Mots-clefs ‘biographie’

Churchill et moi de Giroud & Cucchi

19.07
2018
cop. Casterman

cop. Casterman

Bledon (Lancashire), 1894. Soutenue par son père et sa tante, Clémentine Harper se lance dans le journalisme dans l’espoir d’attirer l’attention de son voisin, le jeune Winston Churchill, sur sa plume et sur son audace, à défaut d’être de son rang. Après s’être infiltrée dans un asile d’aliénés dont elle réchappe de justesse, ce qui lui fera écrire son premier plus beau papier d’investigation, elle suit le brillant aristocrate en plein conflit en Afrique du Sud et en revient, plus que jamais révoltée…

La pertinence du titre plus accrocheur que le nom d’une illustre inconnue révèle à lui seul tout un pan de l’Histoire qu’il nous faudrait réécrire, une moitié de l’humanité réduite aux coulisses de la sphère publique. Las, depuis peu, les héroïnes sont tellement à la mode que ce sont les hommes qui en écrivent la biographie ! De quoi encore s’interroger… Cette fois, il s’agit d’une journaliste pré-suffragette méconnue qui se lance dans la presse d’investigation et qui finit par signer en tant que femme ses articles, au tout début d’un 20e siècle où ses pairs étaient encore assujetties à leur père ou mari pour se loger ou ouvrir un compte. Un dessin réaliste sert cette histoire dans l’Histoire d’une héroïne à laquelle on s’identifie sans peine.

GIROUD, Frank, CUCCHI, Andrea

Churchill et moi

Casterman, 2018

101 p. : ill. en coul.

EAN13 9782203131750 : 18,95 €

 

Nerval l’inconsolé de Vandermeulen & Casanave

20.09
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

 

Gérard de Nerval acquiert très jeune une renommée internationale pour sa traduction du Faust de Goethe. Mais sa célébrité ne lui attire pas pour autant l’intérêt des dames : aucune jamais, même l’actrice Jenny Colon, à laquelle il dédie une revue qui le ruine, ne semble vouloir de ce petit homme, qui en reste inconsolé. Peu à peu la folie le gagne, au grand dam de ses amis parmi lesquels Théophile Gautier…

Quel portrait pathétique est brossé là de ce célèbre romantique, dont je ne connaissais pas la triste biographie. Quelques citations tirées de ses oeuvres, de sa correspondance ou celles de ses amis émaillent le haut des pages, au dessin à l’ancienne rappelant un peu le style des Pieds nickelés. Une bande dessinée portée par la mode des biopics.

CASANAVE, Daniel, VANDERMEULEN, David

Nerval l’inconsolé

Casterman, 2017

155 p. : ill. en coul.

EAN13 9782203153523 : 22,50 €

Culottées de Pénélope Bagieu

02.08
2017
cop. Gallimard

cop. Gallimard

Rappeler qu’il a toujours existé à travers l’Histoire des femmes qui n’ont fait que ce qu’elles voulaient, voilà ce que se propose Pénélope Bagieu. Elles s’appelaient Clémentine Delait, Nzinga, Margaret Hamilton, Las Mariposas, Josephina van Gorkum, Lozen, Annette Kellerman, Delia Akeley, Joséphine Baker, Tove Jansson, Agnodice, Leymah Gbowee, Giogina Reid, Christine Jorgensen ou Wu Zetian. Elles furent danseuse, impératrice, gynécologue, gardienne de phare, actrice, femme à barbe,… Extraites des 4 coins du monde, la plupart m’étaient inconnues. En quelques pages, Pénélope Bagieu nous en brosse un portrait saisissant, clos par une planche sur une double page éclatante. De quoi me donner envie de lire le second tome !

Il était une fois dans l’est : tome 1 de Julie Birmant et Clément Oubrerie

24.05
2017
cop. Dargaud

cop. Dargaud

« Il était une fois dans l’est » : non, il ne s’agit pas d’un western spaghetti, mais du biopic d’Isadora Duncan, célèbre danseuse contemporaine, à travers sa relation avec de Serge Essenine, poète russe. J’étais donc complètement passée à côté de ce nouveau biopic d’une femme célèbre, et qui plus est d’une danseuse dont j’avais commencé à écrire le scénario, tant sa vie fut à la fois passionnante et tragique !

Ce premier tome commence par la fin tragique d’Isadora pour ensuite directement passer à l’été 1923 avec Serge Essenine et revenir sur les débuts de leur relation, soudaine et passionnée. Ayant lu l’autobiographie d’Isadora Duncan et de nombreux témoignages sur elle, j’avoue être passablement déçue par cette entrée en matière. Je veux bien croire que l’éditeur ait pensé, à tort ou à raison, que les noms d’Isadora Duncan et de Serge Essenine étaient inconnus du grand public, et qu’il fallait attirer le chaland en le faisant rêver d’exotisme venu du Nord et de passion, mais tout de même, je reconnais là bien mal l’image que je m’étais faite d’Isadora Duncan, danseuse inspirée des déesses grecques ! La mise en double page, hors cases, de sa danse, aérienne, rend seule hommage à sa danse, pour l’instant. Quel dommage !

Lecture dans le cadre de mon Challenge danse

cop. SeL

cop. SeL

 

Capa : l’étoile filante de Florent Silloray

16.03
2016

CAPA

C’est au cours de la guerre d’Espagne que Robert Capa prend la photo qui forgera sa renommée, Mort d’un soldat républicain. Photographe engagé d’origine hongroise, il suit en 1936 les conseils de sa compagne allemande Gerda Taro de signer ses clichés sous un pseudo américain pour mieux les vendre. Resté inconsolable de la mort de Gerda l’année suivante, il devient le correspondant de tous les conflits, toujours au plus près de l’action, et fonde la coopérative photographique Magnum, afin de pouvoir rester propriétaire de ses prises de vue.

Florent Silloray choisit de commencer la biographie de Robert Capa in medias res, au moment précis où Gerda lui fait endosser cette nouvelle identité. Pour retracer sa carrière sur tous les fronts, il privilégie le sépia pour ses planches ocres, lesquelles virent au gris pour le débarquement ou ses souvenirs, et sont rehaussées de rouge pour mettre en scène le magazine Life, la fondation de l’agence Magnum ou sa propre mort. Un biopic de très haut vol, pour un hommage du 9e art à la photographie de presse engagée.

Silloray, Florent

Capa : l’étoile filante

Casterman, 2016

86 p. : ill. en coul. ; 24*32 cm.

EAN13 97822030877460 : 17 €

 

 

Che Guevara d’Alain Foix

13.07
2015
cop. Folio

cop. Folio

Etudiant argentin en médecine, grand admirateur des Damnés de la terrede Fanon, Ernesto Che Guevara rejoint les rangs de Fidel Castro, renverse avec lui Fulgencio Batista, devient procureur du tribunal révolutionnaire, occupe quelques postes politiques avant d’être assassiné par l’armée bolivienne.

Alain Foix commence par prendre le parti d’un va-et-vient entre sa fonction de procureur et le cours des événements passés. Loin de l’aventure héroïque, il nous révèle la réalité d’une révolution sur le terrain : ses traîtres et ses « bleus », sa peine de mort pour insubordination, désertion et défaitisme. Une révolution qui passe aussi par les médias pour convaincre les esprits : il nous fait revivre par exemple la mise ne scène épique de Castro pour blufer le journaliste du New York Times, alors que l’armée révolutionnaire ne comptait que dix-huit combattants, et dont l’article fit grand bruit pour contrer « ces gringos (qui sinon) ne vont pas tarder à concocter un prétexte, toujours le même d’ailleurs : la défense de la liberté dans le monde et de la démocratie avec son corollaire, la lutte contre les communistes. » « Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose », disait Beaumarchais… Ces mêmes gringos qui ont aidé en Amérique latine « à installer une dictature de la pire espèce, où cohabitent néonazis, ex-nazis et fascistes sauvés de la Seconde Guerre Mondiale. » Pour ce faire, Castro utilise la même arme qu’eux…

Une icône rendue à son humanité par le biais de cette biographie qui se lit comme un roman historique.

FOIX, Alain

Che Guevara

Gallimard (Folio biographies, 122 ; 2015)

353 p. ; 13 x 19 cm

EAN13 978207045592 : 9 €

 

George Orwell de Stéphane Maltère

25.06
2015

cop. Folio Gallimard

 

Ceci exceptionnellement est un non-article.

Un non-article qui ne résume pas ni n’analyse la biographie que Stéphane Maltère a pu faire sur George Orwell.

Un non-article sur un ouvrage dont on peut lire sur la quatrième de couverture :

«À une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire.» « George Orwell (1903-1950), de son vrai nom Eric Arthur Blair, est l’auteur d’une œuvre très marquée par ses engagements politiques. Après avoir lutté contre l’Empire britannique en Birmanie, pour la justice sociale aux côtés des classes laborieuses de Londres et de Paris, puis participé à la guerre d’Espagne dans les rangs du P.O.U.M., il se consacre à une œuvre littéraire écrite, «directement ou indirectement, contre le totalitarisme et pour le socialisme démocratique». Témoin lucide de son temps, auteur notamment de La Ferme des animaux et de 1984, il meurt à quarante-six ans, et demande dans son testament qu’aucune biographie ne retrace sa vie. »

Cela ne vous choque pas, vous ?

Comment peut-on faire fi des dernières volontés d’un grand écrivain, soit-disant pour son bien et celui de ses lecteurs ?

Tout est dit.