Mots-clefs ‘religion’

La petite mosquée dans la cité

08.08
2018
cop. Casterman

cop. Casterman

Moussa dirige un cabinet d’architecture. Mais, dès qu’il quitte le bureau, c’est pour prêcher : il est l’imam modéré d’une petite mosquée de quartier. Un jour, la mairie décide de fermer leurs locaux à cause d’un projet de rénovation du quartier. Dès lors, Omar, licencié à cause de l’incompatibilité de ses pratiques religieuses avec sa sociabilité dans l’entreprise, brigue le poste d’imam salarié et politisé, et appelle les fidèles à la construction d’une mosquée avec le soutien du Maroc et de la Ligue Islamique mondiale. Mais les femmes ne sont pas prêtes à perdre leur cours, ni le prêche bilingue arabe-français, des acquis que leurs financeurs pourraient remettre en question…

Ce récit sociologique, fondé sur 10 ans d’enquête auprès d’imams, de fidèles et du ministère de l’intérieur, montre bien les enjeux du lieu de culte pour l’intégration des musulmans dans leur ville et dans la société française. Il met en évidence le bénévolat de ces pratiquants qui se heurtent à l’hostilité des habitants de la ville et la méfiance des RG. Une BD à mettre entre toutes les mains, musulmans et non-musulmans, pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de l’édification d’une mosquée.

JOUANNEAU, Solenne, CONSIGNY, Kim

La petite mosquée dans la cité

Casterman, 2018 (Sociorama)

164 p. : n.b.

EAN13 9782203168220 : 12 €

Dieu point zéro de James / Boris Mirroir

15.04
2018
cop. Fluide glacial

cop. Fluide glacial

 

Deux gars en costume cravate négocient avec un PDG le contrat d’un marché dont ils ont toujours eu le monopole. Hélas leur proposition ne parait plus convaincre le PDG qui reçoit une meilleure offre par téléphone. Dépités, les deux agents commerciaux montent sur le toit du building, quittent leur costume et, retrouvant leur apparence d’anges, s’envolent pour faire leur rapport à Dieu. En contrebas, le billet qu’un client donne à un vendeur de hot-dog fait apparaitre une inscription révélant le nouveau Dieu des hommes : « In Google we trust »…

Première histoire d’une série de 15 gags du même acabit, cet album met en scène Dieu comme un PDG gérant au mieux sa multinationale et son petit personnel, face à la concurrence de Yoda, Vishnou, des témoins de Jéhovah,…

Un album parodique distrayant.

James, Boris Mirroir

Dieu point zéro

Fluide glacial, 2018

47 p. : ill. en coul.

EAN 97823780043 : 10,95 €

 

Reçu en service de presse

 

 

Saru de Daisuke Igarashi

06.05
2015

Saru-01-shogakukanBeau pavé que ce one shot de Daisuke Igarashi. Mais aussitôt entré dans le récit, on n’en ressort d’une traite que 440 pages plus tard. Du manga grand spectacle, avec le réveil de Divinités ancestrales symbolisant le Bien et le Mal, le Yin et le Yang, auparavant canalisées et qui se manifestent alors à Angoulême comme aux quatre coins du monde. Un petit groupe tente d’empêcher la fin du monde promise : une jeune étudiante japonaise, un habitant du Boutan, un prêtre exorciste et une jeune fille possédé…

Si cette histoire mêlant religions et légendes chinoises relatives aux rois Singes ne m’a pas convaincue, tout compte fait, le suspens est là et bien là, le plaisir de lire aussi, le dessin soigné et détaillé. Aussi, amateurs d’ésotérisme, sans aucun doute passerez-vous un bon moment !

 

Magic in the moonlight

04.11
2014

Magic in the moonlight, c’est la dernière comédie sentimentale de Woody Allen. Plus qu’un excellent divertissement, cette fois, il renoue avec une réflexion de fond tangible.

L’histoire

Un magicien célèbre, rationnel, incrédule, athée, et quelque peu misanthrope, relève le défi de l’un de ses confrères et seul ami : rencontrer une jeune médium accompagnée de sa mère impresario pour la démasquer. D’abord intrigué puis subjugué par le monde mystérieux qu’elle lui ouvre, il découvre pour finir qu’il en est en fait tombé amoureux, ce que rien de rationnel ne peut expliquer.

La critique

Magic in the moonlight, c’est d’abord le plaisir des yeux, le cadre somptueux, les costumes, les voitures, le décor de cette haute bourgeoisie, voire aristocratie de la fin des années 20 qui vit sur la Côte d’Azur.

C’est aussi sourire, et même rire de bon coeur lors de nombreuses scènes.

C’est ensuite l’incertitude, et là, lorsque l’on surprend notre homme à prier, Woody Allen fait autant vaciller les certitudes de son personnage principal que celles de ses spectateurs : quoi ? Notre réalisateur athée et cynique, citant Nietzsche, finit donc comme tous les cinéastes vieillissants par devenir mystique lui aussi ? Que nenni ! Nous voilà rassurés, et notre personnage aussi, retrouvant la terre ferme sous ses pieds bien assurés.

Bien que les scènes du bal et de la voiture en panne se gaussent des clichés les plus éculés sur la rencontre amoureuse, c’est enfin un hymne à l’amour, ce filtre magique qui nous fait voir le monde différemment, et nous rend l’être aimé indispensable.

Un beau filtre d’amour, en vérité.

Ida (2013)

12.03
2014

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Scénaristes :
Rebecca Lenkiewicz, Pawel Pawlikowski

 

SYNOPSIS

Pologne, 1962. Quatre jours avant de prononcer ses voeux, Anna, jeune orpheline élevée au couvent, a ordre de rendre visite à sa tante Wanda, le seul membre de sa famille qu’il lui reste. Cette dernière révèle à Anna qu’elle est en fait juive et s’appelle Ida. Ensemble, elles partent revoir la maison où est née la jeune femme, et enquêter sur la mort de ses parents. En chemin, elles prennent Lis en stop. Comme Wanda l’espérait, Ida tombe sous le charme du séduisant jeune saxophoniste. Lorsqu’elles se présentent à la ferme, elles se heurtent au mauvais accueil de l’actuel propriétaire des lieux…

 

CRITIQUE

Nous n’évoquerons ici ni la beauté de la photographie, ni la musique, ni l’esthétisme du noir et blanc, ni le parti pris des cadrages, … mais uniquement, comme d’habitude, le scénario… Qu’en est-il ?

Deux personnages partent ensemble à la recherche de leur passé familial, quitte à déterrer leur pire cauchemar. L’une est la pureté faite jeune nonne, le regard vierge sur le monde, sur les autres et sur elle-même. L’autre, surnommée « Wanda la rouge », juge communiste intransigeante, est une femme seule et indépendante, qui fume, boit plus que de raison et finit ses soirées avec son dernier cavalier ou compagnon de beuverie.

Si les conséquences de la rencontre d’Ida avec Lis peuvent sembler trop prévisibles, de même que sa décision finale, il n’en demeure pas moins que le scénario ne révèle aucune faute de goût.

Ici il ne s’agit pas de montrer du doigt les atrocités nazies au sein des camps de concentration, mais d’exhumer le passé honteux des Polonais, qui ont formé le terreau de ces exactions, et en ont même profité pour leur intérêt personnel, n’hésitant pas à tuer homme, femme et enfant pour les dépouiller.

La question pour ces deux femmes est de savoir non seulement comment survivre, mais aussi comment vivre en sachant ce dont l’homme a pu et peut encore être capable, comment croire encore à l’Humanité ou en Dieu.

Chacune d’elles trouve sa propre réponse, dramatique.

Un bijou d’intelligence.

Qu’est-ce que croire ? de Roger Pouivet

16.09
2013
cop. Vrin

cop. Vrin

Qu’est-ce que croire ? Comment d’abord définir la croyance ? Roger Pouivet rapproche la croyance au sens d’opinion de la DOXA chez les Grecs, qui s’oppose à l’EPISTEME, connaissance ou savoir qui débouche sur la certitude. On se souvient du doute hyperbolique à l’égard de toutes ses croyances dont use Descartes dans ses Méditations métaphysiques pour contrer le Malin Génie ou Dieu trompeur et ainsi atteindre la certitude absolue.

Roget Pouivet remet en question la démarche épistémique de Platon (Théétète) et de Descartes en analysant ici les différentes conceptions philosophiques – déontologique et fiabiliste – qui s’affrontent autour de la croyance. Pour lui, ce sont les vertus intellectuelles la source de garantie de nos croyances et et d’une vie épistémique bonne. Partant, il avance un certain nombre de réponses philosophiques aux questions suivantes : sommes-nous responsables de nos croyances ? Qu’est-ce qu’une vertu intellectuelle ? Les croyances religieuses peuvent-elles être garanties ? Comment peut-on ne pas croire en l’existence de Dieu ? Est-il vrai que le savoir soit ce dont on ne peut pas douter ? Quelle est la valeur épidémique d’un témoignage ? Il achève son essai en commentant deux textes de Thomas Reid – Recherches sur l’entendement humain – et de Ludwig Wittgenstein – De la certitude, se prononçant pour le fiabilisme (analyse psychologique chez Reid, conceptuelle chez Wittgenstein), deux textes montrant que la garantie de nos croyances est fondamentalement liée à la valeur du témoignage et au sens commun.

Un ouvrage de réflexion ouvrant largement sur la question philosophique de la croyance. Une mine d’or  pour ceux et celles qui préparent l’agrégation de philosophie cette année.

 

 

Anges * de Dieter & d’O.G. Boiscommun (2001)

18.05
2011

cop. Les Humanoïdes associés

Dans l’église de Saint-Eustache, les deux anges gardiens Jéliel et Yésod sont censés veiller aux bonnes moeurs de leurs paroissiens, mais préfèrent siroter le vin de messe et se taper quelques hosties. Aussi se font-ils menacer par leur supérieur d’une mutation à Notre-Dame. Qu’à cela ne tienne : il y a bientôt plus préoccupant car le curé semble se comporter de bien curieuse manière, tandis que des démons font leur apparition… Quand le mendiant de l’entrée se suicide, certes une délicieuse angelette naît du défunt, mais les démons semblent avoir aussi de sombres desseins, que nos deux compères vont être seuls à devoir déjouer !

Davantage encore que le scénario tragicomique et l’espièglerie de ces êtres imaginaires, le dessin aux tonalités essentiellement chaudes séduit d’emblée. Sans doute passerez-vous, avec ce premier tome, un bon moment.

DIETER, BOISCOMMUN, Olivier G.. – Anges. – les Humanoïdes associés, 2001. – 55 p. : ill. en coul.. - ISBN-13 : 9782731614657.