Mots-clefs ‘Ludwig Wittgenstein’

Qu’est-ce que croire ? de Roger Pouivet

16.09
2013
cop. Vrin

cop. Vrin

Qu’est-ce que croire ? Comment d’abord définir la croyance ? Roger Pouivet rapproche la croyance au sens d’opinion de la DOXA chez les Grecs, qui s’oppose à l’EPISTEME, connaissance ou savoir qui débouche sur la certitude. On se souvient du doute hyperbolique à l’égard de toutes ses croyances dont use Descartes dans ses Méditations métaphysiques pour contrer le Malin Génie ou Dieu trompeur et ainsi atteindre la certitude absolue.

Roget Pouivet remet en question la démarche épistémique de Platon (Théétète) et de Descartes en analysant ici les différentes conceptions philosophiques – déontologique et fiabiliste – qui s’affrontent autour de la croyance. Pour lui, ce sont les vertus intellectuelles la source de garantie de nos croyances et et d’une vie épistémique bonne. Partant, il avance un certain nombre de réponses philosophiques aux questions suivantes : sommes-nous responsables de nos croyances ? Qu’est-ce qu’une vertu intellectuelle ? Les croyances religieuses peuvent-elles être garanties ? Comment peut-on ne pas croire en l’existence de Dieu ? Est-il vrai que le savoir soit ce dont on ne peut pas douter ? Quelle est la valeur épidémique d’un témoignage ? Il achève son essai en commentant deux textes de Thomas Reid – Recherches sur l’entendement humain – et de Ludwig Wittgenstein – De la certitude, se prononçant pour le fiabilisme (analyse psychologique chez Reid, conceptuelle chez Wittgenstein), deux textes montrant que la garantie de nos croyances est fondamentalement liée à la valeur du témoignage et au sens commun.

Un ouvrage de réflexion ouvrant largement sur la question philosophique de la croyance. Une mine d’or  pour ceux et celles qui préparent l’agrégation de philosophie cette année.

 

 

De la lecture selon Walter Benjamin et Ludwig Wittgenstein de Siegfried Plümper-Hüttenbrink (2006)

05.09
2007

« J’emploie le mot « lecture » en songeant au singulier spectacle qu’offre un homme dans une chambre, reclus en compagnie d’un livre, et qui lirait bouche bée sans articuler un mot.

Sorte de rumination muette et intime qui ferait du corps d’un lecteur un gisant, un poids mort, à ainsi persévérer dans son inertie.
Saint-Augustin rapporte cet événement dans ses Confessions, à propos de Saint-Ambroise, évêque de Milan. Dans les premiers temps de l’Antiquité, la lecture se faisait de vive voix et en commun – oecuméniquement pour ainsi dire, de bouche à oreille – parce qu’il n’y avait dans les livres de l’époque ni signes de  ponctuation, ni intervalles entre les mots. Tomber dès lors sur un lecteur isolé et muet, tenu en quelque sorte au silence sur ce qu’il lisait, devait probablement être un spectacle des plus ambigus, proche du confessionnal… » (Incipit)

 

Qu’est-ce que lire ? L’auteur en une prose poétique nous donne sa vision fragmentée de la lecture et du lecteur, avant de nous proposer celle de Walter Benjamin. Il se demande pour finir comment lire Ludwig Wittgenstein :  »Assis ? Debout ? Couché ? Ou encore en prenant un bain ? » Plus sérieusement ensuite, lentement pour commencer…

La Main courante, 2006.
41 pages.
ISBN : 2-913919-30-8 : 13 €.