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Revoir Paris : tome 2 de Schuiten et Peeters

25.01
2017

9782203097261Arrivée sur Terre, abandonnant ses congénères âgés, Kârinh taille sa route seule, pour rejoindre Paris. Soupçonnée d’être envoyée en mission cachée par l’Arche, Kârinh finit par être sauvée par Mathias Binger, qui lui ouvre les portes du vieux Paris, musée pour touristes fortunés protégé par un dôme de verre. Kârinh retrouve alors son père…

Ce deuxième et dernier tome de Revoir Paris pêche un peu au niveau du scénario, bien faible par rapport à ce à quoi Benoit Peeters nous avait habitués. On suit les désillusions de Kârinh et la curiosité amoureuse de Mathias, sans creuser ces deus ex machina de dissidents dans la sphère. Mais, heureusement, les dessins réalistes de François Schuiten restent éblouissants. Je ne bouderai pas le plaisir que j’ai tout de même eu à lire ces deux tomes, mais je reste sur ma faim, une fin ouverte d’ailleurs.

SCHUITEN, François, PEETERS, Benoit. – Revoir Paris : tome 2. – Casterman, 2016. – 63 p. : ill. et couv. en coul. ; 32 cm. – (Univers d’auteurs). – EAN13 978-2-203-09726-1 : 17 €.

Louise Michel : la Vierge rouge de M. & B. Talbot

23.11
2016
cop. Vuibert

cop. Vuibert

La biographie de Louise Michel m’est pour le moins familière, m’étant intéressée de près à cette figure féministe et anarchiste de la Commune, au point de vouloir en écrire le biopic. Le même mois où je découvre que La Danseuse, biopic de Loïe Fuller sur lequel je travaillais, était portée au grand écran, j’aperçois donc cette bande dessinée publiée en dehors du circuit des grands éditeurs, fruit du travail d’un couple de britanniques. C’est ce qu’on appelle l’herbe coupée sous le pied, par deux fois.

Priorité a été donnée ici à son action pendant la Commune, et à son parti pris contre les injustices sociales partout où elle va, à Paris comme en Guyane. Coup de projecteur pertinent, mais qui ne met du coup pas en lumière toutes ses autres activités du quotidien, d’éducation et de transmission notamment. De même, le dessin de Monique est simplifié à l’extrême : pourquoi ? Choix a également été fait de faire ressortir le rouge du noir et blanc, qui éclate parfois sur les planches. Bref j’ai bien aimé mais regretté que le scénario ne nous semble qu’effleurer le personnage, comme s’il restait à distance, sans vraiment lui donner corps, nous le faire connaître, nous faire entrer en lui en nous faisant partager ses émotions et sa vie.

Les naufragés du Métropolitain : 1. Les rats de Saint-Eloi

08.06
2016
cop. Grand Angle

cop. Grand Angle

 

Paris, au début de la grande crue de la Seine en 1910. Orpheline, Louise travaille chez son père adoptif, Monsieur Morchard, joaillier de la Place Vendôme. Tous deux se montrent indulgents envers l’attitude rebelle du jeune apprenti Valentin. Mais, tandis que l’inspecteur Delaroche vole au secours de Louise sous une fausse identité, la tirant d’un mauvais pas dans le Métropolitain, Valentin se laisse entrainer par Le Fennec, qui le pousse au vol et au meurtre de son patron…

Dans le Paris de la Belle Epoque, Patrice Ordas imagine une affaire policière autour d’une joaillerie de la place Vendôme, avec d’un côté les méchants, petite bande pseudo-anarchiste qui tue le bourgeois comme s’il se fût agi d’une mouche, de l’autre un gentleman justicier, et au coeur de tout ceci deux orphelins de la vie, une bonne petite jeune fille et un adolescent attiré par l’aventure et la facilité. Les personnages pour l’instant semblent sans surprise, et sans grand enjeu. Malgré tout, on est curieux de connaître la suite et de voir si l’histoire peut nous révéler des rebondissements inattendus ou aller droit vers un happy end. Nathalie Berr fait le choix de mettre davantage l’accent sur ses personnages, sur leurs actions et expressions, que sur le décor qui apparait comme en arrière-fond. Je pense me laisser tenter par le second tome qui devrait sortir ce mois-ci.

 

Revoir Paris de Schuiten & Peeters

17.12
2014
cop. Casterman

cop. Casterman

Bien qu’elle soit née dans l’Arche, une colonie spatiale regroupant d’anciens Terriens et leurs descendants, Kârinh est obsédée par la ville de Paris, dont elle a une connaissance toute livresque. Sélectionnée pour commander une expédition vers la Terre avec pour tous compagnons quinze vieillards en hibernation, elle entame ce voyage dans l’espace et vers ses racines en se projetant dans le vieux Paris de ses rêves grâce à des stupéfiants…

Oscillant entre un vieux Paris fantasmé rappelant celui des Cités obscures et un étrange univers futuriste où va se dresser le Paris du XXIIe siècle, Schuiten et Peeters nous proposent ici un hommage à la Ville-lumière, à travers les thèmes de l’identité, de l’immigration et de l’écrit comme mémoire fragmentée. Ce premier tome nous laisse sur notre faim. Alors à suivre…

A ne pas manquer leur exposition éponyme jusqu’à mars 2015 à la Cité de l’architecture et du patrimoine.

SCHUITEN, François, PEETERS, Benoit. – Revoir Paris : tome 1. – Casterman, 2014. – 63 p. : ill. et couv. en coul. ; 32 cm. – (Univers d’auteurs). – EAN13 978-2-203-04327-5 : 15 €.

Guimard perdu : histoire d’une méprise de JP Lyonnet

22.08
2014
cop. éditions Alternatives

cop. éditions Alternatives

Comparable à l’oeuvre d’Horta à Bruxelles ou de Gaudi à Barcelone, l’oeuvre d’Hector-Germain Guimard fut pourtant presque totalement détruite, son mobilier, sa correspondance aussi, et même parfois quelques années seulement après qu’il l’ait bâtie (la salle Humbert de Romans). Après avoir livré aux flammes sa correspondance et ses dessins, un plan de destruction systématique de ses fameuses entrées de métro commence même à être exécuté : la station Bastille, qui serait certainement aujourd’hui autant admirée que celle d’Otto Wagner à Vienne, est abattue à coups de masse. Si ce n’est pas la Compagnie des chemins de fer, ce sont les promoteurs qui massacrent ses chefs-d’oeuvres pour y ériger leurs immeubles ou pavillons : ainsi en est fini de l’Hotel Nozal en 1958, du Castel Henriette en 1969, dont nous gardons quelques images dans le film de Clive Donner Quoi de neuf, Pussycat ?

Sur ses 53 créations architecturales, la moitié a été anéantie… Cet ouvrage tente de remédier à ces destructions par sa richesse iconographique, présentant, quand elles existent, les photographies anciennes des magnifiques castels et autres constructions que nous n’aurons plus jamais l’occasion de voir. Un bel hommage.

Unknown

La station Etoile détruite en 1926 par la RATP

lecastelhenriette

Le Castel Henriette détruit en 1969 par un promoteur immobilier

La Villa Surprise à Cabourg détruite en partie par l'occupant allemand puis achevée par un promoteur immobilier.

La Villa Surprise à Cabourg détruite en partie par l’occupant allemand puis achevée par un promoteur immobilier.

La salle Humbert de Romans

La salle Humbert de Romans remplacée en 1909 par un terrain de tennis

 

Hôtel Nozal détruit en 1957 par un promoteur immobilier

Hôtel Nozal détruit en 1957 par un promoteur immobilier

Guimard : l’art nouveau du métro

28.03
2014
éd. La vie du rail

éd. La vie du rail

 

Allez voir ou repassez devant les stations de métro « Porte Dauphine » ou « Abbesses ». Ne vous êtes-vous jamais dit que certaines stations ressemblaient à des brins de muguet et d’autres, appelées édicules, à des libellules aux ailes déployées ? Ces entrées de métro que le monde entier nous envient sont, autant que la Tour Eiffel, l’une des spécificités de Paris datant de la Belle Epoque. Son auteur ? L’architecte Hector-Germain Guimard qui travailla pour la RATP, qui se nommait alors la Compagnie du Métropolitain de Paris, seulement de 1900 à 1903. Et encore, hélas, de nombreuses entrées furent depuis démontées ou détruites, comme d’ailleurs la majorité de son oeuvre, ainsi la salle de concert Humbert de Romans ou le Castel Henriette à Sèvres.

Après la lecture de cet ouvrage, ces extraordinaires entrées de métro, entourages, édicules et pavillons, n’auront plus de secret pour vous : chronologie, historique, techniques, matériaux, plans, reproductions industrielles, inspirations, éloges des surréalistes ou rejets des contemporains, tout y est. La richesse iconographique est de taille. Un superbe ouvrage.

 

Guimard : L’Art nouveau du métro / Frédéric Descouturelle, André Mignard, Michel Rodriguez. Paris : Edition La Vie du Rail, 2012. – 231 p. : ill. en coul. ; 22 cm x 27 cm. – EAN13 978-2-918758-49-5 : 30 €.

Mucha : la collection Ivan Lendle

31.08
2012

 

Cop. Syros Alternatives

On se souvient d’Ivan Lendl comme étant un grand joueur de tennis tchèque de renommée internationale. Mais sait-on qu’il est aussi le plus grand collectionneur des plus belles oeuvres de Mucha (1860-1939), son compatriote ? Cet ouvrage présente l’intégralité de sa collection de panneaux, d’affiches et de calendriers qu’accueillit en 1988 le musée de l’Affiche et de la Publicité.

En l’occurrence, Alfons Mucha répondit à de nombreuses commandes publicitaires, les plus fameuses restant celles qu’il consacra aux pièces de théâtre de Sarah Bernhardt, et qui le firent connaitre (la pièce Gismonda la première). Sa manière de dépeindre de séduisantes figures féminines ou symboliques, surmontées d’une auréole,et d’intégrer la nature dans le décor, appelée le style Mucha, donne le ton à l’Art nouveau. Par le biais de chaque affiche, de chaque produit publicitaire, Mucha souhaitait que n’importe quel Parisien puisse admirer cette forme d’art appliqué, et qu’il puisse emporter une reproduction chez lui.

 

La dame aux camélias

Médée

Au fil des pages de cet ouvrage que vous ne trouverez plus que chez les bouquinistes, voici les oeuvres qui m’ont particulièrement plues :

- La Dame aux camélias

- Médée

- Flirt

- les couvercles de boîte Lefèvre-Utile

- Nestlé’s food for infants

- le Chocolat idéal et le chocolat Suchard

- Rhum Fox-land

- Bières de la Meuse

- Cassan fils imprimerie

 

Flirt et Champagne

Bières de la Meuse

- le lance-parfum « Rodo »

- la plume

- l’émeraude

 

et surtout :

- Eté

- la danse

Rêverie du soir

- les étoiles

 

 

Lu dans le cadre du challenge La Belle Epoque, dont le logo représente justement un numéro exceptionnel de la revue Plume consacré à Mucha.

Challenge La Belle Epoque