Mots-clefs ‘France’

La côte d’Azur (1993-Noël 2011)

30.12
2011

Oui, oui, trop bétonnée à mon goût, trop peuplée, et par des gens cultivant leur paraître pour la majorité, mais que voulez-vous, elle demeure malgré tout une belle région…

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Où se promener ?

De la frontière italienne à Théoule :

  • Menton, pour sa fête du citron et ses ruelles fleurant déjà bon l’Italie !
  • Eze, dont vous aurez un point de vue magnifique de la route, mais pas du village : allez donc boire un verre en terrasse afin de pouvoir contempler la mer !
  • Au plus bel endroit de la côte, sur la presqu’île du Cap Ferrat, où le béton n’a pas fait de ravages puisque seuls les riches semblent y avoir élu domicile.
  • Promenez-vous dans les 7 jardins (espagnol, exotique,…) de la Villa Ephrussi de Rothshild, et visitez la Villa Kerylos de Beaulieu-sur-mer, reconstitution exacte d’une villa de la Grèce antique.
  • Dans les ruelles du vieux Nice pour y goûter une pissaladière « chez Thérésa » et croquer dans un fruit en passant au marché du cours Saleya,
  • Sur la promenade des Anglais, à Nice, avec le palais de la Méditerranée dont seule la façade a été conservée, son palace Negresco de la belle époque et son immeuble jumeau dans lequel on aimerait bien avoir un appartement avec vue sur la mer…. Ah doux rêve….
  • Tentez d’éviter la foule en déambulant très tôt le matin ou après dîner dans Saint-Paul-de-Vence.
  • Découvrez, après avoir contemplé le panorama, de magnifiques pièces au musée d’Arts Décoratifs du château de Gourdon, spécialisé dans l’art déco et l’art nouveau,
  • Arrêtez-vous au village de Bar-sur-Loup, aux ruelles bordées de hautes maisons anciennes.
  • Faites donc une petite promenade dans le vieux village de Biot,
    • Prenez l’apéritif sur la place des Arcades dans le vieux Valbonne,
  • et dînez dans le Vieux Mougins, sur sa place à la fontaine,
  • Prenez plaisir à vous croire seuls au monde dans les ruelles tortueuses du village méconnu d’Auribeau sur Siagne,
  • Flânez dans les vieilles rues d’Antilles, visitez le musée Picasso, à l’intérieur du château Grimaldi, qui offre une superbe vue depuis sa terrasse sur la mer Méditerranée,
  • Longez la côte, cheveux au vent, à moto ou en cabriolet, le long du Cap d’Antibes,
  • Passez une journée sur l’île Sainte-Marguerite : faites-en le tour, sans négliger quelques haltes pour vous baigner en face de l’île Saint-Honorat : l’eau est turquoise, la flore et la faune protégées et bien expliquées, les sentiers pédestres bien aménagés, offrant quelques fontaines bienvenues pour étancher notre soif et remplir nos gourdes.
  •  

  • Passez-en une autre sur l’île Saint-Honorat, plus petite, moins propice à la baignade, mais tout aussi préservée, où vous découvrirez un monastère fortifié surplombant la mer.
  • Baignez-vous dans les calanques du magnifique massif de l’Esterel ou à la pointe l’esquillon de Théoule sur mer : un sentier aquatique vous est proposé, vous permettant d’admirer avec masque et tuba une variété intéressante de la faune et de la flore sous-marines : oursins, étoiles de mer, murènes, barracudas.
  •  

  • Promenez-vous sur le massif de l’Esterel, jusqu’à Notre-Dame-d’Afrique. Vous achevez ainsi votre découverte de toute la côte des Alpes-Maritimes !
  •  

    Où se loger ?

    Si vous êtes très riches, prenez donc une suite vue sur la mer à

    L’hôtel CARLTON ****

    Indubitablement le plus beau de France, du moins sa façade de la Belle Epoque.

     

    Où se restaurer ?


    Un coup de coeur pour le restaurant

    La Zucca Magica (http://www.lazuccamagica.com/)

    Ne cherchez pas le menu ni son prix : c’est la même chose pour tout le monde, le menu du marché, et vous en aurez pour à peine seize euros pour un repas (le midi uniquement) que vous n’êtes pas prêt d’oublier. Ici, on vert sert une cuisine végétarienne, à base de cucurbitacées qui décorent la petite salle (on se croirait à Halloween), de pâtes, de pois chiches et de gorgonzola… Car ce sont des Italiens qui tiennent la boutique, et, midi et soir, la salle est toujours comble, qu’il s’agisse de touristes ou d’habitués.

    et pour le bar à soupe d’Antibes, une adresse totalement improbable dans cette jet-set de la frime, où une grande tablée de 10 personnes, surtout pas plus, vous accueillera à un prix défiant toute concurrence pour une cuisine simplicissime avec de bons produits, souvent italiens : pour 7 euros vous avez votre bol d’une soupe excellente, une assiette de charcuterie et de fromages et un dessert, le tout servi par une patronne qui n’ouvre que les 6 mois hors-saison, pour fuir les touristes l’été. Une cuisine chaleureuse et conviviale, sans chichi, fortement appréciée des locaux. Là-bas, c’est comme à la maison !

     

     

    A quelle librairie faire ses provisions intellectuelles ?


    - la librairie Privat Sorbonne de Cannes

    - la librairie Masséna de Nice.

    Où lire ?


    - sur le banc de pierre au coeur d’Auribeau sur Siagne,

    - sur la plage de Théoule sur mer.

     

    Le Finistère sud et l’île de Groix

    26.11
    2011

    Un bout de Bretagne perçu en quelques jours d’août 2011 :

    Promenade sur la côte du Finistère sud et dur l’île de Groix

    Beaucoup aimé

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    Ma vie et la danse de Loïe Fuller (1908, rééd. 2002)

    14.10
    2011

    Danseuse américaine rendue célèbre à la Belle Epoque pour ses chorégraphies jouant avec les reflets de la lumière sur ses voiles de soie immenses, Loïe Fuller (1862-1928) fut à l’avant-garde de la danse moderne et, dès son arrivée à Paris en 1892 aux Folies Bergères, l’une des égéries de l’Art nouveau.

    Dans la préface de cette nouvelle édition, Giovanni Lista, historien et critique d’art italien, auteur de l’unique ouvrage d’art consacré à cette danseuse, évoque celle qu’on appelait la Fée Electricité (rendue aveugle à la fin de sa vie par la lumière électrique), comme ayant été une féministe avant l’heure, affichant son homosexualité, assumant pleinement son rôle d’artiste créatrice, et comptant parmi ses admirateurs – excusez du peu – Toulouse-Lautrec, Nadar, Méliès, Rodin, Mallarmé, les frères Lumières, Paul Adam, Valéry, Rodenbach et Jean Lorrain.

    Pourtant, contrairement à la belle autobiographie que nous a offert Isadora Duncan avec Ma vie***, Loïe Fuller nous donne certes à lire les grandes lignes des plus belles années de sa carrière jusqu’en 1908, mais elle ne les émaille que de quelques rencontres qui l’ont marquée, composant autant de chapitres, telles celle avec Sarah Bernhardt, celle avec Alexandre Dumas fils ou celle en 1902 avec Rodin, mais sans avoir aucun souci d’exhaustivité. Difficile alors de ne pas se sentir frustrée de ne jamais entendre parler des artistes cités dans la préface de Giovanni Lista !

    En outre, en consacrant un chapitre à sa rencontre avec la mère de Gab et sa future jeune compagne, avec qui elle vécut huit années, Loïe Fuller n’évoque qu’indirectement son homosexualité, pourtant notoire, que relate Isadora Duncan dans Ma vie… un tabou, surtout à l’époque, que visiblement elle ne souhaitait pas lever par écrit. D’ailleurs c’est l’une des raisons pour lesquelles Isadora Duncan est partie sans donnée de nouvelle, fuyant  la cour de jeunes admiratrices lesbiennes qu’entretenait Loïe Fuller, et dont cette dernière ne parle jamais ici, si bien que Loïe Fuller qualifiera d’ingrate celle qui la surpassera bientôt en notoriété.

    En revanche, Loïe Fuller ne passe jamais sous silence l’enthousiasme de ses admirateurs et de son public, qui souvent dépasse « toutes les bornes« , faisant du reste, de ce point de vue, assez peu preuve d’humilité.

     

    A la suite de cette autobiographie originellement intitulée Quinze ans de ma vie (que vous pouvez lire ci-dessous), et préfacée par Anatole France, sont retranscrits quelques-uns de ses écrits sur la danse, dans lesquels Loïe Fuller évoque sa conception de la danse, non seulement fondée sur l’importance du mouvement, de la vue et de l’émotion, mais aussi sur les dernières découvertes des physiciens qu’elle côtoie.

    « Doucement – presque religieusement – j’agitai la soie, et je vis que j’obtenais tout un monde d’ondulations que l’on ne connaissait pas encore. J’allais créer une danse ! Comment n’y avais-je encore jamais pensé ? Deux de mes amies, Mme Hoffman et sa fille, Mme Hossack, venaient, de temps en temps, voir où j’en étais de mes découvertes. Lorsque je trouvais un geste ou une attitude qui avaient l’air de quelque chose, elles disaient : « Gardez cela, répétez-le. » Finalement je pus me rendre compte que chaque mouvement du corps provoque un résultat de plis d’étoffe, de chatoiement des draperies mathématiquement et systématiquement prévisibles. » (p. 26)

    Au final cette autobiographie nous laisse un arrière-goût de trop peu, ce qui est bon signe, et nous donne envie de découvrir l’ouvrage plus conséquent que Giovanni Lista a consacré à cette danseuse atypique qui imitait la Nature à l’aide des effets de lumière sur son costume breveté.

    FULLER, Loïe. – Ma vie et la danse ; suivie de Écrits sur la danse / [trad. de l'anglais par le prince Bojidar Karageorgevitch] ; [avant-propos de Giovanni Lista] ; [préf. d'Anatole France]. – Paris : l’Oeil d’or, 2002. – 177 p. : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 21 cm. – (Mémoires & miroirs).
    Notice réd. d’après la couv.. – Contient : « La danse » ; « Danse ultra-violette » ; « Le langage de la danse » ; « Théorie de la danse » ; « L’oiseau noir »
    ISBN 2-913661-04-01 : 15 €.

    Le Lubéron ** en un clin d’oeil (2008)

    18.05
    2011

    Tour d’horizon :

    J1, l’arrivée
    Coustellet
    : village-rue
    Les Baumettes
    : village-rue à l’abri désormais.

    Gordes : village perché devenu trop cher, plus beau de loin que de près.

    J2
    Roussillon :
    village perché couleur ocre, peuplé de commerces, comme cette librairie gourmande dont la terrasse pour une collation (pour une prochaine fois !) offre un beau point de vue. (Très touristique : y venir avant 11 heures.)

    Apt : petite ville où l’on croise d’appétissantes fougasses.

    Saignon : un petit coup de coeur pour ce charmant village perché, surplombant Apt, dont la belle place ombragée nous appelait pour s’y restaurer. Hélas, ce sera pour un prochain passage.

    Viens : un très joli village fortifié déserté par les touristes et ses habitants.

    Bonnieux : On y grimpe, on y grimpe…

    Ménerbes : Village forteresse, encore paisible, encore épargné par les commerces.

    J3

    Avignon :
    L’effervescence de la vieille ville en plein festival, où il ferait bon vivre, avec sa jolie rue des Teinturiers, bordée par une rivière, et ses nombreuses places avec terrasses (la visite du palais et du pont paraissait incontournable ; elle n’est en fait pas indispensable et ne serait pas à refaire !)


    Goult : joli village, animé par la terrasse de son café où attablé, Souchon regardait passer Adjani dans L’Eté meurtrier.

    Ansouis : village endormi que l’on découvre en un petit quart d’heure.

    Pertuis : bourg non dénué de charme où les gens sont chauds comme de la braise.

    Cucuron : village devenu Cucugnan dans les Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet, plus important que les autres, où il fait bon se restaurer au bord du bassin ombragé.

    Lourmarin : en passe de devenir le petit Saint-Trop’ du Lubéron, avec ses terrasses, ce qui peut attirer ou faire fuir…

    Lacoste : Les ruines du château de Silling, racheté par Pierre Cardin, nous nargue de loin, surtout quand le soir elles se parent de mille feux, comme pour rappeler le désir d’un certain marquis de Sade qui y décrivit les « 120 journées de Sodome ». Gageons que le village, fort joli, risque lui aussi d’être acheté pierre après pierre par les gens fortunés venant au Festival de musique.

    L’Isle-sur-Sorgue : Très jolie ville au bord de l’eau, ornée par ses roues à aube et longée par des îlots de brocanteurs.

    Les manqués (faute de temps) :
    Cavaillon, Caumont-sur-Durance, Mérindol, Lauris, Cadenet, Vaugines, La Tour-d’aigues, Grambois, Oppède, Robion, Sivergues, Bijoux, Rustrel, Lagarde-d’Apt, Saint-Saturnin-lès-Apt, Lioux, Murs, Fontaine-de-Vaucluse.

    Où se loger :

    Une adresse de charme aux Baumettes, située idéalement pour visiter le Lubéron. Le nom seul invite à la sérénité :
    Au ralenti du lierre.
    Quelle belle trouvaille que ce nom dont fut baptisée cette belle maison recouverte de… vigne vierge sur sa façade et de lierre autour de sa piscine !Chaque chambre a été refaite et décorée avec goût, sans jamais se ressembler. Les petits-déjeuners, soignés et faits maison (pain, confiture, brownie, jus d’orange pressée), se prennent en terrasse, au bord de la piscine.

    La cuenta, por favor !
    70 à 90 euros la nuit, taxes de séjour et petit déjeuner compris.

    Pour en savoir davantage : Auralenti du lierre

    Où s’ouvrir les papilles gustatives :

    De la route, l’adresse ne paie pas de mine et ne donne pas envie de s’y arrêter. C’est pourtant ce que nous avons fait, aidés en cela par notre bon vieux guide du Routard et par les menus trop coûteux aperçus çà et là. L’Auberge Le Fiacre proposait deux menus bien alléchants et d’un bon rapport qualité-prix au vu des tarifs pratiqués dans cette région touristique.

    Ici, il fait bon vivre à l’ombre des tilleuls, en terrasse. Les deux femmes de la maison nous accueillent avec gentillesse et leur bon accent du pays et l’homme est aux fourneaux.

    La cuenta, por favor !
    Apéro 4 euros, mise en bouche, entrée, plat, fromage et dessert pour 22 ou 30 euros, bouteille de rosé à 22 euros, café 2,50 euros (tarifs 2008).

    Pour en savoir davantage : Auberge Le Fiacre

    Les nourritures littéraires :

    - Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet
    - L’eau des collines de Marcel Pagnol (roman en deux parties : Jean de Florette et Manon des Sources)
    Colline de Jean Giono
    - Les Cent Vingt Journées de Sodome du marquis de Sade.

    Lulu femme nue ** à *** d’Etienne Davodeau (2008)

    24.02
    2011

    Copyright Futuropolis

    Tomes 1 & 2
    “J’en ai marre, Tanguy.”

    Tout commence à partir de l’aveu de Lulu fait à son époux sur son portable, à sa sortie d’un entretien d’embauche, certaine de ne pas être prise, après seize ans sans avoir travaillé pour pouvoir élever ses trois enfants. Ce jour-là, elle n’a pas le courage de rentrer chez elle. Elle prend une chambre à l’hôtel où elle rencontre une VRP qui lui propose de l’emmener sur la côte. Ses amis sont tous réunis qui pour retracer son escapade qui pour l’apprendre de la bouche des autres.

    Le personnage de Lulu est drôlement attachant. Comment ne pas comprendre le ras-le-bol de cette femme qui semble n’avoir jamais vécu pour elle-même ? Comment ne pas imiter son meilleur ami, inquiet, parti l’espionner, et qui la découvre rayonnante, libre enfin ? Alors vite, au second tome, afin de poursuivre la lecture de cette bande dessinée dont le thème principal, vous l’aurez compris, est la condition féminine de ces épouses et mères si nombreuses, qui, même si elles ne travaillent pas, n’ont jamais de temps LIBRE… pour elles.

    Lulu femme nue a son blog, créé par Etienne Davodeau le temps de la parution du second tome !
    Et hop, lu en février 2011 le second tome de Lulu femme nue :
    Lulu poursuit son escapade. Elle ne veut pas rentrer, pas maintenant.  »A quarante ans passés, pour la première fois de sa vie, votre amie Lulu fait du stop » raconte sa fille à ses amis pressés d’apprendre ce qui lui est arrivé. Elle se retrouve dans une station balnéaire, mais sans un sou pour pouvoir manger et dormir au chaud. Alors elle tente, pour la première fois de sa vie aussi, de voler le sac d’une vieille femme, pour s’en repentir aussitôt et lui venir en aide. C’est alors que cette dernière lui fait une bien étrange proposition : lui offrir le gîte et le couvert en échange du récit de ses journées…
    Indubitablement cette BD aura eu le chic pour nous offrir le grand large, nous redonner une bouffée d’air frais, par le biais de cette aventurière du quotidien, en quête d’identité, de rencontres et de liberté.
    A lire seulement si vous avez lu la BD : La fin peut paraître un peu étonnante, vu la métamorphose de Lulu, comme si une parenthèse se fermait, mais le lecteur pourra deviner que plus rien ne saurait être comme avant, désormais.
    Un vrai coup de coeur !

    DAVODEAU, Etienne. – Lulu femme nue : premier livre. – Futuropolis, 2008. – 77 p. : ill. en coul. ; 30 cm. – ISBN 978-2-7548-0102-7 : 16 euros.

    Lulu, femme nue. Second livre / un récit en deux volumes d’Étienne Davodeau. – [Paris] : Futuropolis, 2010. – 77 p. : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm. - ISBN 978-2-7548-0103-4 (rel.) : 16 EUR. – EAN 9782754801034.

    Emprunté pour le premier à la médiathèque, puis coffret des 2 tomes acheté à Legend BD.


    Rencontre avec Etienne Davodeau
    envoyé par EVENE.

    Indignez-vous !* de Stéphane Hessel (2010)

    14.01
    2011

    Fort de son âge et de son expérience d’ancien résistant et d’ancien déporté torturé, Stéphane Hessel adresse aux citoyens français : « Indignez-vous ! ». Non seulement, dit-il, il y a de nombreux motifs pour ne pas être fiers de ce qui se passe dans notre pays (« cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés », (…) où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, (…) cette société où les médias sont entre les mains des nantis »), mais surtout l’indignation est salutaire pour un pays, c’est par elle que commence la résistance civile. La politique menée dans ce pays est contraire aux principes et aux valeurs adoptés par le Conseil National de Résistance. Elle remet en cause toutes les conquêtes sociales d’après-guerre : une Sécurité sociale permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours, la nationalisation des sources d’énergie, des compagnies d’assurance et des banques, « une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général », une presse indépendante « à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères. »


    Que nous apporte la lecture de ce petit discours, sorti en octobre et meilleure vente en France depuis fin décembre, de ce « pamphlet » de 13 pages tout au plus, qui fait le choix de consacrer deux pages à la Palestine parmi toutes les guerres dans le monde ? Pas grand’chose à vrai dire. Mal construit, un peu fouillis, évoquant l’influence de Sartre et de l’existentialisme, rappelant les causes du fascisme et du régime de Vichy, ce discours, prononcé au nom de tous des vétérans des mouvements de résistance (furent-ils consultés ?), et non en son seul nom qui figure sur la couverture, s’élève contre l’indifférence et clame haut et fort ce que le commun des citoyens pense de manière un peu triste, défaitiste, voire révoltée.

    Or, c’est bien là que le bât blesse, faisant de ce petit livre que l’on s’arrache un objet consensuel : l’auteur nous demande de regarder autour de nous et de nous indigner, tout en prônant la non-violence, la violence n’ayant jamais rien fait avancer. Oui, et alors ? N’est-ce pas ce que nous faisons ? Ne sommes-nous pas déjà allés au-delà, agissant réellement, manifestant publiquement notre « indignation » ? Ne nous a-t-il pas vu défiler dans la rue pour les retraites ? Depuis longtemps, le stade de l’indignation est dépassé pour beaucoup d’entre nous : du changement, voilà ce que la plupart d’entre nous voulons, un refus net et catégorique de cette société qu’on nous impose, de cette société qui avantage outrageusement ses riches, fait culpabiliser ses actifs en leur demandant de travailler plus, et méprise ses inactifs, jeunes ou vieux, et l’éducation des premiers.

    Sur ce point, nous sommes bien d’accord, et c’est pourquoi ce petit fascicule, qui n’a absolument rien de révolutionnaire dans tous les sens du terme, est finalement le bienvenu : il donne une certaine légitimité à nos réflexions, à nos rancoeurs, en les mesurant à l’aune de toute une vie d’ancien résistant. Et si son succès s’explique par la confirmation qu’il apporte aux doutes de certains sur la justesse / justice d’une politique qui va droit dans le mur, prônant toujours plus d’inégalités sociales sur le grand échiquier des intérêts économiques des multinationales, alors on ne peut que s’en féliciter.

    Indigènes éditions, 2010. – 29 p.. – (Ceux qui marchent contre le vent). – ISBN 978-2-911939-76-1 : 3 €.

    Les années 68 * de Patrick et Charlotte Rotman (2008)

    11.12
    2010

    « Les » années 68 : choisir ce titre, c’était déjà rappeler que le mois de mai qui ébranla la France s’inscrivait dans un contexte politique, social, économique et culturel bien particulier, celui des sixties.

    D’innombrables photographies, affiches et graffitis illustrent l’historique que dressent Patrick et Charlotte Rotman de ce vent de révolte qui secoua la France comme toute la scène internationale : y figurent le Che comme De Gaulle, la guerre du Vietnam, la révolution des oeillets et les grèves ouvrières, le suffrage universel, la pilule et les manifestations pour l’IVG, les prises de position de Sartre, le cinéma de Godard, les chansons de Dutronc et de Polnareff comme celles des Beatles ou des Doors.

    Un très beau livre, offrant de magnifiques photographies d’époque en pleine page, et nous replongeant totalement dans cette époque exaltante et bouleversée.

    Les années 68 / Patrick Rotman, Charlotte Rotman. – Paris : Seuil, impr. 2008. - 339 p. : ill. en noir et en coul., jaquette ill. en coul. ; 35 cm. - ISBN 978-2-02-091320-1 (rel.) : 59 EUR.

    Emprunté à la médiathèque