Mots-clefs ‘être imaginaire’

Souterrains de Romain Baudy

04.10
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

 

Lucien n’est pas comme son beau-frère Henri un révolté : il ne perd pas ton temps à faire la révolution au café mais à bêcher son jardin, et, pour obtenir une prime, il n’hésite pas à se porter volontaire pour tester la nouvelle machine achetée par l’exploitation minière. Mais, arrivée en bas, l’équipe de volontaires découvre qu’il s’agit en fait de machine d’un robot bien plus efficace que n’importe quel mineur. Lucien se sert alors de la dynamite que lui a donné Henri pour faire sauter le robot. Mais ce dernier choisit de leur sauver la vie et la sienne : le souterrain s’étant effondré, ils partent à l’aventure et découvre un monde souterrain où des nains font travailler d’étranges créatures…

J’avais déjà salué le premier opus de Romain Baudy, Pacifique. qui surfait déjà sur la vague du fantastique. Pour son second ouvrage, Romain Baudy choisit de tout faire, et le scénario et le dessin, en imaginant une histoire fantastique surprenante, en ce sens que le lecteur pense entamer une critique sociale sur le monde du travail et plus particulièrement dans le milieu des mineurs, puis soupçonne un brin d’anticipation avec l’arrivée du robot et finit par glisser dans un univers proche de l’héroïc fantasy. Voilà qui est périlleux mais audacieux ! Nonobstant une ou deux faiblesses du scénario, c’est plutôt réussi, et c’est même exactement le genre de récit que j’aime à lire et à écrire.

 

BAUDY, Romain

Souterrains

Casterman, 2017

134 p. : ill. en coul.

EAN13 9782203094482 : 20 €

Hilda et la parade des oiseaux de Luke Pearson

15.10
2014

 

COP. CASTERMAN

COP. CASTERMAN

Reprenant les aventures d’Hilda publiées chez Nobrow, Casterman avait commencé par publier le 4e tomeHilda et le chien noir, nous plongeant immédiatement dans le monde merveilleux peuplé d’êtres imaginaires qu’habite Hilda, la petite fille aux cheveux bleus. 

Pas facile de s’intégrer lorsqu’on débarque tout droit de sa montagne ! Hilda, le moral en berne, découvre la ville de Trollbourg et essaie de s’y faire des amis. Lors d’un de leurs jeux, ces derniers blessent un corbeau que secourt Hilda. Ils s’enfuient, la laissant seule et perdue dans cette ville inconnue, avec un oiseau blessé et chargé d’une mission très importante, mais laquelle ? Le coup l’a rendu amnésique !

Dans ce troisième tome, l’exemplarité d’Hilda se confirme. Son leitmotiv ? Aider son prochain, quel qu’il soit, et sans aucun préjugé. Un plaisir de lecture renouvelé à chaque opus. On a hâte de lire la suite !

A lire dans le même esprit : Hilda et le troll et Hilda et le géant de minuit.

A partir de 8 ans.

PEARSON, Luke. - Hilda et la parade des oiseaux / trad. par Basile Béguerie. – Casterman, 2014. – 64 p. : ill. en coul. ; 31 cm. – EAN13 978-2-203-08147-5 : 14,95 €.

Hilda et le géant de minuit de Luke Pearson

08.10
2014
cop. Casterman

cop. Casterman

Reprenant les aventures d’Hilda publiées chez Nobrow, Casterman avait commencé par publier le 4e tomeHilda et le chien noir, nous plongeant immédiatement dans le monde merveilleux peuplé d’êtres imaginaires qu’habite Hilda, la petite fille aux cheveux bleus. 

Des lettres minuscules menacent Hilda et sa mère de démolir leur maison si elles refusent de quitter les lieux. Seulement ni l’une ni l’autre ne voient leur ennemi. Cette nuit-là, Hilda voit un géant qui disparait aussitôt. Et le lendemain matin, c’est un elfe qui vient parler à l’oreille d’Hilda : si elle signe le protocole, elle pourra désormais tous les voir. .. Et, effectivement, leur maison est au beau milieu de la ville de ces êtres minuscules qu’elles piétinent sans le savoir à longueur de temps…

Dans ce deuxième tome, les aventures d’Hilda commencent à prendre davantage d’épaisseur, épousant la forme d’un parcours initiatique au cours duquel Hilda va connaitre les préoccupations d’un microcosme et d’un macrocosme susceptibles de la faire relativiser son intérêt personnel. Vraiment chouette, on en redemande !

A lire dans le même esprit : Hilda et le troll et Hilda et la parade des oiseaux.

A partir de 8 ans.

PEARSON, Luke. - Hilda et le  géant de la nuit / trad. par Basile Béguerie. – Casterman, 2014. – 64 p. : ill. en coul. ; 31 cm. – EAN13 978-2-203-08121-5 : 14,95 €.

Hilda et le troll de Luke Pearson

01.10
2014
cop. Casterman

cop. Casterman

 

Reprenant les aventures d’Hilda publiées chez Nobrow, Casterman avait commencé par publier le 4e tome, Hilda et le chien noir, nous plongeant immédiatement dans le monde merveilleux peuplé d’êtres imaginaires qu’habite Hilda, la petite fille aux cheveux bleus. 

Ivre de nature et de grand air, Hilda n’aime rien autant que de dormir sous sa tente lorsqu’il pleut ou explorer la montagne avec Brindille, tandis que sa mère travaille sur sa table à dessin. Un jour, elle aperçoit un troll de pierre endormi, au nez duquel elle accroche une clochette au cas où il bougerait, puis le dessine sur son carnet à croquis, avant de s’endormir…

C’est un vrai régal que d’entrer dans l’univers merveilleux d’Hilda, petite Heïdi moderne et pétulante vivant dans un chalet isolé en pleine montagne : effrayantes au premier abord, les créatures que rencontre Hilda – un bonhomme en bois intrusif, un troll de pierre raumatisé et un géant bleu perdu – se révèlent être au fond bien sympathiques. Pas de quoi avoir peur des monstres, n’est-ce pas, les enfants ? Une excellente idée cadeau.

A lire dans le même esprit : Hilda et le géant de la nuit et Hilda et la parade des oiseaux.

A partir de 8 ans.

PEARSON, Luke. - Hilda et le troll / trad. par Basile Béguerie. – Casterman, 2014. – 64 p. ill. en coul. ; 31 cm. – EAN13 978-2-203-08122-2 : 15,50 €.

Anges * de Dieter & d’O.G. Boiscommun (2001)

18.05
2011

cop. Les Humanoïdes associés

Dans l’église de Saint-Eustache, les deux anges gardiens Jéliel et Yésod sont censés veiller aux bonnes moeurs de leurs paroissiens, mais préfèrent siroter le vin de messe et se taper quelques hosties. Aussi se font-ils menacer par leur supérieur d’une mutation à Notre-Dame. Qu’à cela ne tienne : il y a bientôt plus préoccupant car le curé semble se comporter de bien curieuse manière, tandis que des démons font leur apparition… Quand le mendiant de l’entrée se suicide, certes une délicieuse angelette naît du défunt, mais les démons semblent avoir aussi de sombres desseins, que nos deux compères vont être seuls à devoir déjouer !

Davantage encore que le scénario tragicomique et l’espièglerie de ces êtres imaginaires, le dessin aux tonalités essentiellement chaudes séduit d’emblée. Sans doute passerez-vous, avec ce premier tome, un bon moment.

DIETER, BOISCOMMUN, Olivier G.. – Anges. – les Humanoïdes associés, 2001. – 55 p. : ill. en coul.. - ISBN-13 : 9782731614657.

Encyclopedia diabolica : tome 1 ** de Christophe Kourita (2010)

01.12
2010

Le professeur Lafayette, Yôkailogue, spécialiste des yôkai, également appelés Mononoké, ces êtres imaginaires qui peuplent traditionnellement le Japon, nous révèle leur présence disséminée à travers toute la France. Sirènes de feu en Bretagne, Plantureux au Puy-en-Velay, Grande Gueule Noire dans le Nord,… facétieux, maléfiques, ces êtres capables de prendre des formes variées, sources de bien comme de mal, expliquent bien des phénomènes étranges, et connaissent l’âme humaine mieux que personne.

D’origine nippo-française, Christophe Kourita a la particularité d’allier une solide culture de la bande dessinée à une expérience de mangaka au Japon. Il a donc eu l’idée bien sympathique d’exploiter en une douzaine d’histoires le bestiaire surnaturel japonais en faisant voyager son lecteur à travers les différentes régions française. Du coup, on ouvre un curieux objet illustré en couleurs, de format manga, avec ses chapitres courts donnant du rythme à l’ensemble, mais aux personnages aux traits forcément bien franchouillard.  On serait tenté de les prendre pour des contes pour enfants, mais ne vous y trompez pas, ils font alors partie de ceux qui, historiquement, évoquent bien souvent le thème de la mort et du deuil.

Une excellente idée cadeau pour des adolescents.

Vous pouvez lire d’autres critiques dans Télérama et sur BDGest’.

Préface de Jirô Taniguchi.
Ed. Ankama, 2010. – 152 p. : ill. en coul. ; 21 cm. – ISBN 978-2-35910-114-0 : 11,90 EUR.

Peter Pan ** de Loisel

09.07
2007

Loisel revisite l’histoire de Peter Pan, imaginée par James Matthew Barrie, et adaptée à l’écran par Walt Disney.

Le premier album surprend d’abord : il nous plonge dans le Londres des plus démunis, dans l’alcoolisme, la prostitution et la cruauté. Les personnages sont laids, la figure édentée et mauvaise. Seules lumières dans cette fange : le jeune Peter qui raconte à des orphelins la douceur des caresses de sa maman fictive, Sir Kundal qui lui a appris à aimer toutes sortes d’histoires, à lire et à écrire, et… la petite fée Clochette qui vient sauver Peter de ce monde d’adultes qui n’est que concupiscence.

Les albums suivants construisent le personnage de Peter Pan, son monde peuplé de sirènes mortelles, de nains, de centaures, d’elfes et de fées, du crocodile Tic-Tac et du capitaine Crochet. Peter Pan retourne parfois dans le monde des adultes d’où il vient, emportant avec lui sa mallette de médecin, un Londres dans lequel Jack The Ripper défraie la chronique en éventrant les prostituées, dont la mère alcoolique et sans coeur de Peter…

Ce monde, pourtant, n’est pas aussi merveilleux qu’il n’y paraît, car il est le pays de l’oubli et de l’enfance, un pays où l’on oublie tout, même ceux que l’on a aimés et qui ont été assassinés, un pays où l’on ne subit pas les conséquences de sa méchanceté ou de sa jalousie…

Après la lecture du premier tome, très sombre, c’est un vrai plaisir de se retrouver dans ce monde féérique, de voir Peter le modeler peu à peu et Peter devenir Peter Pan avec ses enfants perdus. Mais Loisel se garde de nous dépeindre un monde merveilleux vers lequel s’échapperaient tous les enfants que nous demeurons dans nos coeurs : d’abord par la peinture de ses personnages, aucun ne représentant vraiment un canon de la beauté ni ne respirant la bonté, puis par son histoire qui laisse planer quelques doutes sur la véritable identité de Peter à Londres…
Au final, voici une série que j’ai avalé d’un trait mais qui m’a laissé un arrière goût doux-amer, comme des souvenirs d’enfance peut-être…. qu’on prendrait garde à ne pas trop embellir.

Un site est consacré à cette série de Vents d’ouest.

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