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Le dessin *** de Marc-Antoine Mathieu (2001)

22.06
2011

 

cop. Delcourt

Avant d’être enthousiasmée par les cinq tomes des aventures de Julius Corentin Acquefacques (de 1991 à 2004), Mémoire morte ** (2000), Les sous-sols du révolu ** (2006) et Dieu en personne ** (2009), j’avais découvert Le Dessin de Marc-Antoine Mathieu en 2001. Je l’ai relu dernièrement, et il n’a rien perdu de son impact, croyez-moi !

En effet, avec cet album, ce n’est plus l’univers kafkaïen ni celui de Jacques Sternberg (qu’il ne connaît d’ailleurs pas) qui auraient pu l’inspirer, mais celui, davantage mystérieux et métaphysique, de Borges. Excusez du peu !

Jugez plutôt : Emile vient de perdre Edouard, son meilleur ami, peintre lui aussi, qui lui laisse une lettre et la clé d’un garde-meubles, plein d’oeuvres d’art, parmi lesquelles il choisit une petite gravure anodine, qui curieusement l’intrigue. A y regarder de plus près, à la loupe puis au microscope, Emile découvre une infinité de détails dans ce dessin qui le persuade que son ami lui a légué une énigme. Il n’a de cesse de reproduire chacun de ces détails, et d’oeuvre en oeuvre, devient célèbre. Mais le mystère reste insoluble…

Marc-Antoine Mathieu excelle là encore dans le noir et blanc, les personnages anguleux, la mise en abîme et l’effet de surprise. Mais cette fois, il met en exergue le face à face silencieux entre le peintre et le mystérieux dessin, à tel point que dans mon souvenir cette bande dessinée était sans aucune bulle. Erreur, mais du coup, l’effet voulu est atteint. Ici, pas de rencontre, pas d’aventure physique : tout est dans l’introspection et le travail de précision du dessin. Le thème qui ressort le plus de ce scénario, plus que ceux du deuil et de l’amitié, c’est celui du processus artistique, du tâtonnement, de la création : une vraie réussite !

 

Découvrez ici toutes les chroniques de ses BD dans Carnet de SeL.

MATHIEU, Marc-Antoine Mathieu. - Le dessin. –  [Paris]  : Delcourt , 2001.- 43 p.  : ill., couv. ill. en coul.  ; 32 cm. - ISBN 2-84055-785-1 : 82 F

Le monde de Dali ** de Montse Aguer (2010)

24.12
2010

Ce beau livre d’art, richement illustré, met l’accent sur l’appartenance de Dali au mouvement surréaliste malgré leurs dissensions, sur ses muses, Gala succédant à sa soeur, sur ses multiples sources d’inspiration, ses imitations de style, mais aussi sur ses autres talents. On apprend ainsi qu’un camembert coulant aurait inspiré à Dali sa vision des montres molles, et on découvre Dali écrivain, scénariste, scénographe, créateur de décors, de costumes de ballets et de bijoux, illustrateur aux Etats-Unis des Essais de Montaigne ou du Don Quichotte de Cervantes.

Un prix tout à fait abordable pour cet ouvrage complet sur la vie et l’oeuvre de Dali. L’éditeur a pris le parti d’alterner l’information écrite en pleines pages avant de l’illustrer à la suite par de nombreuses reproductions et 24 fac-similés, que l’on découvre à l’intérieur des pochettes – carte d’étudiant de Dali, certificat d’études, dessins, lettres, notes, brouillon, page de manuscrit, catalogue d’exposition,…

Une bonne  idée cadeau pour les amateurs de ce peintre charismatique.

AGUER, Montse. – Le monde de Dali. – Larousse, 2010. – 88 p. : ill. en coul. ;  30 cm + 24 fac-similés de documents. – ISBN 978-2-03-585494-0 : 34,90 €.

Les maîtres de la peinture * de Patricia Fride-Carrassat (2010)

29.10
2010

Diplômée de l’école du Louvre, conférencière des Musées de France et enseignante à l’Académie Carpentier, Patricia Fride-Carrassat passe ici en revue 73 grands maîtres qui ont marqué l’histoire de la peinture, du XIIIe siècle jusqu’en 1965, de Cimabue à Antoni Tapies. Des textes introductifs ouvrent ces six grandes périodes historiques et stylistiques. Puis, en deux, quatre voire six pages, l’auteur brosse à grands traits, pour chacun des peintres, sa biographie, sa démarche et son originalité, ses oeuvres caractéristiques et une bibliographie succincte.

Deux ou trois reproductions d’oeuvres caractéristiques du peintre aèrent quelque peu un texte assez dense, en petits caractères, mais très synthétique et accessible au grand public. Un bon ouvrage pour les néophytes.

FRIDE-CARRASSAT, Patricia. – Les maîtres de la peinture. – Larousse, 2010. – 351 p. ; 25 cm. – (Collection Comprendre Reconnaître). – ISBN 978-2-03-585496-4 : 30 €.
Reçu en service de presse.

Chagall en Russie ** de Joann Sfar (2010)

11.10
2010

Première partie

Marc Chagall ne travaille pas. Il préfère passer ses journées à dessiner la nature qui l’entoure, et les personnes qu’il rencontre. Aussi ne peut-il épouser la jeune fille dont il est amoureux, tant qu’il n’embrasse pas une profession pour plaire à son futur beau-père, et qu’il se montre un peu plus pratiquant au sein de la communauté juive. Qu’à cela ne tienne : alors que tout autour de lui n’est que tourmente, guerre et pratiques religieuses,  il rêve de personnages volants, de chèvre et d’un plafond à peindre, celui de l’Opéra de Paris.

Il faut avoir le culot de Joann Sfar pour oser inventer la jeunesse en Russie de Marc Chagall, grande figure juive du début du 20e siècle, dans un univers fantasmatique truffé de clins d’oeil et de symboles.  Un violoniste klezmer, qui se proclame Jésus, se fait battre à mort par tous ceux à qui il l’annonce, et veut offrir son corps Ce grand benêt, par exemple, sanguinaire, n’est autre que le Golem. Entouré par des personnages fous, violents, obscènes parfois (p. 59), le jeune héros Marc Chagall est sauvé par sa capacité à voir le monde et les gens tels qu’il les dessine, tel ce Golem qu’il modèle non pas avec de la boue mais avec son coup de crayon. Joann Sfar traite donc une fois de plus des thèmes qui lui sont chers : la créativité bien sûr et l’identité juive.

Un souffle poétique traverse cette bande dessinée tout à fait originale, celui de l’artiste survivant grâce à son art et à son imaginaire dans un monde cruel.

Couleurs de Brigitte Findakly. – Gallimard, 2010. – 61 p. : ill. en coul. ; 42 cm. – ISBN 978-2-07-062825-4 : 13,90 euros.

Les enfants de l’envie ** de Gabrielle Piquet (2010)

03.10
2010

Basile est obsédé par les Etats-Unis et New-York, à tel point qu’il ne peint que cela, alors qu’il n’y a jamais mis les pieds. Sa mère, elle, s’adonne toute entière au piano. Depuis longtemps, ils se reprochent mutuellement leur obsession. Celle-ci n’est pas le fruit du hasard, elle s’explique par l’absence du père américain, Henry, soldat à la base américaine implantée près de la ville à la libération, que n’a jamais connu Basile, qui, après avoir fait les Beaux-Arts à Paris, est rentré à Laon, sans y trouver l’âme soeur. Le maire décide alors pour la Thanksgiving d’inviter à Laon les anciens vétérans américains…

Cette histoire de quête des origines permet également de rappeler l’importance que les Américains ont eu après des Français dans l’immédiat après-guerre. Entre symbole de réussite et réalité, le récit va faire le tri, pour révéler des drames familiaux. Le trait fin et délicat, tout en rondeur et douceur, où seuls le père et le fils prennent un peu plus de consistance dans ce dessin en noir et blanc, sert un roman graphique à l’histoire subtile et émouvante.

Casterman écritures, 2010. – 198 p. : ill. n.b. ; 24 cm. – ISBN 978-2-203-02217-1 : 14,95 euros.

L’art abstrait

08.07
2010

 

cop. Larousse

 

Bon nombre de préjugés et d’a priori sont véhiculés sur l’art abstrait, hermétique pour beaucoup au premier regard, car refusant le mimétisme et réfléchissant sur son contexte (l’espace, la matière la texture, le geste) et sur lui-même. Kandinsky le premier cherchera, en combinant simplement lignes, formes et couleurs, non plus à reproduire un objet réel mais plutôt à retranscrire une émotion, même musicale. Bien d’autres suivront, chacun affirmant son style, inimitable car hautement identifiable, tels que le carré blanc sur fond blanc de Malevitch ou le dripping de Pollock.

Après avoir proposé sa définition de l’art abstrait, Laure-Caroline Semmer passe en revue plus ou moins rapidement, dans leur ordre chronologique, les principaux artistes abstraits et leurs œuvres.

Un outil idéal pour appréhender l’art abstrait, à lire chez soi à tête reposée, mais aussi à emporter à chaque visite d’exposition permanente ou temporaire.

 

Beaucoup aimé

SEMMER, Laure-Caroline. – L’art abstrait. – Larousse, 2010. – 167 p. : ill. en coul. – (Comprendre Reconnaître). – ISBN 978-2-03-584335-7 : 23 €.

 

Le dialogue des arts de Gérard Denizeau

17.06
2008

 

cop. Larousse

On n’a pas oublié les correspondances de Baudelaire : Gérard Denizeau l’imite en ceci qu’il s’attache au moyen d’oeuvres – phare, du Moyen-Âge à nos jours, à montrer combien les différents arts se font écho au sein d’un même mouvement artistique.

Un véritable voyage visuel que cet ouvrage de référence, qui nous invite à réécouter, relire ou revoir des chefs-d’oeuvre littéraires, musicaux, picturaux, cinématographiques, etc… pour en saisir la résonnance et l’influence dans une époque donnée.

Pas assez précis pour les amateurs déjà éclairés, il intéressera essentiellement le grand public néophyte.

DENIZEAU, Gérard. - Le dialogue des arts. – Larousse, 2008. – 239 p.. – (Comprendre et reconnaître). – ISBN 978-203-583669-4 : 29 €.