Mots-clefs ‘La Belle Epoque’

Guimard : l’art nouveau du métro

28.03
2014
éd. La vie du rail

éd. La vie du rail

 

Allez voir ou repassez devant les stations de métro « Porte Dauphine » ou « Abbesses ». Ne vous êtes-vous jamais dit que certaines stations ressemblaient à des brins de muguet et d’autres, appelées édicules, à des libellules aux ailes déployées ? Ces entrées de métro que le monde entier nous envient sont, autant que la Tour Eiffel, l’une des spécificités de Paris datant de la Belle Epoque. Son auteur ? L’architecte Hector-Germain Guimard qui travailla pour la RATP, qui se nommait alors la Compagnie du Métropolitain de Paris, seulement de 1900 à 1903. Et encore, hélas, de nombreuses entrées furent depuis démontées ou détruites, comme d’ailleurs la majorité de son oeuvre, ainsi la salle de concert Humbert de Romans ou le Castel Henriette à Sèvres.

Après la lecture de cet ouvrage, ces extraordinaires entrées de métro, entourages, édicules et pavillons, n’auront plus de secret pour vous : chronologie, historique, techniques, matériaux, plans, reproductions industrielles, inspirations, éloges des surréalistes ou rejets des contemporains, tout y est. La richesse iconographique est de taille. Un superbe ouvrage.

 

Guimard : L’Art nouveau du métro / Frédéric Descouturelle, André Mignard, Michel Rodriguez. Paris : Edition La Vie du Rail, 2012. – 231 p. : ill. en coul. ; 22 cm x 27 cm. – EAN13 978-2-918758-49-5 : 30 €.

Hector Guimard de G. Vigne & F. Ferré

07.02
2014
cop. éditions Charles Moreau

cop. éditions Charles Moreau

Hector Guimard fut l’un des plus grands architectes Art nouveau (avec Victor Horta et Antoni Gaudi) dont il fut le représentant principal à Paris. A lui seul, il crée un mouvement éphémère, controversé et d’autant plus fragile qu’il est soutenu par une clientèle neuve, issue de la petite et moyenne bourgeoisie (petits boutiquiers, industriels). Hector Guimard rejette très tôt toute référence naturaliste, ne gardant plus de la plante que l’énergie des tiges et des lianes, contrairement à Emile Gallé, Louis Majorelle et ses confrères architectes. Ses principes : logique, harmonie, sentiment. Sa clientèle conditionne complètement sa créativité.

Le Castel Béranger (1898) marque incontestablement le point de départ de sa notoriété, un tournant remarquable dans sa recherche artistique. Guimard, qui signe ses oeuvres par « architecte d’art », ou par  » le style Guimard », s’attire des critiques, voire un silence désapprobateur.
On connait surtout de lui ses magnifiques entrées du Métropolitain, dont les plus originales furent détruites. Le Castel d’Orgeval, véritable sculpture architecturale, est l’une de ses dernières oeuvres en 1905 où il exprime son exubérance. Il s’oriente vers une architecture résolument classique et plus sobre à partir de 1907.

Il ne reste aujourd’hui que très peu de ses oeuvres. La plupart, n’ayant pas été protégées, ont été détruites, tel le superbe Castel Henriette ou la villa La Surprise à Cabourg. Vous pouvez les localiser très facilement dans le 16e arrondissement de Paris, dans sa banlieue, à Lille et en Normandie ici.

Un magnifique ouvrage, très complet, à l’iconographie abondante, pour tous les amateurs d’Art nouveau.

 

Bruges-la-Morte de Georges Rodenbach

03.03
2013

cop. GF-Flammarion

 

Veuf inconsolable, Hugues Viane, ne pouvant s’ôter la vie par croyance catholique, aspire à un « silence infini » et à une « existence si monotone qu’elle ne lui donnerait presque plus la sensation de vivre. » Il choisit ainsi de s’installer au Quai du Rosaire à Bruges, prenant à son service une vieille dévote, et rendant hommage chaque jour à la défunte dans le salon en contemplant ses reliques, notamment la tresse d’or qu’il a conservé d’elle dans un coffret de verre sur un piano. Un soir où il sort de Notre-Dame, Hugues croise une jeune inconnue qui ressemble de façon frappante à son épouse morte…

Ce n’est pas tant Hugues Viane le protagoniste de ce roman symboliste que la ville flamande de Bruges, ainsi que le signale Georges Rodenbach, écrivain belge d’expression française (1855-1898) dans son avertissement :

« Dans cette étude passionnelle, nous avons voulu aussi et principalement évoquer une Ville, la Ville comme un personnage essentiel, associé aux états d’âme, qui conseille, dissuade, détermine à agir.
Ainsi, dans la réalité, cette Bruges, qu’il nous a plu d’élire, apparaît presque humaine… Un ascendant s’établit d’elle sur ceux qui y séjournent. Elle les façonne selon ses sites et ses cloches.
Voilà ce que nous avons souhaité de suggérer : la Ville orientant une action ; ses paysages urbains, non plus seulement comme des toiles de fond, comme des thèmes descriptifs un peu arbitrairement choisis, mais liés à l’événement même du livre.
C’est pourquoi il importe, puisque ces décors de Bruges collaborent aux péripéties, de les reproduire également ici, intercalés entre les pages : quais, rues désertes, vieilles demeures, canaux, béguinage, églises, orfèvrerie du culte, beffroi, afin que ceux qui nous liront subissent aussi la présence et l’influence de la Ville, éprouvent la contagion des eaux mieux voisines, sentent à leur tour l’ombre des hautes tours allongée sur le texte. »

Challenge La Belle Epoque

Bien avant la nouvelle Mort à Venise (1912) de Thomas Mann, autre histoire de désir de mort étroitement lié au motif du paysage urbain, Georges Rodenbach s’inspire de l’atmosphère d’une ville parsemée de canaux crépusculaires pour imaginer un drame qui tient en quelques lignes, revisitant le mythe d’Ophélie à la chevelure préraphaélite (illustrant la couverture de « ce drame de passion réfléchi dans l’eau tranquille » qu’admirait Alphonse Daudet) mais surtout celui d’Orphée et d’Eurydice. Ce faisant, alors que le récit est d’abord publié en feuilleton dans les colonnes du Figaro du 4 au 14 février 1892, il ajoute deux chapitres pour l’étoffer un peu et surtout trente-cinq photographies, sur les « belles pages », non scénarisées, vides de toute âme, dans le dessein d’obtenir suffisamment de pages pour une publication en volume, la même année, chez Flammarion. Ce faisant, il publie le premier récit – photo, dont l’intérêt expérimental ne parait pas évident pour ses contemporains.

Si la mort de Jane parait bien soudaine, c’est avant de songer au récit dans sa globalité qui ne pouvait souffrir d’autre fin, ni d’autre transgression poussant au meurtre du double. Aussi, si l’intrigue parait bien mince, c’est qu’elle n’est que le prétexte à l’écriture poétique. En effet, entamer la lecture de ce roman symboliste est une vraie réjouissance tant il s’agit bel et bien d’un poème en prose, écrit divinement bien. Vous ne pourrez pas rester insensible à la beauté du langage poétique de ce roman qui multiplie les références, répondant à l’idéal symboliste, dans la lignée de A rebours de Huysmans (1884), à savoir une intrigue réduite à l’essentiel, proche du fantastique, avec le thème du double et de la transgression (à rapprocher aussi de l’Eve future de Villiers-de-l’isle-adam), voulant rompre avec le réalisme de Zola, ses fresques historiques et sociales, et ses portraits pléthoriques et réalistes. Un classique à découvrir, dans le cadre de mon challenge « La Belle Epoque ».

 

Vous pouvez lire gratuitement Bruges-la-Morte sur votre écran en le téléchargement ici.

 

 

 

Mucha : la collection Ivan Lendle

31.08
2012

 

Cop. Syros Alternatives

On se souvient d’Ivan Lendl comme étant un grand joueur de tennis tchèque de renommée internationale. Mais sait-on qu’il est aussi le plus grand collectionneur des plus belles oeuvres de Mucha (1860-1939), son compatriote ? Cet ouvrage présente l’intégralité de sa collection de panneaux, d’affiches et de calendriers qu’accueillit en 1988 le musée de l’Affiche et de la Publicité.

En l’occurrence, Alfons Mucha répondit à de nombreuses commandes publicitaires, les plus fameuses restant celles qu’il consacra aux pièces de théâtre de Sarah Bernhardt, et qui le firent connaitre (la pièce Gismonda la première). Sa manière de dépeindre de séduisantes figures féminines ou symboliques, surmontées d’une auréole,et d’intégrer la nature dans le décor, appelée le style Mucha, donne le ton à l’Art nouveau. Par le biais de chaque affiche, de chaque produit publicitaire, Mucha souhaitait que n’importe quel Parisien puisse admirer cette forme d’art appliqué, et qu’il puisse emporter une reproduction chez lui.

 

La dame aux camélias

Médée

Au fil des pages de cet ouvrage que vous ne trouverez plus que chez les bouquinistes, voici les oeuvres qui m’ont particulièrement plues :

- La Dame aux camélias

- Médée

- Flirt

- les couvercles de boîte Lefèvre-Utile

- Nestlé’s food for infants

- le Chocolat idéal et le chocolat Suchard

- Rhum Fox-land

- Bières de la Meuse

- Cassan fils imprimerie

 

Flirt et Champagne

Bières de la Meuse

- le lance-parfum « Rodo »

- la plume

- l’émeraude

 

et surtout :

- Eté

- la danse

Rêverie du soir

- les étoiles

 

 

Lu dans le cadre du challenge La Belle Epoque, dont le logo représente justement un numéro exceptionnel de la revue Plume consacré à Mucha.

Challenge La Belle Epoque

Loïe Fuller, danseuse de la Belle Epoque

11.05
2012

 

cop. Hermann Danse

Il fallait bien cela, 680 pages, pour faire découvrir une carrière aussi foisonnante que celle de Loïe Fuller (1862-1928), dont les performances en solo visaient à éblouir le regard par le spectacle d’un corps quasi-virtuel, agrandi par d’immenses voiles tenus par de grands bâtons, une forme lumineuse et immatérielle évoluant au-delà de toute loi de l’équilibre ou force de gravité. Avec sa gestuelle sans rupture et sans changement abrupts, ses transformations continues, son corps ne se voulait plus au centre de l’attention, mais devenait uniquement un médium artistique, un élément moteur qui disparaissait sous la forme désirée. Tout en exaltant le monde de la nature, la ligne courbe, les formes organiques (sa Danse du Lys), cette pionnière de la danse moderne, qui a fait découvrir Isadora Duncan, a mis en relation directe la science et l’art, en s’appropriant les dernières découvertes scientifiques, afin de les transposer aussitôt. Elle a été ainsi la première à introduire l’artifice afin d’ouvrir la danse à la modernité du multimédia.

Née en 1862 à -30° en Amérique, Loïe Fuller se produit dès l’âge de 4 ans, mais commence officiellement sa carrière à l’âge de 12 ans. Faisant d’abord de la pantomime, elle entreprend à partir de 1983, incitée par un acteur écossais de sa troupe avec lequel elle a une relation, une carrière de danseuse. Sensible aux revendications féministes, elle s’écarte à grands pas de la rigueur puritaine de son éducation, danse alors sans collant et dans une tenue quasi-transparente, ce qui scandalise déjà, remporte un grand succès dans le rôle titre d’un garçon dans une comédie, puis dans celui d’Aladin, le héros d’une pièce à grand spectacle.

« Ces expériences répétées, doublées de bien d’autres facteurs psychologiques, fixeront chez elle le goût de l’artifice et du travestissement pour atteindre à la fois l’autre et le succès. Le manque de confiance de son propre corps de femme sera à la base de son homosexualité ainsi que de son art. »

Ce sera toute sa vie, et elle en aura d’autant plus conscience en découvrant la danse libérée d’Isadora Duncan, une danseuse au corps nié, car perpétuellement occulté par les voiles, le mouvement de ceux-ci visant à reconstruire une image sublimée de la féminité. En cela, son image bien plus que sa personne fut admirée par les grands artistes symbolistes et d’art nouveau.

En 1889, Loïe Fuller crée sa propre compagnie. Elle a déjà connu autant d’expériences homosexuelles qu’hétérosexuelles, et finit par se marier dans son appartement. Le succès de sa scène d’hypnose dans une pièce lui donne l’idée de sa première danse. Après une mise au point de ce numéro où elle comprend toute l’importance de la lumière, elle le baptise La Danse serpentine. Elle triomphe en 1893 avec cette danse abstraite, d’avant-garde, qu’on continue à classer dans le music-hall, n’étant pas reconnue en tant qu’art en part entière. Très vite, elle dépose les brevets du fruit de ses recherches sur les bâtons incorporés aux voiles, ainsi que sur ses jeux de lumière, mais hélas, elle a un temps d’avance, et on ne lui reconnait pas cette invention, si bien que n’importe qui a le droit de reprendre ses trouvailles.

Divorcée, salie par les insinuations sur son homosexualité et sa réputation sulfureuse, victime de ses nombreuses imitations, Loïe Fuller rêve de gloire en Europe. Seulement, à son arrivée, Loïe ne trouve à danser que dans un cirque, à Cologne, et touche le fond du désespoir. En France, Loïe Fuller découvre avec stupeur qu’elle est déjà victime de son succès outre-manche : l’idée de sa danse a été copiée par d’autres qui se sont assurées les meilleurs places à Paris. Elle réprime un sentiment d’injustice avant de se battre pour montrer qu’elle vaut mieux que toutes ses pâles imitatrices. Le 5 novembre 1892 marque la date officielle des débuts de Loïe Fuller à Paris ; elle sera annoncée sur les affiches de Fernand Sigismond Bac, Choubrac, Pal, Chéret et Toulouse-Lautrec. C’est un triomphe. On accourt de partout pour la voir.

 

Loïe Fuller sur un immeuble parisien

Dès lors, la danseuse symboliste est admirée par Paul Adam, Paul Valéry, Rodenbach aussi, Mallarmé, qui lui consacre un très beau texte en 1893, mais aussi Alexandre Dumas fils, l’auteur de La Dame aux camélias, qui lui offre une rose en 1894. Tout au long de sa carrière, elle inspire d’innombrables autres artistes : Henri de Toulouse-Lautrec, Moser, Jean Lorrain, Rodin, Pierre Roche, Georges de Feure, et notamment Will Bradley, tous les sculpteurs du mouvement art nouveau, et l’on retrouvera longtemps sa figure sur d’innombrables objets décoratifs et détails dans les arts décoratifs. Mais si ses relations amicales avec Rodin, dernier « dinosaure » célébrant la Renaissance italienne avant l’arrivée de Picasso et Léger, furent tumultueuses mais constantes, jamais ce dernier ne parvint à faire une sculpture de Loïe Fuller. Les sculptures les plus fidèles resteront La Comédie et Le Drame de Pierre Roche.

 

Grâce à sa première relation homosexuelle avec l’ex de Sarah Bernhardt, Louise Abbéma, féministe et peintre, surnommée The Great Lady, Loïe Fuller entre dans les milieux saphiques parisiens. Elle crée avec Gyp, écrivaine, un nouveau personnage, Salomé, que célèbre un seul critique hélas. Enfin, le 6 mars 1895, elle monte dans un spectacle cinq tableaux dansés qui s’achèvent sur la Danse du Lys. Ses spectacles suscitent une acclamation prodigieuse, des bouquets de violettes sont lancés à ses pieds.

Férue des progrès de la science pour améliorer son art, amie de Camille Flammarion, elle rencontre Edison. Elle met alors au point un nouveau brevet en ajoutant une glace transparente entre le public et la scène, comme s’il s’agissait d’un aquarium. Celle qu’on appelait la Fée Lumière fait ensuite la connaissance de Pierre et Marie Curie.

L’une de ses jeunes admiratrices deviendra plus tard sa plus fervente et plus fidèle partenaire de vie, Gab Sorère, alias Gabrielle Bloch de son vrai nom.

Au moment de l’exposition universelle, Loïe Fuller refuse de faire partie du programme du palais de la danse, si bien que l’on fera appel à l’une de ses nombreuses imitatrices. Elle crée alors son « label » en proposant une imitatrice officielle dans son Théâtre – musée, où elle compte présenter ses danses ainsi que les objets et sculptures inspirés par ces dernières, qu’elle commande à Henri Sauvage (architecte de la maison Majorelle à Nancy), avant de porter plainte contre lui devant son échec. Elle voulait faire de ce théâtre un art total, à l’image de tout ce qu’elle a toujours voulu faire. Au sein de ce théâtre, elle introduit la première compagnie de danse japonaise, avec Sada Yacco comme première femme actrice du théâtre japonais. Enfin, les critiques commencent à comprendre de plus en plus les danses de Loïe Fuller comme étant de l’art. Loïe Fuller introduit alors la première la notion de performance.

Mais, les années passent, et Loïe Fuller sent son corps faiblir. Pire, elle sait qu’à terme les jeux de lumière sur scène la rendront probablement aveugle. Elle essaie donc de fonder une école et entame une tournée avec ses danseuses en Europe, en invitant une inconnue, Isadora Duncan, à les rejoindre. Sans l’avoir jamais vue danser, elle décide alors de courir le risque de jouer pour elle le rôle d’impresario. Bien lui en prend : même si la quasi-nudité de la danseuse choque, elle voit en elle une précurseuse de la danse moderne, capable de se débarrasser des oripeaux de la danse classique en s’inspirant directement aux sources de l’Antiquité grecque et de la Nature. Mais très vite Isadora Duncan lui fausse compagnie et part voler de ses propres ailes, feignant de ne jamais l’avoir connue. Fortement ébranlée par son ingratitude, Loïe Fuller décide de ne plus jamais tenter d’être impresario et de ne laisser aucune liberté plus tard à ses danseuses qu’elle dirige pour de nouveaux spectacles.

Challenge La Belle Epoque

 

De ses danses aux voiles en solo comme de ses grands spectacles en fin de carrière, il ne reste aucune trace, Loïe Fuller ayant toujours refusé que la caméra fixe son mouvement, voulant tout maîtriser, et surtout, garder son spectacle vivant. En revanche, elle réalisa un film, très avant-gardiste et poétique, qui, incompris, fut un échec commercial.

Une pionnière qui reste cachée dans l’ombre d’Isadora Duncan, sa seule rivale à ses yeux.

Cette biographie monumentale tente de corriger cette injustice, démontrant à quel point Loïe Fuller fut une grande artiste, à l’avant-garde, et ce dans de multiples domaines. Un travail érudit et complet sur une artiste qui force l’admiration, auquel il ne manque hélas que les vidéos de ses performances dont il ne reste que les traces de ses imitatrices.

 

Lu dans le cadre du Challenge La Belle Epoque.

Challenge « La Belle Epoque »

01.01
2012

Challenge La Belle Epoque

 

 

Carnets de SeL lance le Challenge « La Belle Epoque »

 

  • Prenez votre plus belle plume pour écrire une critique après avoir lu un livre sur la période de La Belle Epoque (1879-1914) que ce soit un roman, un recueil de poésie, une pièce de théâtre, une bande dessinée, une biographie, un essai, un documentaire, un livre d’art… car La Belle Epoque, c’est aussi celle de l’Art nouveau !


  • Le challenge démarre dès ce soir, dimanche 1er janvier 2012, et s’achèvera le 31 décembre 2013 :

 

Mode d’emploi et inscriptions

 

Au plaisir de nous voir nombreux à participer !

 

Hector Guimard – Robert Mallet-Stevens : Villas modernes

25.11
2011

Cet ouvrage, à destination des professeurs d’arts plastiques et d’histoire des arts, est composé de trois parties.

La première décrit les permanences de la villa du point de vue du type architectural depuis l’Empire romain jusqu’à la période contemporaine. Ces dernières consistent en l’idéalisation de la campagne, l’exaltation du site, l’expression du mode de vie, l’ostentation et l’autonomie de la forme architecturale. Elles traduisent le désir d’un retour aux origines, la volonté de se livrer aux plaisirs de la chasse et de la lecture, de privilégier l’agrément, le repos, la solitude, la relation avec la Nature. Pour commencer, le choix du terrain est important : l’invention du jardin paysager fait qu’on le préfère irrégulier, déformé. Ensuite vient le choix de la maison, qui, selon Dowing, doit avant tout être pratique, fonctionnelle et salubre, mais aussi exprimer sa fonction domestique par un porche et une cheminée, et être belle, s’accordant au paysage et à la personnalité de ses habitants.

Issues de la rencontre du désir d’architecture d’un commanditaire avec un architecte soucieux d’exprimer l’état de sa pensée sur la pratique, les villas les plus emblématiques des deux architectes ont été choisies pour illustrer les deux autres parties du dossier :

Les villas de Guimard sont en réalité des castels, au plan compact et aux multiples décrochés et élévations mouvementés. Les matériaux utilisés pour le Castel Henriette, dépourvu de ligne droite, asymétrique, orné de métaphores animales et végétales,  sont de la lave émaillée, de la céramique, de la mosaïque, de la pâte de verre, du plâtre, de la fonte, du fer-forgé, du cuivre,…Mais d’après Richard Klein, c’est avec le Castel d’Orgeval (1904) que Guimard aurait été au sommet de son art, avec son parc à l’anglaise.

 

Mallet-Stevens, pourtant contemporain d’Hector Guimard, a choisi une voie radicalement différente et qui devait être suivie dans l’histoire de l’architecture, reléguant celle de Guimard, personnelle (Style Guimard) et singulière, comme étant trop chargée et dépassée. Il n’aura de cesse de vouloir allier confort, simplicité de la ligne et modernité dans les trois villas analysées : la Villa Noailles à Hyères (1923), la Villa de Paul Poiret et la Villa Cavrois à Croix (1932). Hélas, ces dernières ont été laissées à l’abandon, et l’auteur de conclure sur la question de la conservation du patrimoine pour l’histoire de l’architecture.

Aimé

Un ouvrage pédagogique intéressant. Si le confort et la modernité de Mallet-Stevens reste frappante, il n’en demeure pas moins que le choix de toits plats en France, du béton froid, gris et triste, et des parallélépipèdes leur fait ressembler à des entreprises… Alors que Guimard, au style certes chargé, me semble privilégier une villégiature certes bourgeoise mais qui ressemble malgré tout à un joli nid douillet, dans lequel on a très envie de loger.

Hector Guimard, Robert Mallet-Stevens :  villas modernes  Richard Klein  ; avec la collab. de Gilles Maury. - [Paris]  : Centre national de documentation pédagogique , 2004.- 68 p.  : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul.  ; 30 cm .- (Baccalauréat arts plastiques). - Bibliogr. p. 68. Filmogr. p. 68. - ISBN 2-240-01614-0 : 9 €.