Mots-clefs ‘enfance’

Le monde de Zhou Zhou de Golo Zhao & Bayue Chang’an

13.09
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

La mère élève seule Yu Zhouzhou, âgée de 6 ans, dans un quartier populaire. Quand sa petite fille est en âge d’entrer à l’école, elle est obligée de l’envoyer vivre chez sa grand-mère avec ses deux cousines, pour lui permettre d’avoir une scolarité correcte. Zhouzhou doit donc quitter son seul ami, Benz-Benz, qui pleure toujours car son père le bat, pour partir partager la même chambre avec deux cousines qui ne lui réservent pas un très bon accueil. A l’école, elle se retrouve la plus mauvaise élève de la plus mauvaise classe, la CP7. Heureusement, elle ne manque pas de répartie et s’évade en compagnie de ses amis imaginaires. Bientôt elle rencontre Yang Lin, un garçon de la première classe, et se lance comme défi de remonter jusqu’à sa classe…

A travers la vie quotidienne de cette petite fille, on découvre l’inégalité sociale qui rejaillit sur le système scolaire, et l’extrême compétition mise en place dans chaque classe et entre les classes, avec des professeurs qui valorisent les meilleurs élèves et négligent les plus faibles. Le dessin, façon manga, l’origine sociale, et l’univers que s’est créé cette petite fille solitaire, qui a une approche de la vie et des autres différente, rendent l’héroïne très attachante. On attend la suite…

Haytham : une jeunesse syrienne de N. Hénin & K. Park

07.12
2016
cop. Dargaud

cop. Dargaud

 

À Deraa, en Syrie, Haytham, âgé de 14 ans, veut accompagner son père dans les manifestations. Mais bientôt ce dernier, devenu l’un des leaders de la jeune révolution, est activement recherché. Il quitte sa famille pour se cacher avant de passer la frontière. Pendant ce temps, à Deraa, un couvre-feu est instauré et les opposants torturés ou exécutés. Finalement sa famille décide de fuir le pays, à son tour, pour rejoindre la France.

Nicolas Hénin, s’inspirant de la biographie de Haytam, ne nous présente pas ici la même image de la Syrie d’avant Daesh que Ryad Sattouf. Haytam évolue dans un milieu urbain, côtoie les amis de son père, dans l’opposition politique, gagne des tournois d’échecs, passe le brevet : on est bien loin de la caricature de la population syrienne faite dans l’Arabe du futur. Le parcours de Haytam est d’ailleurs exemplaire, lui qui n’a « pas démérité » comme il le souligne en conclusion en remerciant la France de les avoir accueillis. Le dessin au crayon, presque réaliste, est bien rythmé.

Une BD dans la vague des récits de vie sur les migrants, pour faire connaître au grand public leur parcours.

Un jour une citation

27.09
2013

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Le cahier jeune maman des paresseuses

21.12
2012

cop. Carnets de SeL

 

Des livres pour aider les jeunes mamans à s’occuper de leur nouveau-né, il y en a des tas. Alors, forcément, ce cahier peut paraître redondant, du moins pour les premiers chapitres. Mais voilà, en ces mois de galère pour trouver ses marques, tout conseil supplémentaire est le bienvenu ! On trouvera ainsi de nombreux tableaux pratiques, tels celui qu’on nous donne à la maternité, et de multiples check-list, pour rester belle quand même, pour garder le moral, pour éviter la MSN (mort subite du nourrisson), pour diversifier son alimentation, etc…

En outre, ce cahier décrit avec humour les situations qui nous stressent tous les jours. De quoi rassurer : d’autres vivent exactement les mêmes suites de couches !

Et puis, vous avez bien lu « cahier », et qui dit cahier, dit de quoi noter… Le vrai plus de ce petit bouquin, c’est de proposer d’être complété par notre expérience personnelle et par nos photographies de l’enfant prodige à coller à l’intérieur, de manière à vouloir le conserver et à garder une trace, tel un album de naissance, de tout ce qui a marqué sa première année de naissance.

offert par Anne

 

Tout Alice *** de Lewis Carroll (1865)

26.06
2011

 

cop. GF-Flammarion

Souvent à tort inclues dans la seule littérature enfantine, les Aventures d’Alice au pays des merveilles n’ont jamais cessé d’inspirer écrivains, psychanalystes, philosophes, musiciens et réalisateurs. Car si cette oeuvre se relit bel et bien et se découvre à plusieurs niveaux et à tout âge, c’est parce qu’elle interroge la réalité : dans ces aventures, les frontières entre le réel et le rêve n’ont jamais été aussi ténues, l’absence de logique implacablement logique… comme elle joue avec ce qui la met en mots, ce qui permet de la désigner, le langage, donnant naissance à des quiproquos très amusants.

 

A l’origine, pourtant, c’est bien pour une fillette que Lewis Carroll, Charles Dodgson de son vrai nom, imagine ces aventures, et précisément pour une petite Alice avec laquelle il prend le thé au bord de l’eau…

 

« Assise à côté de sa soeur sur le talus, Alice commençait à être fatiguée de n’avoir rien à faire. Une fois ou deux, elle avait jeté un coup d’oeil sur le livre que lisait sa soeur ; mais il n’y avait dans ce livre ni images ni dialogues : « Et, pensait Alice, à quoi peut bien servir un livre sans images ni dialogues. Elle était donc en train de se demander (dans la mesure du possible, car la chaleur qui régnait ce jour-là lui engourdissait quelque peu l’esprit) si le plaisir de tresser une guirlande de pâquerettes valait la peine de se lever pour aller cueillir les pâquerettes, lorsqu’un lapin blanc aux yeux roses vint à passer auprès d’elle en courant. » (incipit)


Qu’arrive-t-il à cette petite Alice qui s’ennuie ? Toute une série de rencontres avec des personnages tous plus ou moins fous (Le Chapelier fou), dès l’instant où elle suit dans son terrier ce lapin en retard, consultant sa montre à gousset, et atterrit dans un monde où les animaux (Le Lièvre de Mars, le chat du Cheshire, le Bombyx) et les fleurs parlent et raisonnent, où l’on peut grandir ou rapetisser à volonté suivant ce que l’on mange ou boit, un monde onirique gouverné par une reine despotique dont les sujets ne sont autres qu’un jeu de cartes. Aussi, dans ce monde illogique, tout devient très relatif… de quoi aiguiser son esprit critique.

Pour chasser de votre imaginaire les images véhiculées par les diverses adaptations de ce classique, rien de tel que de se plonger dans le texte : c’est un vrai plaisir à lire !

 

Dans cette édition ont été réunies les différentes versions des Aventures d’Alice : Les Aventures d’Alice sous terre, Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, De l’autre côté du miroir et de ce qu’Alice y trouva, La Chasse au Snark, Alice racontée aux petits enfants, Alice à la scène, Une devinette d’Alice, Lettres à Alice Liddell.

Tout Alice / Lewis Carroll ; trad. par Henri Parisot ; chronologie, préface et bibliographie par Jean-Jacques Mayoux. – Paris : Garnier : Flammarion, 1979. – 442 p. : couv. ill. ; 18 cm. – (Garnier-Flammarion ; 312). - Bibliogr. p. 37-40 (Br.) : 12,50 F.

Vous pouvez lire les Aventures d’Alice en intégralité sur Google Books, ou l’écouter conter gratuitement sur Bibliboom.com.

 

 

Belle et sombre de Rosa Montero (2011)

12.06
2011

copyright Métailié

Titre original : Bella y oscura

« Ce que je vais raconter, j’en ai été témoin : la trahison de la Naine, l’assassinat de Segundo, la venue de l’Etoile. Tout s’est passé à une époque reculée de mon enfance dont je ne sais plus maintenant si je m’en souviens ou si je l’invente : car en ce temps-là, pour moi, le ciel ne s’était pas encore détaché de la terre et tout était possible. L’univers venait d’être créé, comme avait pris soin de me l’expliquer dona Barbara : »Quand je suis née, m’avait-elle dit, le monde a commencé. » Comme j’étais petite et elle déjà très vieille, cela m’avait semblé un temps très long. » (incipit).

Oublié l’orphelinat dès que la fillette âgée d’une dizaine d’années retrouve sur le quai de la gare sa tante Amanda et la suit jusqu’au quartier sombre et trouble d’une grande ville, pour rejoindre bon an mal la seule famille qu’il lui reste, une famille de saltimbanques, composée de sa grand-mère doña Barbara, qui sait se faire respecter, de son silencieux cousin Chico, de sa tante, craignant son oncle, et de la lilliputienne Airelai, qui devient sa meilleure amie. Le grand absent, c’est son père qu’elle n’a jamais vu, Maximo, et qui un jour ou l’autre devrait rentrer et reprendre tout en mains.

Dans ce monde cruel où des gamins jouant au caïd meurent très vite, où les femmes s’offrent derrière des vitrines pour faire vivre leur famille, la fillette occulte le pire et imagine les explications les plus fantaisistes à tout ce qui arrive, en particulier grâce à celles que lui donne Airelai, la Naine. Aussi ce qui rend si singulier ce roman d’apprentissage remarquablement bien écrit, c’est mojns l’intrigue en elle-même, pourtant bien ficelée, que l’atmosphère qu’a su rendre Rosa Montero, nourrie d’un monde imaginaire qui oblitère la violence du monde réel menaçant la fillette.

MONTERO, Rosa . – Belle et sombre / trad. de l’espagnol par Myriam Chirousse. – Paris : Métailié, 2011. – 189 p. ; 22 cm. – (Bibliothèque hispanique). – EAN 9782864247715 : 18 EUR.
Reçu en service de presse.

Quand je serai roi d’Enrique Serna

13.03
2009

cop. Carnets de SeL

Titre original :  Uno sonaba que era Rey (Mexique, 2000)


 

Le Nopal, c’est le chef d’une bande de gosses de treize ans, shooté à la colle et gagnant quelques pièces en lavant les pare-brise aux feux rouges. C’est le fils de Carmen, pieuse repentante de ses ébats infâmes révolus avec son mari Jorge Osuna. Marquitos, lui, est un enfant hors du besoin, fils du riche directeur d’une station de radio « populaire » lequel organise un concours d’ »enfants héros ». On n’imagine pas ce que peuvent faire des parents et des enfants pauvres pour obtenir le million de pesos, ni ce qu’un gosse de riche désoeuvré peut faire avec la belle carabine de son père… 

Une peinture féroce de la société mexicaine, où aucun personnage n’est épargné, chacun prêt à la pire bassesse dès qu’il y a un peu d’argent en jeu. Un roman dur et grinçant.

 

« Inhaler. Protégé par un scaphandre en plastique, Jorge Osuna plonge son visage dans les eaux laiteuses de la colle. Les mains qui tiennent la poche de glu médicinale mollissent, vaincues par une tiède lassitude, comme si des brins de laine se répandaient dans les veines. » (incipit, p. 11)


SERNA, Enrique. – Quand je serai roi / trad. de l’espagnol (Mexique) par François Gaudry. – Métailié, 2009. – 263 p.. – ISBN 978-2-86424-675-6 : 18 €.