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Ailleurs et sur la terre : recueil d’histoires de Jacques Sternberg

04.12
2011

cop. Mijade

Après sa réédition intégrale des excellents Contes glacés de Jacques Sternberg, la maison d’édition Mijade, spécialisée dans les albums illustrés pour enfants et les romans pour adolescents et jeunes adultes nous propose cette fois une anthologie de ses contes et nouvelles de science-fiction. Ceci explique bien sûr le choix de la couverture, destinée à un public d’adolescents, qui n’est pas sans faire penser à un bateau pirate de l’espace ! On salue cette initiative qui permet de redonner vie à ces histoires tirées de recueils hélas trop souvent indisponibles : actuellement, exceptés 188 contes à régler et Contes griffus, il ne vous reste plus qu’à trouver chez les bouquinistes Entre deux mondes incertainsDieu, moi et les autres, 300 contes pour solde de tout compte, Futurs sans avenir, Le géométrie dans l’impossible, La géométrie dans la terreur, Les pensées, Si loin de nulle part et Univers zéro.

Entre Géométrie dans l’impossible et son tout dernier recueil 300 contes pour solde de tout compte, cinquante années ont passé, cinquante années durant lesquelles Jacques Sternberg a toujours essayé de se dégager du genre de la science-fiction, allergique aux étiquettes, pour mieux y revenir. Foin du sérieux des hypothèses scientifiques ! En se servant de la science-fiction, Jacques Sternberg n’a qu’une idée en tête : dénoncer l’homme comme étant la créature la plus dangereuse parmi toutes celles qu’il peut être amené à rencontrer (Les Indolents, Les Etrangers, Les Conquérants, Le Navigateur), et pour la planète qu’il a sous les pieds (La Poubelle). Il n’aura donc de cesse dans toutes ces histoires de montrer la bêtise humaine (Le Désert) et sa vanité, dans tous les sens du terme. Il jouira alors du malin plaisir d’entraîner dans la chute de son récit, souvent bref, le destin de ses personnages-fantoches, chute qui leur sera fréquemment fatale.

A l’inverse, ses descriptions de mondes étranges et de ses habitants sont fascinantes (Les Ephémères, Quoi ?). Ce n’est donc pas l’autre qui représente une menace, mais bien soi-même. De quoi remettre en cause sa recherche du profit, son confort matériel, son gaspillage, sa gestion du temps, sa conception de l’existence.

Sous son vernis de voyages intergalactiques ou de voyages dans le temps se cache un brûlot d’idées écologiques avant l’heure d’une lucidité effrayante.

A lire !

Tout sur Jacques Sternberg ici.

Beaucoup aimé

STERNBERG, Jacques. – Ailleurs et sur la Terre / préface de Joseph Duhamel. – Namur : Mijade, 2011. – 270 p. : couv. ill. en coul. ; 21 cm. – EAN 13 978-2-87423-057-8 : 12 €.

Sortie en librairie de « Jacques Sternberg » par Sandrine Leturcq

01.09
2011

Vient de paraître

 

JACQUES STERNBERG

Une esthétique de la terreur

 

 

Sandrine Leturcq


Collection : Approches littéraires

 

Il s’agit de l’unique essai littéraire publié à ce jour sur cet écrivain dont l’œuvre se révèle d’une effrayante actualité.

En plus de cinquante années de carrière, de 1944, avec Angles morts, à 2002, avec 300 contes pour solde de tout compte, Jacques Sternberg aura écrit seize recueils de récits brefs, autant de romans et de nombreux ouvrages inclassables et variés, sous son nom ou sous d’autres pseudonymes, cinq essais autobiographiques, trois pièces de théâtre, deux essais, deux dictionnaires, deux lettres ouvertes, des anthologies, des scénarii, dont un pour Alain Resnais (Je t’aime je t’aime), et d’innombrables chroniques littéraires pour la presse écrite. Mais c’est avant tout dans ses contes et nouvelles que Jacques Sternberg excelle, des récits brefs d’où jaillit un regard lucide et terrifiant sur notre condition humaine. Et c’est sur ce sujet que porte mon travail d’analyse.

 

Sandrine LETURCQ s’est spécialisée dans l’étude du fantastique et de la science- fiction. Professeure-documentaliste en lycée depuis une quinzaine d’années, forte de l’expérience de séances d’incitation à la lecture et à l’écriture, elle sait combien ce type de textes très courts à chute se prête parfaitement à un travail d’analyse littéraire en classe, pouvant déboucher sur une écriture d’invention « à la manière de »… Sternberg !

 

ISBN : 978-2-296-56318-6 • septembre 2011 • 154 pages

Prix éditeur : 15 €

En vente sur le site de L’Harmattan, dans votre librairie, et sur Amazon, la FNAC, Chapitre.com, Gilbert jeune, etc.

Remerciements à Laurent d’In Cold Blog pour en avoir parlé.


 

Chroniques de l’étrange * de Pu Songling (1766)

22.05
2011

cop. Picquier

Titre original : Liaozhai zhiyi

Il ne s’agit là que du premier volume, faisant plus de 500 pages, des Chroniques de l’étrange, ces mille et une histoires peuplées de renards et de fantômes.

Ayant rassemblé non pas comme Charles Perrault ou les frères Grimm des contes merveilleux, mais indubitablement des contes fantastiques à l’instar d’un Hoffmann, ce lettré du XVIIè siècle use d’un chinois littéraire pour planter une atmosphère étrange propre à faire surgir le surnaturel, l’inexpliqué. Il s’agit bien souvent d’histoires d’amours contrariées ou impossibles entre des hommes et des femmes-renardes, ou d’amitiés. Ainsi, dans Wang, l’ami d’un humble pécheur, Xu se lie d’amitié avec un fantôme. Et dans La Fresque, la contemplation d’une fresque conduit son spectateur à y entrer pour y vivre une aventure amoureuse. Un dessin en noir et blanc illustre chacun de ces contes relativement brefs, introduits par une donnée géographique, que clot une réflexion en italique ajoutée par le « chroniqueur de l’étrange ».

Ces chroniques donnent un bon aperçu du folklore fantastique de la civilisation chinoise, mais finissent par sembler se répéter tant leur grand nombre se prête mal à une lecture continue de l’ensemble. Mieux vaut picorer, çà et là, quelques contes, plutôt qu’entreprendre une lecture intégrale.

 

traduit du chinois et présenté par André Lévy.
Arles  : P. Picquier , 2011 . - 563 p.  : ill., couv. ill. en coul.  ; 17 cm .- (Picquier poche). - ISBN 978-2-8097-0240-8 : 10,5 €.

 

 

Le bureau des chats de Kenji Miyazawa

07.08
2009

Futago no hoshi, Kumo to namejuji to tanuki, Neko no jimusho, Mekura budo to niji, Yodaka no hoshi.

Contes traduits du japonais par Elisabeth Suetsugu

Imprégné du bouddhisme pratiqué par sa famille, la Vraie Secte de la Terre pure (Jôdôshinshû), Kenji Miyazawa met en scène, dans ces quatre contes écrits à partir de 1918,  des animaux, des insectes, des végétaux, et même des phénomènes climatiques et des étoiles, pour y traiter de la notion de bien et de mal. Le conte Les Jumeaux du ciel, trois histoires en une de l’arroseur arrosé avec L’araignée, la limace et le blaireau, la fable absurde si humaine du bureau des chats, le bref récit de La vigne sauvage et l’arc-en-ciel, et enfin le destin solitaire du Faucon de nuit devenu étoile : aucun n’est écrit pour les enfants, mais au contraire pour atteindre cet âge universel auquel seuls peuvent prétendre les contes. Aussi Miyazawa n’épargne en rien son lecteur ni ses personnages confrontés à la cruauté de la vie voire à son ironie. Mon préféré ? Celui qui a donné son titre au recueil, petite comédie humaine où l’injustice et l’envie régnant dans le microcosme bureaucratique éclatent sous l’absurdité de leur raison d’être.    

MIYAZAWA, Kenji. – Le bureau des chats / trad. du japonais par Elisabeth Suetsugu. – Arles : éditions Philippe Picquier, 2009. – 101 p.. ; 17*11 cm. – (Picquier poche). – ISBN 978-2-8097-0118-0 : 6 €.

Le Petit Prince de Joann Sfar

12.04
2009

J’avoue avoir été un petit peu sceptique au départ. « Dessine-moi un mouton »… Et tout ensuite n’est plus qu’affaire d’imagination. Comment était-il possible de traduire en images et dialogues le souffle poétique de ce classique de la littérature française ? De fait, Johann Sfar a plus que réussi ce tour de magie. Revisitant le chef-d’oeuvre d’Antoine de Saint-Exupéry, il en a fait un petit bijou lui aussi, un merveilleux moment de lecture, qui, tout en se refusant à être une simple copie de l’original, n’a rien perdu de sa beauté poétique ni de sa simplicité philosophique. Magnifique. Un pur moment d’émotion.

Cette BD a beau avoir obtenu le prix essentiel album de la BD jeunesse, elle gagne à être lue aussi bien par les adultes que par les enfants.

Contes chinois racontés à Helen ** de Jacques Pimpaneau (2007)

17.12
2007

Voici 50 contes chinois adressés à Helen, inconnus en France, aux thèmes variés, chacun d’entre eux nous adressant une leçon d’humanité… ou de réalité sociale.

Merveilleux, ces contes font intervenir tout le folklore auxquels nous ont habitué les contes occidentaux. Seulement, serpents et dragons y sont bienveillants, et la réincarnation omniprésente. Par ailleurs, ces contes fustigent le despotisme des rois, des juges et des gens riches, et les en punissent. De même, ils n’hésitent pas à conclure par quelque vérité plus prosaïque, plus parlante au quotidien. A découvrir, pour petits et grands.

PIMPANEAU, Jacques.- Contes chinois racontés à Helen. – Picquier, 2007. – 278 p.. – ISBN 978-2-87730-983-7 : 18,50 €.

5 commentaires sur l’ancien blog.

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler * de Luis Sepulveda

20.09
2005

Engluée par une nappe de pétrole, une mouette vient mourir sur le balcon de Zorbas, un chat grand noir et gros dont le petit maître et sa famille sont partis deux mois en vacances. Avant de mourir, elle lui fait promettre trois choses : de ne pas manger son oeuf, de s’en occuper jusqu’à la naissance du poussin, et d’apprendre à voler à ce dernier. Zorbas promet… et aura besoin pour remplir ses promesses de tous ses amis matous, l’un restaurateur, l’autre rat de bibliothèque féru de l’encyclopédie, un dernier marin aguerri… et même d’un écrivain.


Ce petit conte jeunesse, drôle et tragique à la fois, distille au passage quelques leçons écologiques et documentaires, et une petite leçon à notre vision des choses anthropocentriste !