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Lumière pâle sur les collines de Kazuo Ishiguro

03.03
2018
cop. Gallimard

cop. Gallimard

 

Niki, la fille cadette d’Etsuko, délaisse Londres quelques jours pour venir passer quelques jours chez sa mère à la campagne. Elle s’éloigne de la chambre depuis longtemps déserte de Keiko, sa demi-soeur, qui, après avoir quitté la maison depuis plusieurs années, vient de se pendre dans son appartement. Ne la portant apparemment pas dans son coeur, elle n’a pas souhaité assister à son enterrement, tout comme Keiko n’est pas allée à celui de son beau-père. La vue d’une petite fille jouant à l’extérieur, alors qu’elles sont allées prendre un thé, rappelle à Etsuko une autre fillette, qu’elle a connu au Japon alors qu’elle était enceinte de Keiko, après la guerre. Une fillette souvent seule, révoltée et traumatisée par la vision d’une mère noyant son bébé après la guerre…

J’avoue avoir préféré me dispenser de lire ce roman jusqu’au bout. Déjà un peu refroidie par l’annonce du suicide de la fille aînée de la narratrice dès l’incipit, j’ai abdiqué lorsque les traumatismes de la fillette livrée à elle-même sur le terrain vague sont ressortis. Quand on est soi-même mère, il y a certaines histoires qu’on ne préfère plus lire ou regarder. Nonobstant on reconnait tout à fait le style et les non-dits qui caractérisent l’écriture d’Ishiguro, dont je viens de lire Auprès de moi toujours, qui m’a beaucoup plu. Mais alors que pour le précédent, horrible d’une toute autre manière, le suspens m’avait donné envie de le lire d’une traite, ici, je n’ai eu aucunement envie de connaitre le fin mot de ce drame.

Orgueil et préjugés de Jane Austen

18.09
2005

Titre original : Pride and prejudice

« C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l’une ou l’autre de leurs filles. »(incipit)

C’est le point de vue de Mrs Bennet, mère de cinq filles à marier, lorsque Mr Bingley, jeune homme fortuné, devient locataire de Netherfield Park, dans ce petit village de Longbourn. Aussitôt, à la faveur d’un bal, ses voeux semblent s’exaucer pour son aînée Jane, tandis que sa soeur Elizabeth, âgée de 21 ans, surprend un commentaire peu flatteur à son égard de la part de Mr. Darcy, ami richissime de ce voisin tant convoité. Mais le pire sans doute reste à venir puisque Mr. Darcy, ne manquant pas d’un certain orgueil, voyant d’un très mauvais oeil un éventuel mariage avec la famille Bennet, décide d’en éloigner son ami, tout d’ailleurs comme lui, qui s’est insensiblement épris d’Elizabeth, mais sans jamais le lui manifester…
De ses lectures de romans à l’eau de rose, Jane Austen en a tiré l’ivraie, et, contrairement à ces derniers, a choisi pour protagoniste une jeune femme lucide et intelligente, qui n’épargne personne de ses observations sarcastiques et pertinentes. De fait, c’est toute une galerie de portraits psychologiques qu’elle brosse ainsi, rendant bien l’idée de la société de rentiers et héritiers sous George III, de ses us et coutumes. Un plaisir à lire.