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Tokyo Sanpo : promenades à Tokyo ** de Florent Chavouet (2009)

18.03
2009

cop. Picquier

Textes et illustrations de François Chavouet

Voici dessinée la ville de Tokyo, pas forcément belle mais pleine de surprises et d’incongruités pour un occidental. Quartier par quartier, cartes, passants, temples et habitations, objets du quotidien et commissariats, tout ce qui a attiré l’œil et le crayon de Florent Chavouet lors de ces quelques mois passés là-bas est croqué avec humour et précision, vagabondant grâce à une bicyclette, muni d’une chaise pliante et de ses crayons.

En voilà une idée qu’elle est bonne ! Mieux que le scrapbooking, quand on sait aussi bien dessiner, plus évident que n’importe quel récit de voyage, plus efficace qu’un guide, ce concept de dessins croqués sur le vif et légendés gagnerait à être généralisé pour toutes les autres destinations. Avis aux éditeurs !

Dans le même esprit, on pensera également au parcours initiatique des habitudes alimentaires japonaises du Gourmand solitaire de Taniguchi.

Vous pouvez feuilleter ce livre chez Picquier ou visiter le blog de l’auteur.

CHAVOUET, Florent. – Tokyo Sanpo : promenades à Tokyo. – Picquier, 2009. – 206 p. : ill. en coul. ; 196*270 mm. – ISBN 978-2-8097-0076-3 : 22 €.
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Le Jour de la Gratitude au Travail de Akiko Itoyama

29.04
2008

cop. Picquier

Titre original :  Oki de matsu (Japon, 2004 – traduit et publié en France en 2008)

Pour avoir molesté son patron alors qu’il tripotait sa mère – elle, passe encore-, Kyôko se voit contrainte de démissionner et se retrouve à pointer au chômage et à rester vivre seule à 36 ans chez sa mère. Une voisine lui propose alors une rencontre arrangée avec un homme fou de son entreprise… Au travail, de solides liens d’amitié se tissent entre Oikawa et Futo, tous deux sortis de la même promotion et recrutés dans la même entreprise d’équipement sanitaire et la même ville. A tel point qu’un pacte les lie : si l’un d’eux meurt, l’autre devra détruire le disque dur de son ordinateur pour emporter avec lui ses secrets. Or Futo meurt accidentellement…

 

Conçue en diptyque, cette vision du monde du travail au Japon s’ouvre sur le regard désabusé d’une jeune femme lucide, en proie au chômage et au sexisme, et se referme sur une amitié entre collègues au travail si solide qu’elle va bien au-delà de l’amour et de la mort. Comme l’endroit et l’envers d’un décor quotidien. Mais l’impertinence du premier l’emporte sur l’affection du second :


« Chose bizarre, les femmes qui aiment les enfants ont l’air douces et celles qui disent les détester ont l’air méchantes. Bien sûr, tout le monde sait que les enfants ne sont pas des anges. Ils sont sales, ils mentent, ils font des caprices, ils sont niais et enquiquinants au possible. » (p. 19)

 

Apprécié

 

ITOYAMA, Akiko. – Le Jour de la Gratitude au Travail / trad. du japonais par Marie-Noëlle Ouvray. – Picquier, 2008. – 100 p.. – ISBN 978-2-87730-990-5 : 13 €.

 

Tout à fait Japon * de Dominique Buisson (2007)

18.10
2007

Copyright Picquier

C’est un Japon quotidien, anecdotique que nous donne à voir Dominique Buisson dans ce petit livre carré bien agréable à tenir en main, en 200 photos pleine page. Les clins d’oeil se succèdent, légendés, personnages, objets kitsch, spectacles, scènes de rue, paysages, traditionnels ou actuels, prêtant à sourire, à s’étonner, à admirer, à émouvoir.

BUISSON, Dominique. – Tout à fait Japon. – Picquier, 18 octobre 2007. – 204 p. : photogr. en coul.. – ISBN : 978-2-87730-970-7 : 14,50 €.

Histoire d’un squelette d’Eiki Matayoshi

26.02
2006

cop. Picquier

Célibataire, sans emploi, Meitetsu vient de perdre et la face et sa mère en se faisant arnaquer par un ancien collègue de sa boîte à bachot. Aussi, intrigué par un vieux fait divers découvert par hasard, relatant la découverte d’un squelette d’une femme enterrée au XIIe siècle, il décide d’aller voir, n’ayant rien à perdre. Là, il retrouve deux jeunes femmes qui l’ont connu au lycée, l’une protégeant sa découverte, l’autre son ancêtre qu’elle croit voir en ce squelette, toutes deux s’offrant à lui. La première l’embauche sur le site des fouilles, mais c’est de la seconde dont il s’éprend…

Ce sont d’abord à l’histoire et aux mœurs profondément superstitieuses des habitants de l’île d’Okinawa, annexée tardivement au Japon, que nous initie cet écrivain qui en est originaire, lauréat du prestigieux prix Akutagawa. Ainsi, en 45, le conflit meurtrier entre Japonais et Américains n’a pas épargné l’île, qui en fut la victime. Alimenté par de nombreux dialogues, ce roman contemporain oscille entre humour et croyances occultes, sans m’avoir séduite.

MATAYOSHI, Eiki. – Histoire d’un squelette. – Picquier, 2006. – 240 p.. – ISBN : 2-87730-839-1 : 19 €.

Le manga * de Stéphane Ferrand et Sébastien Langevin (2006)

22.02
2006

Longtemps, les Français n’ont vu dans les mangas qu’un avatar des dessins animés médiocres, niais ou violents diffusés à la télévision à partir des années 70. C’est depuis la reconnaissance du genre par l’obtention du meilleur scénario au Festival d’Angoulême pour Quartier lointain de Jirô Taniguchi que les médias consentirent à évoquer le phénomène manga en France, nouveau pilier de la BD puisque constituant en 2004 35% des nouveautés et 40% des ventes BD Fnac ! Ce phénomène s’est d’ailleurs propagé partout dans le monde, créant une forte concurrence aux comics et autres bandes dessinées occidentales, devenant une formidable source d’inspiration et de renouvellement du genre.

Car au Japon, le manga a fait son apparition il y a déjà un siècle et fait intrinsèquement partie de la vie économique et culturelle du pays du Soleil Levant.

Cinq noms de maîtres du manga seraient à retenir : Tezuka Osamu, Tatsumi Yoshihiro, Otomo Katsuhiro, Urasawa Naoki, dont une femme, Yazawa Aï.

Parmi les spécificités du manga, la première, de taille, contrairement à la plupart des BD, est que le scénario prime sur le dessin. Ce n’est donc pas simplement en le feuilletant que vous serez séduit. De même, l’action et les réactions des personnages sont privilégiées au décor et aux temps morts. Le public-cible se reconnaît facilement entre les Shôjo manga (pour adolescentes), les Shônen manga (pour adolescents) et les Seinen manga (pour adultes).

Le coût pour les éditeurs des mangas en noir et blanc, sur du mauvais papier, est moindre, alors que la fréquence de parution souvent mensuelle des mangas n’est pas non plus pour leur déplaire, comme d’ailleurs pour les lecteurs qui n’ont plus à attendre un an la suite  de leur lecture.

Un documentaire sérieux, particulièrement instructif, qui permet de faire table rase des préjugés et de donner quelques pistes de lecture aux néophytes.

 

FERRAND, Stéphane, LANGEVIN, Sébastien. – Le manga. – Milan, 2006. – 63 p.. – (Les essentiels Milan ; 264). – ISBN : 2-7459-2049-9.

Sites internet :
Site de presse : http://www.animeland.com
Site de fan :  htpp://www.magaverse.net
Site d’actualité : http://www.manga-news.com

L’art du Sumi-e de Takumasa Ono

29.01
2006

cop. Dessain & Tolra

Parmi les nombreux éléments de la culture chinoise introduits au Japon, les moines furent influencés aux XIVe et XVe siècles par sa peinture à l’encre et produisirent à leur tour des œuvres originales, que l’on appela pour la première fois sumi-e. Cet art devenu majeur enthousiasma les plus grands maîtres dont on peut admirer aujourd’hui les œuvres dans les musées du Japon.

Après cet aperçu historique, Takumasa Ono présente le matériel indispensable, semblable à celui d’un calligraphe, et les principaux gestes à acquérir, tenant à la position du pinceau, à la densité de l’encre, au mouvement de la main et du corps, avant d’offrir à l’amateur une quinzaine de réalisations photographiées étape par étape. En annexes, il lui montre comment fabriquer son propre sceau et l’initie à la calligraphie, pour recopier des haïku ou son prénom par exemple.

Un ouvrage dont je n’ai lu que l’historique concis et efficace, sans m’essayer aux applications, qui permet d’être initié à l’art pictural japonais.

 

ONO, Takumasa. – L’art du Sumi-e. – Dessain et Tolra, 2005. – 128 p. : ill. n.b. et en coul.. – ISBN : 2-295-00064-5 : 22,90 €.

Kyoko de Ryû Murakami

28.12
2005

cop. Picquier

Kyoko, c’est une jeune japonaise de 21 ans qui débarque à New York à la recherche de José qui, il y a 12 ans, lui a appris à danser puis est reparti en lui laissant cette adresse lointaine. Dès lors, elle n’aura de cesse de le retrouver, croisant sur son passage les parias de la société, noirs, immigrés et homosexuels, qui tomberont sous son charme lumineux. Quand elle le retrouvera au dernier stade du sida, elle décidera naturellement de réaliser son dernier rêve : parcourir des milliers de kilomètres vers le sud, dans une Amérique profonde intolérante, à bord d’un bus rouge, pour rejoindre une mère qui ignore et son homosexualité et son état.

Un très beau roman redonnant vie et espoir à tous ceux que le personnage rencontre, qui croient, comme nous lecteurs, la société à jamais gangrénée par l’individualisme et l’intolérance. Un personnage créé comme une bouffée d’oxygène, que d’aucuns pourraient qualifier de trop beau pour être réel.