Mots-clefs ‘érotisme’

Danse avec la vie de Zoé Valdés

01.09
2017
cop. Folio

cop. Folio

 

 

Comment dire ?… Je n’ai pas trouvé d’intérêt à ce roman, que je n’ai d’ailleurs, pour le coup, pas terminé… Ni au niveau de l’intrigue, qui se veut érotique, ni au niveau de l’écriture… Pour une fois je passe mon tour…

Toute la vérité sur le sujet de Bill Plympton

10.10
2012

cop. Paquet

Le mercredi, c’est bande dessinée.

BD pour adultes

 

Et une lacune de moins ! Eh oui, j’avoue, je ne connaissais pas du tout Bill Plympton, qui a reçu la Palme d’or du meilleur court-métrage en 1988 pour Your face. Qu’à cela ne tienne : on a eu tôt fait de me prêter l’une de ses bandes dessinées.

Ici, il ne s’agit pas du visage de la femme aimée, mais d’une partie de son anatomie qui obsède pas mal d’hommes : ses seins. En découle une série de planches, tantôt en couleurs, tantôt en noir et blanc, au crayonné jamais tout à fait précis, rapide et direct, qui racontent des anecdotes sexuelles mêlant absurde et fantastique. Evidemment, il est difficile de ne pas mettre en lien ces histoires décalées, souvent pleines d’un humour corrosif, à l’imaginaire de Roland Topor.

Découvrez ses court-métrages sur Youtube.

 

Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras (1950)

10.06
2010

Duras

La mère de Suzanne et Joseph a offert toutes ses économies pour avoir le droit d’exploiter son lopin de terre dans cette Indochine colonisée des années 20. Mais la crue du « Pacifique », chaque année, réduit chaque année ses espoirs à néant. Elle a bien cru pouvoir la défier en édifiant un barrage… qui s’écroulera, dévoré par les crabes. Tous trois depuis vivotent misérablement dans un bungalow sur cette terre marécageuse, et voient en le riche Mr. Jo, amoureux de Suzanne, une aubaine, voire un gogo à plumer…

Un troisième roman de Marguerite Duras, de facture classique, un roman de la souffrance, de la misère de ces petits blancs exploités par les riches colons blancs, où fusent ses sarcasmes, sa critique acerbe des pratiques coloniales, où néanmoins miroite déjà un érotisme latent et interdit. Une histoire avec Mr Jo qui préfigure celle de l’Amant. Loin de le considérer parmi ses meilleurs romans, je le qualifierai plutôt de galop d’essai virulent.

Petite anthologie de la littérature érotique * de Gilles Guilleron (2009)

15.06
2009

Ne dites pas : « J’ai douze godmichés dans mon tiroir. »
Dites : « Je ne m’ennuie jamais toute seule. »
Ne dites pas : « Les romans honnêtes m’emmerdent. »
Dites : « Je voudrais quelque chose d’intéressant à lire ».

Pierre Louÿs, Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation (1926)

Eh bien, voilà une petite anthologie de la littérature érotique effectivement  intéressante à lire. Suivant le schéma rôdé d’une phrase introductive, d’un extrait choisi et d’une courte biographie et bibliographie, Gilles Guilleron nous livre ici un aperçu de ces échappées coquines et lutines des plus grands écrivains français (Ronsard, La Fontaine, Diderot, Baudelaire, Mallarmé, Duras,…), et de quelques-uns moins connus, de l’enlacement pudique de Chrétien de Troyes jusqu’au rêve de Zelda décrit par Gilles Leroy ou encore la mise en scène d’une exposition sexuelle d’huîtres humaines par Frédéric Ciriez. L’érotisme y est ainsi mis en mots d’une bien belle manière avec ces grandes plumes. Certes, peut-être n’aurais-je pas porté mon choix sur les mêmes extraits – certains sonnets de Louise Labé me paraissent par exemple beaucoup plus évocateurs – mais cette anthologie classique, encore trop sage à mon goût, a le mérite de dresser l’arborescence chronologique de textes littéraires au parfum de fruits défendus, dont il ne reste plus ensuite au lecteur novice qu’à cueillir ceux de son choix pour prolonger le plaisir du texte par une lecture intégrale, comme autant de pistes à explorer.

GUILLERON, Gilles. – Petite anthologie de la littérature érotique. – Paris : First Editions, 2009. – 158 p. ; 12*9 cm. – ISBN 978-2-7540-1075-7 : 2,90 €.

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Art nouveau et érotisme de Ghislaine Wood

20.04
2009

Dans cet essai, Ghislaine Wood démontre, en brossant un historique détaillé et en s’appuyant sur de nombreuses œuvres – phare, à quel point l’art nouveau, ce mouvement artistique qui marqua la fin du 19e siècle, fortement influencé par les « shunga » et « netsuke » japonais, reflétait la fascination des artistes d’alors, tels que Klimt ou Rodin, pour l’identité sexuelle et érotique. Par le biais d’affiches publicitaires pour Alfons Mucha et Leo Putz, de bijoux pour René Lalique, de détails architecturaux pour Hector Guimard et Antoni Gaudi, d’objets quotidiens pour Rupert Carabin, Auguste Ledru, Maurice Bouval, Jules Desbois, Max Blondat, Frans Hossemans et Egide Rombaux, ils mettent ainsi en exergue le corps féminin, ou masculin, afin de repousser les frontières des codes établis, et d’envahir le quotidien d’un érotisme latent.

Un petit documentaire richement illustré, ajoutant quelques exemples à mon intérêt pour l’art nouveau.  

Une éducation libertine de Jean-Baptiste del Amo

02.09
2008
RENTRÉE LITTÉRAIRE 2008
SÉLECTION GONCOURT
Prix Laurent-Bonelli
«C’est un homme sans vertu, sans conscience. Un libertin, un impie. Il se moque de tout, n’a que faire des conventions, rit de la morale. Ses mœurs sont, dit-on, tout à fait inconvenantes, ses habitudes frivoles, ses inclinations pour les plaisirs n’ont pas de limites. Il convoite les deux sexes. On ne compte plus les mariages détruits par sa faute, pour le simple jeu de la séduction, l’excitation de la victoire. Il est impudique et grivois, vagabond et paillard. Sa réputation le précède. Les mères mettent en garde leurs filles, de peur qu’il ne les dévoie. Il est arrivé, on le soupçonne, que des dames se tuent pour lui. Après les avoir menées aux extases de l’amour, il les méprise soudain car seule la volupté l’attise. On chuchote qu’il aurait perverti des religieuses et précipité bien d’autres dames dans les ordres. Il détournerait les hommes de leurs épouses, même ceux qui jurent de n’être pas sensibles à ces plaisirs-là. Oh, je vous le dis, il faut s’en méfier comme du vice.» (p. 112-113).


C’est de cet homme, Étienne, que tombe amoureux Gaspard, modeste employé d’un perruquier en ce 18e siècle, dormant dans une cave avec les rats, après avoir laissé derrière lui Quimper pour la capitale, puis les bas-fonds de la Seine et Lucas qui l’avait pris sous sa protection, pour la Rive Gauche. Devenir lui, telle est son ambition. Et c’est après avoir connu les bordels de Paris qu’il aura un sursaut et s’introduira coûte que coûte de nouveau dans les salons mondains…

 

« Je n’ai jamais rien désiré. Je n’ai jamais eu le temps de désirer. Chacune de mes attentes est comblée avant même que je ne l’éprouve. Tu souhaitais connaître la noblesse ? La voici. La noblesse, c’est l’ennui et tant de fantômes naissent de l’ennui. Des envies, il faut m’en créer pour me sentir vivant. Mais sitôt consommées, elles m’ennuient à nouveau. De tout temps, c’est l’ennui qui me ronge, un profond, un sempiternel ennui me dévore comme une gangrène. Et déjà je m’ennuie de toi. » (p. 207)
 

Dans ce roman on passe facilement de la fange dans laquelle pourrissent peu à peu les gens du peuple au cercle plus convoité des nobles et parvenus, sans que le sort d’aucun d’entre eux ne soit plus enviable. De peur de l’abîmer précocement dans les eaux de la Seine, le protagoniste du récit n’hésite pourtant pas à vendre son corps pour sortir de sa condition, et c’est de cet apprentissage, de cette abnégation de son propre corps, de cette éducation libertine dont il s’agit ici. Une violation, une souillure de ce corps dont hélas il ne se rétablira pas, le violentant, le meurtrissant, l’abîmant pour tenter d’en extraire tous les sacrifices auxquels il a consenti pour survivre puis pour accéder au gratin mondain, pour obtenir sa place parmi les nobles.
C’est un roman bien troublant que voilà, un premier roman d’un auteur de 26 ans seulement, le seul dans la sélection qui aurait pu suffire à réhabiliter le prix Goncourt qui, s’il suivait à la lettre le testament des deux frères, récompenserait la première œuvre d’un jeune auteur prometteur.

Du Parfum de Patrick Süskind, il en a l’odeur, les odeurs, celles nauséabondes du peuple comme les senteurs de la noblesse destinées à masquer leurs faiblesses, et celle des aisselles de ses multiples partenaires.

Un très bon roman (2 à 3 étoiles), époustouflant par sa maîtrise du verbe, de la progression, de l’analyse des sentiments et surtout des sensations, un jeune auteur à suivre, mais qui, à coup sûr, n’aura pas le prix Goncourt des lycéens, son sujet en ayant choqué plus d’un.

 

Beaucoup aimé, vraiment

Ici le blog de Jean-Baptiste Del Amo.

DEL AMO, Jean-Baptiste. – Une éducation libertine. – Gallimard, 2008. –  434 p.. – ISBN 978-2-07-011984-4 : 19 €.
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et Ce que la blogosphère en a pensé :

Aurore : « Véritable plongée dans un XVIIIe siècle plein de bruits et d’odeurs, ce premier roman de Jean-Baptiste Del Amo, sur la liste du Goncourt au premier coup d’essai, nous surprend par sa richesse et ses descriptions d’un Paris de luxure, de crasse et de violence. »

Flora : « Et même si sa lecture est plutôt aisée, j’avoue que j’ai eu du mal à finir ce texte plutôt dense mais ô combien riche, d’idées et d’odeurs. (…) Finalement, j’ai avancé dans ma lecture par curiosité de connaître le destin de Gaspard, d’abord ouvrier misérable, employé d’un perruquier à la faveur du hasard, prostitué et finalement… »

Isil : « Une éducation libertine est un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire donc, qui pourtant me laissera une impression, forte certes, mais assez imprécise, impression plus due à l’ambiance qu’à l’intrigue au final peu développée. Del Amo est pourtant un jeune écrivain à suivre. »

In Cold Blog : « De l’ascension à la déchéance, le parcours de Gaspard, arriviste amoral pour le moins antipathique, est captivant de bout en bout. La galerie de personnages secondaires participe également à faire d’Une éducation libertine un premier roman remarquable, du généreux Lucas au médiocre Billod, en passant par Emma, prostituée au grand cœur, le pathétique baron de Raynaud ou la clairvoyante Adeline d’Annovres… sans oublier, Paris, personnage capital(e) à part entière. « 

Kalistina : « J’ai eu la sensation de lire avec ce roman ce qui pourrait bien être un classique de demain. Un chef d’œuvre à mon sens. »

Karine : « Je reconnais que la plume est soignée, originale et qu’elle m’aurait beaucoup plu si elle ne m’avait pas levé le cœur à toutes les 10 lignes. Un roman intéressant, dont j’ai apprécié la finale, tout particulièrement, mais auquel j’ai quand même trouvé quelques longueurs. Pour les lecteurs au cœur bien accroché. »

Lau : « J’ai aimé voyager dans les profondeurs de Paris et de l’âme. Roman très fort qui ne laisse pas indemne. Roman qui dérange mais qu’on ne peut qu’admirer. »

Laurent : « Il est vrai que le sujet n’est pas neuf, mais la griffe de l’auteur est bien là, avec son style et son monde. »

Liliba : « Un livre à lire, qui ne peut je crois laisser indifférent, et qui me semble être une très belle description de la vie de cette époque. »

Lou : « J’attendais peut-être un peu trop de ce roman mais Jean-Baptiste Del Amo est sans aucun doute un écrivain prometteur que je serais curieuse de relire un jour. Et, malgré mes réserves, Une éducation libertine est un bon roman, voire plus encore. »

Mazel : « Roman d’apprentissage, Une éducation libertine retrace l’ascension et la chute d’un homme asservi par la chair. »

Nanne : « Nul lecteur ne pourra s’empêcher de faire le rapprochement avec « Le ventre de Paris ». A la différence que les halles ne sont pas la toile de fond de ce roman intense, touffu, fouillé parfois jusqu’à l’overdose, mais plutôt les bordels de bas étage, la fange, la lie de la société du 18e siècle. »

Pascal : « Que dire de cet ouvrage, si ce n’est qu’au delà de toutes ces descriptions morbides et répugnantes, on ne peut plus lâcher ce roman tant le style y est éclatant et la narration captivante ? Une fois ouvert ce livre, impossible de se détacher de Gaspard et de ne pas suivre son parcours au sein de cette grouillante fourmilière parisienne dans le but de s’arracher à ce magma d’immondices qui l’étouffe. »

Pierre Maury : « L’éducation est ici celle, et uniquement celle, de l’argent et du pouvoir – pouvoir illusoire en un temps où le pays vacille sur ses bases. Les philosophes mettent en doute bien des certitudes. La Révolution n’est plus très loin. En attendant, Paris pouilleux danse une funèbre farandole, emporté dans un délire comparable au fleuve malsain qui infecte plus qu’il nettoie. »

Plaisirsacultiver : « Une éducation libertine est une extraordinaire fresque sur un jeune arriviste nauséabond dans un Paris proche de Sodome et Gomorrhe. »

Voyelle et Consonne : « Pour son premier roman, Jean-Baptiste Del Amo marche dans des sentiers balisés – le roman d’initiation dans un cadre historique – mais il parvient dès les premières pages à imposer une écriture sensuelle, très travaillée et néanmoins prenante. »

Yspaddaden : « En ignorant les tentations de l’autofiction auxquelles cèdent bien des premiers romans, Del Amo signe la victoire du romanesque le plus flamboyant sur le nombrilisme germanopratin. Et réjouissons-nous : il n’a que vingt-six ans ! »

Henry & June : tome 1 ** d’Anaïs Nin (1986)

21.02
2007

Anaïs, mariée au loyal Hugo, est irrésistiblement fascinée par June, la compagne d’Henry Miller, avec laquelle elle entame une relation sexuelle. Quand cette dernière repart pour New York, elle se rapproche alors d’Henry Miller, comparant leurs textes sur leur amour commun et assouvissant un désir physique quasiment bestial. Anaïs, épanouie, répond alors aux avances d’Eduardo, qu’elle avait jadis comparé à l’homme idéal, et, sur ses conseils, entame une psychanalyse, pensant chercher dans ses amants la figure paternelle absente de son enfance, et leur envier leur pouvoir sexuel…

Ce journal intime dépeint par touches impressionnistes la relation triangulaire naissante entre la narratrice, Anaïs Nin, et le couple formé par June, cette magnifique coquille vide, et Henry Miller, l’impressionnant intellectuel. A l’époque, ce duo sulfureux d’écrivains emblématiques de la littérature érotiqueétait encore inconnu. Anaïs trouve dans l’infidélité (« J’ai découvert le plaisir de diriger ma vie comme un homme en faisant la cour à June. »), assouvissant ses instincts triviaux avec Henry, retrouvant la même sensibilité chez Fred, éprouvant quasiment de la compassion pour Eduardo à qui elle ne sait pas dire non.

Passé le premier tiers de ce journal, j’ai commencé à véritablement savourer la sensualité de son écriture, cette subtile mise en mots des désirs d’une femme (« Assise au coin du feu à côté d’Hugo hier soir je me suis mise à pleurer – femme écartelée, devenue à nouveau homme-femme -(…). »), tantôt femme séductrice et dominatrice, tantôt femme soumise à ses propres instincts et à ceux de son amant, tantôt femme-enfant fragile recherchant le réconfort paternel. une échappatoire à un amour exclusif et étouffant conduisant fatalement à une attente trop grande et inassouvie : plus que jamais elle se sent vivre, épanouie et équilibrée, révélant chacune de ses facettes avec ses multiples conquêtes : épouse aimante avec Hugo, complice et presque virile avec June.

223 p.