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Le Code Voynich *

18.01
2006

Le manuscrit le plus mystérieux au monde

Supercherie datant du XVIe siècle ? Construction imaginaire d’un rêveur ? Thèse d’astrologie ? Traité de gynécologie pour initiés ? Quel secret renferme ce manuscrit si mystérieux ?

Jamais, avant qu’on ne me l’offre, je n’avais eu connaissance de l’existence de ce magnifique manuscrit, étrange parce qu’indéchiffrable, conservé précieusement à la Beinecke Rare Book and Manuscript Library de l’Université de Yale. Or, à ce jour, personne n’a pu lire ce manuscrit sans titre ni auteur : les spécialistes les plus éminents s’y sont cassé les dents. Cela paraît tout simplement incroyable, en ce début du XXIe siècle, de savoir que, comme un temps les hiéroglyphes, ce manuscrit attend lui aussi son Champollion… ou ne l’a  jamais attendu.  C’est là tout le nœud du mystère car précisément personne  n’y est parvenu… Serait-ce vraiment une langue artificielle, une forme de communication écrite entre au moins deux personnes ? Y a-t-il  vraiment un code qui permettrait de la traduire ?

C’est ce que cherche à savoir l’éditeur, Jean-Claude Gawsewitch, en osant publier cet énorme volume, magnifiquement illustré, assez coûteux… qui ne peut se lire, mais qui, grâce à la numérisation tant attendue du manuscrit par notre éditeur optimiste, peut à présent être mis à la disposition non plus simplement d’un noyau de spécialistes montrant patte blanche à la bibliothèque, mais de tout lecteur prêt à se lancer dans son décryptage.

Un livre magnifique donc car reproduisant intégralement un manuscrit enluminé, mais illisible, forcément (il ne faut pas se leurrer : lectrice lamba comme beaucoup, je ne nourris pas l’ambition de réussir là où les plus grands chercheurs ont échoué !), que l’on parcourt, partagé entre la curiosité, le scepticisme et l’émerveillement. Des pages 43 à 160, c’est un herbier fabuleux que l’on découvre, composé de plantes aux tubercules énormes et aux formes inconnues, avec ça et là, ce qui semblerait être des commentaires. Des pages 160 à 204, on feuillette ce qui semblent être des représentations astrologiques couplées à des dessins de femmes nues, se baignant fréquemment. Dans les 30 dernières pages, les plantes ressurgissent, avec cette fois un texte prépondérant, qui, à la fin, noircit plusieurs pages de cette écriture ronde, régulière, soignée et indéchiffrable. Alors quoi ? Quelle serait mon interprétation ? Franchement, j’aurais cru à une supercherie de l’éditeur, à un gros canular, si ce dernier n’avait pas eu la présence d’esprit de demander au journaliste du Monde qui le premier avait éveillé sa propre curiosité, d’introduire ce manuscrit.
Cette introduction, à elle seule, rend d’ailleurs l’existence de ce manuscrit encore plus fantastique et le pare de mystères. Car la découverte en soi de ce manuscrit est on ne peut plus romanesque, énigmatique et tragique à souhait et pourrait donner lieu, si elle ne l’a pas quelque peu inspiré, à un nouveau Roman de la Rose. Je vous laisse donc le soin de la lire.

Quant au manuscrit lui-même, j’avance quelques hypothèses personnelles. Ce serait :
- l’œuvre d’un illuminé qui se serait diverti en inventant une écriture sans objet si ce n’est ornemental, en imaginant des plantes nouvelles, des cycles de vies et de destins, en se laissant aller à quelques dessins de femme dénudées se baignant dans d’étranges instruments phalliques, une sorte de harem aquatique.
- le brouillon d’une première œuvre de science-fiction ?
- un cercle de scientifiques redoutant les foudres de l’Église qui aurait utilisé un langage connu d’eux seuls qu’ils ne pouvaient lire que par l’intermédiaire d’un code et d’un miroir : ils auraient cherché comment la femme, comme une plante ses grappes de fruits ou de légumes, pouvait faire germer en elle son enfant, ou encore, à quoi ressemblait l’appareil génital féminin, et quel cycle du jour, du mois, de l’année, selon les astres, le zodiaque, pouvait favoriser les naissances nées sous les meilleures auspices.
- et vous ?
Vous voyez. Chacun peut y aller de son interprétation fantaisiste. La postérité peut-être en confirmera l’une d’entre elles…

Présentation de l’éditeur :

« Le manuscrit Voynich, du nom de l’Anglais (sic-du Polonais) qui le dénicha dans une bibliothèque italienne en 1912, est un ouvrage écrit dans un alphabet et une langue inconnus. Accompagné de dessins mystérieux, le texte a été analysé par des scientifiques, linguistes et spécialistes en cryptologie, en vain. Alors que commence le troisième millénaire, ces pages restent une incroyable énigme. Traité sur un élixir de vie ? Récit d’une ancienne guerre oubliée ? Manuel liturgique cathare ? Théorèmes mathématiques d’un moine franciscain de génie ? Telles sont les quelques-unes des nombreuses solutions proposées. Le Code Voynich présente, pour la première fois, l’intégrale des pages conservées à la Beinecke Rare Book and Manuscript Library de l’Université de Yale, aux Etats-Unis. Le lecteur, qu’il soit spécialiste en linguistique, informaticien, amateur d’art ou simple curieux, va pouvoir se livrer à un passionnant exercice de déduction.
Le Code Voynich est introduit par un texte de Pierre Barthélémy, journaliste spécialisé dans le domaine des sciences. Il retrace le contexte dans lequel s’inscrivent le manuscrit, les personnages et les événements historiques et propose quelques-unes des « théories » que des scientifiques ou des amateurs ont avancées.
Beau livre merveilleusement illustré, Le Code Voynich est un témoignage historique incroyable et une fabuleuse énigme offerte à la sagacité de tous. »

Le Code Voynich / introd. par Pierre Barthélémy. – 239 p. : ill. en coul.; 27*31 cm. – ISBN : 2-35013-022-3 : 55 €.

Webographie :
http://www.voynich.nu/
http://voynich.free.fr/
http://animulavagula.hautetfort.com/archive/2005/11/01/le-code-voynich.html
http://www.evene.fr/livres/livre/anonyme-le-code-voynich-16309.php
http://www.historia.presse.fr/data/mag/709/70909201.html
http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=5&ida=6596
http://www.crystalinks.com/voynich.html

 

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