèvres, qui nous marquent plus profondément que n’importe quel autre roman ou documentaire sur le sujet, et ce par un homme, un Afghan, qui écrit pour la première fois en langue française … Un huis-clos que l’on pourrait facilement adapter au théâtre. C’est la prose dépouillée, mise à nu comme l’âme de cette femme, qui s’impose, belle et désespérée. Un excellent candidat au Goncourt, qui bouleversera ou perturbera sans aucun doute les lycéens qui auront à décerner leur propre lauréat.

Temps de lecture : 90 minutes environ

RAHIMI, Atiq. – Syngué sabour : pierre de patience. – P.O.L., 2008. –  154 p.. – ISBN 978-2-84682-277-0 : 15 €.

Dossier de presse :

- La République des livres, le blog de Pierre Assouline

- Télérama

- Evene

- La Croix

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Le roi transparent de Rosa Montero (2008)

19.01
2008

Titre original : Historia del rey transparente

Aussi efficace et plus militant que de l’heroïc-fantasy

Au XIIe siècle, les guerres entre seigneurs féodaux font rage. Les siens réquisitionnés pour se battre, Leola, une jeune paysanne, se retrouvant seule et vulnérable, revêt l’armure d’un jeune guerrier mort sur un champ de bataille et part à l’aventure. Mais l’habit ne fait pas la moine : elle n’est pas à même de se défendre sur les routes dangereuses. Par chance, elle rencontre dans une forêt Nynève la rousse, laquelle se prétend fée du savoir et avoir connu Merlin, et va l’accompagner, lui trouvant un maître pour lui apprendre à se battre, et lui enseignant à lire et à écrire, et surtout à penser. Toutes deux vont être amenées à rencontrer Aliénor d’Aquitaine, Richard Coeur de Lion, Héloïse, séparée irrémédiablement d’Abélard, et à être confrontées au luxe et à la cruauté d’une duchesse, à la corruption de l’Eglise et à la lutte des Cathares.

S’ouvrant sur le travestissement d’une jeune femme paysanne en un chevalier, ce roman d’aventure laissait présager la démonstration criante d’une discrimination sexuelle et sociale. Or le personnage mystérieux de Nynève, savant et polémique, permet à l’auteur de critiquer bien plus ouvertement et plus largement toutes les injustices de l’époque. Et c’est avec son grand talent de conteuse que Rosa Montero, tout en nous faisant réfléchir sur ce siècle tourmenté, nous immerge,aux côtés de personnages originaux et touchants, dans un Moyen Age à la fois réel et fantasmé, avec lequel elle prend quelques libertés anachroniques, propice à l’amour courtois, aux tournois et aux légendes, telle celle du roi transparent que nul ne peut raconter sans péril. Une lecture divertissante, piquée de critiques acerbes n’épargnant aucune classe sociale.

MONTERO, Rosa. – Le roi transparent / trad. de l’espagnol par Myriam Chirousse. – Métailié, 2008. – 471 p.. – (Bibliothèque hispanique). – ISBN 978-2-86424-634-3 : 22,50 €.
Service de presse

Nerofumo de Clara Miccinelli et Carlo Animato

03.06
2007

cop. Métailié

A Malaga, en 1618, l’inquisiteur Juan de Mariana trouve assis sur la tombe du jésuite Blas Valera un Péruvien. Ce dernier, fort savant, lui relate alors les récits les plus sombres sur les pratiques de la Compagnie de Jésus lors de la conquête sans pitié de l’Empire des Incas, violant, exploitant et tuant hommes, femmes, enfants, remplaçant leurs croyances et traditions par les siennes. C’est parce que Blas Valera, témoin direct de ces outrages, voulut faire la lumière sur tous ces crimes auprès du Vatican qu’il fut persécuté par Aquaviva, le général de l’Ordre, puis exilé à Malaga pour y mourir.

Co-écrit par un journaliste et une chercheuse en anthropologie, ayant déjà publié une étude sur le décryptage du langage des quipus incas, inspiré de faits, de documents et de témoignages historiques bien réels, ce roman noir retrace la biographie de Valera et, partant, fait éclater la vérité sur les exactions des conquistadores. Ce faisant, le roman met en scène un habile dialogue entre un prêtre espagnol et un métis nourri aux deux religions, ce dernier mettant en évidence les contradictions des pratiques et croyances religieuses du premier, ou encore les crimes passés, la délation, la duplicité, la cupidité de la Compagnie de Jésus.

Un récit très dur, dès le début, qui, hélas, témoigne de l’incapacité ou le refus de voir en l’autre un égal, dont il est enrichissant d’apprendre à connaitre et à respecter la civilisation, et donc de la facilité à le considérer comme un sauvage dont il peut saccager et piétiner les moeurs et coutumes, exploiter les richesses, et violer et tuer impunément le peuple.

MICCINELLI, Carla, ANIMATO, Carlo. – Nerofumo / trad. de l’italien par Catherine Siné. – Métailié, 2007. – 321 p.. – (Bibliothèque italienne). – ISBN : 978-2-86424-616-9 : 21 €.

L’art égyptien de Christiane Ziegler & Jean-Luc Bovot

25.06
2006

cop. Larousse

A travers son art, à la fonction essentiellement funéraire et religieuse, c’est toute la civilisation de Égypte ancienne qui est déclinée ici en quatre chapitres faciles à appréhender : des origines au temps des pyramides, le Moyen Empire ou l’âge du classicisme, le Nouvel Empire ou le temps des conquêtes, la Basse Époque ou les derniers feux de l’art égyptien. Ce sont ainsi 100 chefs-d’œuvre (pyramides de Saqqara à Mykérinos, temple d’Abou Simbel, statue de Kephren sous la protection du faucon Horus, peintures murales des tombes thébaines, mobilier funéraire de Toutankhamon, trésors,…) que nous invitent à découvrir la directrice du département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre et un archéologue ingénieur d’études attaché à ce même département, de la période de Nagada à l’époque ptolémaïque.
En annexes : chronologie des dynasties, carte, glossaire, bibliographie.

 

Un documentaire de plus sur le sujet, mais pas n’importe lequel puisqu’il s’agit du tout nouveau titre de la collection « Reconnaître et comprendre », dont le sérieux pédagogique et la richesse iconographique sont les gages d’un véritable ouvrage de référence. Aussi ses explications claires et accessibles séduiront autant les férus d’Égypte ancienne que les profanes et tous ceux qui un jour sont partis comme moi, ou partiront, ce guide à la main, admirer ces joyaux in situ ou dans les nombreux musées les exposant, dont ceux du Louvre ou du Caire.

 

ZIEGLER, Christiane, BOVOT, Jean-Luc. – L’art égyptien. – Larousse, 2006. – 143 p. : ill. en coul. ; 25*15 cm. – (Comprendre et reconnaître). – ISBN : 2-03-505559-8 : 15 €.