Mots-clefs ‘écologie’

Un printemps à Tchernobyl d’Emmanuel Lepage

30.11
2016

Un printemps à TchernobylDans le train qui le mène à Tchernobyl, le narrateur lit La supplication de Svetlana Alexievitch, l’une des survivantes à la plus grande catastrophe nucléaire du XXe siècle, qui perdit et son mari et son bébé. Deux vies rappelées parmi les dizaines de milliers de victimes. A l’époque, Alain Madelin annonçait au journal qu’ »il n’y a aucun problème de sécurité en France » et que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière. C’est sur l’invitation de l’association les Dessin’acteurs qu’Emmanuel Lepage a décidé de se rendre sur place pour pouvoir raconter ce qu’il reste 22 ans après…

On est saisi tant par l’originalité du récit-témoignage que par la beauté du dessin, parfois glaçante, glissant du noir et blanc vers des couleurs éclatantes, mystérieuses, presque plus inquiétantes. L’un d’ailleurs, forcément, ne va pas sans l’autre : parti plein de préjugés sur ce qu’il va trouver à Tchernobyl, le narrateur est surpris par la vie foisonnante qu’il y découvre, tant dans les zones interdites où faune et végétation ont repris leurs droits, que dans les villages proches où les habitants rient, dansent et jouent, à la frontière de cette menace invisible. On sort subjugué par l’authenticité de ce témoignage du narrateur qui ne cherche pas à tout prix comme tant d’autres à montrer ce qu’il est parti trouver, et par la noirceur de ce joyau au coeur d’une des pires catastrophes générées par l’être humain lui-même. Terrible et magnifique.

Copier cloner de Louis Rigaud (2009)

10.01
2016

 

 

Voici cette fois un film d’animation proche d’expériences réelles (virus récents,…).

Il met en scène de façon humoristique un système informatique appliqué sur du vivant, créant une rencontre entre le mécanique et le vivant, et une forte analogie entre l’environnement informatique et l’environnement agricole, le clonage pouvant être assimilé à un copié collé.

Ceci afin de mettre à jour les failles du système de façon très drôle.

Le terme « ma vache » n’a d’ailleurs rien de possessif, ni d’affectif, mais se réfère à quelque chose de construit, sélectionné, comme s’il s’agissait d’une marque déposée.

Ainsi on observe l’extinction progressive du vivant : espace vert, paramètre naturel,… les alertes du système menant jusqu’à une expérience d’autodestruction.

Notez enfin le travail sur le son : au moment de l’incinération, les cris de vaches nous renvoient au vivant, et non au mécanique.

Une fable écologique amusante et efficace !

 

Autobio de Cyril Pedrosa tomes 1 & 2

25.11
2015

cop. Fluide Glacial

Au quotidien, il n’est pas toujours simple de concilier velléités écolo et organisation de la vie familiale. Tri sélectif, insecticides, vélo hollandais, maison en paille, mesure de carte scolaire, départ en vacances : le père de famille est confronté à ses contradictions et à bon nombre de dilemmes toute au long de ces deux albums… avec beaucoup de gags à la clé.

Ces diverses facettes du mode de vie écolo feront rire aussi bien le sceptique que le bobo ou l’écologiste engagé.

 

cop. Fluide Glacial

 

 

 

Pedrosa, Cyril.

Autobio.

FLUIDE GLACIAL-AUDIE, 2008.

Sport et écologie : un esprit d’équipe

05.11
2015
cop. Le passager clandestin

cop. Le passager clandestin

Cet ouvrage rassemble les contributions d’économistes, universitaires et divers responsables de fédérations ou d’associations sportives : il donne ainsi à repenser l’économie du sport, l’accompagnement des athlètes de haut niveau, une meilleure intégration des handicapés et des femmes à tous les niveaux, une meilleure accessibilité sociale à tous les sports, en soulignant le rôle primordiale des collectivités locales. Il incite également à agir, tout d’abord en éduquant les futurs citoyens, ensuite en assumant les pratiques « libres », en choisissant des solutions d’équipements plus écologiques pour les piscines, en favorisant l’activité physique au bénéfice de la santé et de la nature.

Un petit guide à offrir à nos élus locaux.

HEUGAS, Anne-Marie (sous la dir. de)

Sport et écologie : un esprit d’équipe

Cédis formation / Le Passager clandestin (2015)

103 p. ; couv. souple

EAN13 978-2-36935-034-7 : 10 €.

Climat : la guerre de l’ombre de Yannick Jadot et Léo Quievreux

28.09
2015
cop. Le Passager clandestin

cop. Le Passager clandestin

« Paris Climat 2015″ fera-t-il un flop comme le sommet de Copenhague ? Pas sûr car les dirigeants comme les citoyens ne peuvent plus ignorer les changements climatiques en cours. Mais sauront-ils se mesurer au négationnisme climatique des lobbies énergétiques et agroalimentaires ? Bon an mal an, des initiatives voient le jour, émergeant d’associations citoyennes, et montrent l’exemple d’énergies renouvelables permettant de s’autosuffire. Des arguments étayés par des statistiques. A quand un peu d’éthique et de responsabilité envers les générations présentes et futures de la part de nos gouvernements ?

JADOT, Yannick, QUIEVREUX, Léo.

Climat : la guerre de l’ombre

Le passager clandestin (2015)

173 p.

EAN13 9782369350453 : 16 €.

Nous mourons nus de James Blish

16.11
2014

cop. Le Passager clandestin

La veille, Alex avait haussé les épaules lorsque Fantasia lui avait prédit la fin du monde. Mais, le lendemain, Alex apprend de la bouche d’un haut fonctionnaire que l’effet de serre va d’ici peu provoquer des réactions en chaîne qui vont détruire toute trace d’humanité. En sa qualité de chef d’un syndicat étroitement soumis au contrôle gouvernemental, il a le droit d’être évacué sur la Lune, accompagné de dix personnes de son choix…

En 1969, Arthur C. Clarke, l’auteur entre autres de 2001 : l’odyssée de l’espace, propose à trois de ses confrères, d’imaginer le futur de l’humanité mis en danger par le progrès technologique. James Blish (1921-1975) met en lumière ici le concept d’anthropocène, une quinzaine d’années avant qu’il ne fasse débat chez les scientifiques et qu’il soit énoncé par Paul Crutzen, prix Nobel de chimie. En effet, Blish montre dans son histoire l’influence néfaste et surtout irréversible de l’action humaine sur le système terrestre. De quoi donner froid dans le dos, car la fiction rejoint ici indiscutablement la réalité…

BLISH, James. – Nous mourons nus / trad. de l’américain par Bruno Martin. – Le passager clandestin, 2014. – 90 p.. – (Dyschroniques). – EAN13 978-2-36935-020-0 : 7 €.

Guerre aux humains de Wu Ming 2

18.09
2007

cop. Métailié

Titre original : Guerra agli umani (2004)

traduit de l’italien et présenté par Serge Quadruppani (2007)

Le soussigné Marco n’a rien qui puisse le retenir à cette civilisation libérale, consumériste à outrance, aussi décide-t-il de devenir un superhéros troglodyte en partant vivre seul en forêt dans une grotte, avec tout de même son walkman muni d’une bonne réserve de piles. Seul ? C’était sans compter sur cet adjudant des carbiniers « survival », sur Gaia, la belle barmaid aux yeux verts, qui « fait crédit à qui lit« , lancée avec sa baguette de sourcier sur les traces de Charles Bronson, son saint-bernard, sur ces trois éco-terroristes déclarant la guerre aux humains en leur coupant les doigts, sur la télévision arrivée sur les lieux, sur ces jeunes gars cherchant à faire justice, sur ce loup et ces sangliers qui semblent se livrer à une drôle de danse, et sur cet albanais qui, sous couvert de créer un chenil pour les chiens abandonnés, organise des combats entre chiens et immigrés clandestins, comme Sydney, le nigérian en fuite, qui rejoint notre cavernicole… 

Vous l’aurez compris, même si l’intrigue tient la route, la vraisemblance n’est pas un souci pour l’auteur qui, au contraire, semble avoir voulu cristalliser en un seul roman les diverses tendances dures de vélléités écologiques, lesquelles préfèrent effacer l’homme pour redonner sa vraie place à la nature. En témoigne cette mise en abime d’un roman de science-fiction dans l’histoire, L’Invasion des humains, corrigeant le mythe religieux, faisant d’Adam et Eve les dignes singes de Darwin, et du serpent responsable de tous les maux un extra-terrestre ayant violé Eve. Dès lors, on comprend mieux pourquoi les descendants d’Eve semblent si peu se soucier de cette planète. Voilà un roman non identifié, non assimilable à la littérature italienne mais bien plutôt inspiré de l’américaine, ni roman noir, ni de science-fiction, ni d’aventures : une bien curieuse lecture, une vision très noire de l’humanité, dont seul le ton sarcastique pourrait prêter à sourire.

WU MING 2. - Guerre aux humains / trad. de l’italien et présenté par Serge Quadruppani. – Métailié, 2007. – 340 p.. – (Bibliothèque italienne). – ISBN : 978-2-86424-619-0 : 20 €.