Mots-clefs ‘intégrisme religieux’

The Handmaid’s Tale (saison 1)

30.12
2017

Genre : dystopie

Dans un futur proche, aux Etats-Unis, devenu un état totalitaire religieux, June offre ses services très particuliers au commandant Fred Waterford et à son épouse : c’est une servante écarlate, qui met son appareil reproductif à la disposition du couple pour lui donner un enfant.

cop. IMDb

cop. IMDb

Effectivement, il y a quelques années de cela, la conjoncture de pollutions et de maladies sexuellement transmissibles a rendu la quasi-totalité des femmes stériles dans le monde. Une secte religieuse protestante du nom des « Fils de Jacob » en a profité pour commettre un coup d’Etat et instauré un nouvel ordre, faisant régner la terreur, éradiquant les dissidents, les homosexuels et les opposants religieux. Désormais seuls les hommes sont au pouvoir dans la sphère politique, peuvent lire et s’instruire, tandis que les femmes sont classées en quatre catégories identifiables par la couleur de leur habit :  les Épouses en bleu, femmes de hauts dirigeants, les Martha en gris, les gouvernantes et les Servantes en rouge pourpre, servant littéralement uniquement à la reproduction, sous l’autorité de quelques Tantes en marron. Après avoir tenté de fuir les Etats-Unis avec son mari et sa fille, l’un tué, l’autre détenue dans un orphelinat, June est donc la « reproductrice » du commandant, soupçonné de stérilité par sa femme, et qui a bien des secrets condamnables…

 

Plus que le but de l’héroïne qui est de survivre au milieu de personnes qui peuvent la dénoncer, la violenter, la mutiler ou la tuer à tout moment, plus que son rêve de retrouver sa vie de famille loin de ce cauchemar, c’est ce cauchemar lui-même devenu réalité dans cette série qui est fascinant : en quoi l’extrémisme religieux peut-il être contraire aux penchants naturels humains, en quoi peut-il être même le contraire de l’humanisme, en quoi peut-il devenir un piège pouvant se refermer sur ceux-là même qui l’ont imaginé…

A la fin de la première saison (ne lisez pas ce qui suit pour ceux qui n’auraient pas vu la fin), on est galvanisé par la micro-révolution d’une petite vingtaine d’esprits en marche, mais on est surtout impatient de savoir si ceux-là même qui ont instauré son cauchemar en deviendront les victimes, ou le dynamiteront eux-mêmes…
Pour plus d’informations, lire l’article La Servante écarlate

 

 

 

 

Philomena

11.02
2014

PhilomenaLong-métrage écrit par Steve Coogan & Jeff Pope

Le film est adapté de l’histoire vraie de Philomena Lee, rapportée par le journaliste britannique Martin Sixsmith.

Le pitch

Un grand journaliste aide à contre-coeur une vieille Irlandaise à retrouver son fils, qu’on lui avait retiré au couvent il y a de cela près de 50 ans, alors qu’elle était fille-mère, pour le confier à un couple plus fortuné.

Le synopsis court

Lorsque le journaliste de la BBC Martin Sixsmith tombe en disgrâce, il ne sait plus quoi faire. Quand il parle d’écrire son grand ouvrage sur l’histoire de la Russie, on sourit d’ennui. C’est alors qu’une extra, lors d’une réception, lui parle de sa mère, Philomena, une Irlandaise ayant accouché adolescente dans un couvent catholique, et n’ayant aucune nouvelle de son fils depuis près de 50 ans, adopté contre son gré. Martin commence par refuser : il ne fait pas dans l’aventure humaine. Mais les circonstances l’y contraignent. Martin se charge alors de la quête de Philomena, qui les amènent tous deux aux Etats-Unis, et à se découvrir l’un l’autre, chacun avec ses croyances et son but personnel à atteindre.

Ma critique

On pourrait rapprocher ce thème de celui de The Magdalene Sisters, qui traitait aussi du sort des jeunes filles « perdues » placées dans des couvents en Irlande au XXesiècle, et d’ailleurs évoqué pendant le film par Martin Sixsmith. Mais, finalement, l’enjeu de l’histoire ne réside pas seulement dans cette dénonciation d’un extrêmisme religieux reniant presque la qualité d’être humain libre et aimant, à ces pauvres filles-mères qui sont plus pauvres et isolées que vicieuses et pécheresses. – La scène pleine de suspens du départ du fils alors que la mère n’en est même pas informée, est particulièrement révoltante. – Il réside peu dans les flash-back sur le fils menant sa propre vie sans sa vraie mère, ni dans la quête proprement dite, vite évacuée. Elle réside surtout dans l’interprétation que le spectateur peut faire du duo formé par cette vieille dame de la classe populaire, qui arrive encore à pardonner à celle(s) qui lui a (ont) gâché une partie de sa vie de mère, et qui nous est en cela assez agaçante de conviction religieuse intégrée, et par ce journaliste habitué au luxe, condescendant à faire de l’aventure humaine pour pouvoir remonter sur la scène publique. Rien n’est vraiment dit, mais tout geste qui paraît humain de la part du journaliste n’est en réalité que guidé par son intérêt personnel… Un traité de manipulation finalement…