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Revoir Paris : tome 2 de Schuiten et Peeters

25.01
2017

9782203097261Arrivée sur Terre, abandonnant ses congénères âgés, Kârinh taille sa route seule, pour rejoindre Paris. Soupçonnée d’être envoyée en mission cachée par l’Arche, Kârinh finit par être sauvée par Mathias Binger, qui lui ouvre les portes du vieux Paris, musée pour touristes fortunés protégé par un dôme de verre. Kârinh retrouve alors son père…

Ce deuxième et dernier tome de Revoir Paris pêche un peu au niveau du scénario, bien faible par rapport à ce à quoi Benoit Peeters nous avait habitués. On suit les désillusions de Kârinh et la curiosité amoureuse de Mathias, sans creuser ces deus ex machina de dissidents dans la sphère. Mais, heureusement, les dessins réalistes de François Schuiten restent éblouissants. Je ne bouderai pas le plaisir que j’ai tout de même eu à lire ces deux tomes, mais je reste sur ma faim, une fin ouverte d’ailleurs.

SCHUITEN, François, PEETERS, Benoit. – Revoir Paris : tome 2. – Casterman, 2016. – 63 p. : ill. et couv. en coul. ; 32 cm. – (Univers d’auteurs). – EAN13 978-2-203-09726-1 : 17 €.

Lire la bande dessinée de Benoit Peeters

18.08
2016
cop. Champs Flammarion

cop. Champs Flammarion

Benoit Peeters propose ici une lecture initiatique de la bande dessinée, que l’on peut lire d’ailleurs de toutes les manières possibles (politique, sociologique, philosophique, psychanalytique,…) et dans tous les sens possibles. Selon lui, ce qui fait la spécificité de la BD, c’est « la case, le strip, la planche, les relations entre le texte et le dessin, entre le scénario et sa mise en images ». L’auteur de BD a pour seul impératif de devoir « partager la planche en un certain nombre de segments afin de séparer des actions qui dans le récit se succèdent« . Ensuite, « les possibilités d’intervention sur la taille de l’image, assez rares au cinéma, sont ici presque infinies ».

Néanmoins, il touche du doigt l’incomplétude de la case, qui en fait toute la richesse, car la case n’est, somme toute, qu’une « variable dans un ensemble« , un « instant dans une continuité ». En effet, aucune image ne fait bande à part : « la véritable magie de la bande dessinée, c’est entre les images qu’elle opère, dans la tension qui les relie. » Pour Benoit Peeters, les plus grands créateurs de bande dessinée ont toujours réussi à « mettre l’accent à la fois sur les paramètres internes à la case et sur les relations qui les unissent. »

Il critique ainsi l’utilisation conventionnelle de la BD (qui privilégie le récit, comme le gaufrier), ou décorative (BD qui privilégie l’image), et fait l’éloge de son utilisation rhétorique (la case et la planche servent le récit) ou productrice (c’est l’organisation de la planche qui semble dicter le récit).

Une bonne ouverture pédagogique sur le neuvième art.

 

 

Revoir Paris de Schuiten & Peeters

17.12
2014
cop. Casterman

cop. Casterman

Bien qu’elle soit née dans l’Arche, une colonie spatiale regroupant d’anciens Terriens et leurs descendants, Kârinh est obsédée par la ville de Paris, dont elle a une connaissance toute livresque. Sélectionnée pour commander une expédition vers la Terre avec pour tous compagnons quinze vieillards en hibernation, elle entame ce voyage dans l’espace et vers ses racines en se projetant dans le vieux Paris de ses rêves grâce à des stupéfiants…

Oscillant entre un vieux Paris fantasmé rappelant celui des Cités obscures et un étrange univers futuriste où va se dresser le Paris du XXIIe siècle, Schuiten et Peeters nous proposent ici un hommage à la Ville-lumière, à travers les thèmes de l’identité, de l’immigration et de l’écrit comme mémoire fragmentée. Ce premier tome nous laisse sur notre faim. Alors à suivre…

A ne pas manquer leur exposition éponyme jusqu’à mars 2015 à la Cité de l’architecture et du patrimoine.

SCHUITEN, François, PEETERS, Benoit. – Revoir Paris : tome 1. – Casterman, 2014. – 63 p. : ill. et couv. en coul. ; 32 cm. – (Univers d’auteurs). – EAN13 978-2-203-04327-5 : 15 €.

Souvenirs de l’éternel présent : le retour

05.03
2014
cop. Arboris

cop. Arboris

 

Vous est-il déjà arrivé d’acheter un livre que vous aviez déjà, sans précisément vous souvenir que vous l’aviez déjà ?

Par une curieuse coïncidence, c’est ce qui vient de m’arriver avec une bande dessinée au titre particulièrement bien approprié à la situation, Souvenirs de l’éternel présent. Non seulement j’avais déjà en ma possession ce titre de mes auteurs favoris, mais je l’avais aussi déjà chroniqué sur mon blog.

Seule consolation, et elle est de taille : il s’agit d’une édition originale (épuisée) beaucoup plus belle, datant de 1993, au format à l’italienne, qui propose en pleine page des planches superbes, en teinte sépia, commentées en bas. Un objet de toute beauté pour une histoire très étrange, que j’ai relue avec délectation. Finalement, ma mémoire m’a joué un bon tour.

Si vous voulez feuilleter quelques planches, c’est ici.

cop. Schuiten

cop. Schuiten

cop. Arboris

cop. Arboris

 

Souvenirs de l’éternel présent de Schuiten & Peeters (2009)

23.01
2010

Aimé, âgé d’une dizaine d’années, est le dernier enfant de la ville Taxandria, et donc l’unique élève de Monsieur Bonze. Taxandria est une lugubre ville en ruines, la ville de l’Eternel présent, où le temps n’a plus le droit d’être pris en compte, où le passé est devenu tabou, et où toute technologie a été bannie. Un matin, Aimé découvre un livre d’images interdites, lequel raconte comment les scientifiques de Taxandria, poussés par un défi lancé par Irina, la femme du Président, déclenchèrent un cataclysme engloutissant presque toute la région. Depuis, les femmes en sont exclues, et attendent le bon vouloir d’hommes de passage, par-delà le jardin des Délices. Pourquoi n’y a-t-il plus d’enfant ? Pourquoi ses cheveux ne poussent-ils pas ? Qui gouverne Taxandria ? Pourquoi n’a-t-il pas le droit d’aller à Marinum ? Quels secrets lui cache donc Monsieur Bonze ?

Sur fond bleu et ocre se déploie une fois de plus l’univers fantastique propre à la série des Cités obscures, dont chaque volume se lit indépendamment des autres. On y retrouve le dessin précis des mélanges architecturaux de François Schuiten, entre palais corenthiens, décors de Paul Delvaux et maisons du début du siècle, venant souligner les thèmes abordés ici par Benoît Peeters : la critique de la dictature, de la censure, du déni du passé. Une belle bande dessinée, inspirée par les premiers scénari pour un film de Raoul Servais, conçus il y a plus de trente ans. Une histoire onirique à méditer…


SCHUITEN, François, PEETERS, Benoît. – Souvenirs de l’éternel présent. – Casterman, 2009. – 65 p. : ill. en coul. + 13 p. non p.. – (Les cités obscures). – ISBN 978-2-203-02485-4 : 18 €.

La théorie du grain de sable – tome 2 ** de Schuiten & Peeters (2008)

19.12
2008
A Brüsel, un étranger, un guerrier Bugtis, meurt sous le tramway. Il sortait de la maison Autrique pour y vendre des bijoux, et venait d’y confier un splendide médaillon pour qu’il soit copié. Bientôt, d’étranges phénomènes se produisent : Constant Abeels trouve chaque jour une nouvelle pierre chez lui, sa voisine, elle, retire inlassablement le sable apparaissant chez elle, plus loin le patron et chef cuisinier d’une brasserie s’allège curieusement. Dépêchée de Pâhry,  spécialisée dans les phénomènes étranges, Mary Von Rathen, jadis surnommée l’enfant « penchée », va chercher à comprendre la cause de ces bouleversements…

Dans la lignée de la série des Cités obscures, François Schuiten et Benoit Peeters adoptent un format à l’italienne pour cette histoire en noir et blanc déclinée sur deux tomes, comme précédemment La Frontière invisible. On y découvre la magnificence des ponts aériens dressés à l’intérieur de la ville, l’intérieur sublime de la maison Autrique, conçue dans le pur style art nouveau, et puis, bien sûr, un récit fantastique qui nous immerge de nouveau dans l’ambiance étrange des Cités obscures.

Casterman, 2008. 117 p. : ill. n.b.. ISBN 978-2-203-34326-9 :  17,50 euros.
Voir le commentaire sur l’ancien blog

La théorie du grain de sable ** de François Schuiten et Benoit Peeters (2007)

05.11
2007

Un guerrier Bugti se rend chez Elsa Autrique, amatrice d’art, pour lui vendre quelques bijous recherchés de son peuple. Mais Elsa est surtout attirée par le magnifique objet qu’il porte autour du cou, une prise de guerre qu’il refuse de vendre, et lui demande par conséquent de le lui laisser afin qu’elle puisse en faire faire des copies. Hélas, le guerrier, peu adapté à la civilisation moderne, meurt accidentellement au passage d’un tramway. Peu après, d’étranges phénomènes se produisent : une mère voit son appartement envahi par du sable, un savant par des pierres de poids égal, tandis qu’un restaurateur se voit peu à peu échapper aux lois de la gravité. Mary Von Rathen, qui fut l’enfant penchée, arrive pour enquêter…

On replonge avec délices dans la ville de Brüsel, dont l’architecture mêle art nouveau et moyens de transport futuristes, passé et futur. Cette fois encore, le fantastiqueémerge dans cet univers décalé, sans explication rationnelle aux phénomènes encore inexpliqués. Pour connaître la chute, il nous faudra attendre le second tome, ce que la première de couverture ne nous avait pas laissé entendre. D’où la déception en arrivant à la dernière page ! Avec l’arrivée des mangas, nous ne sommes plus habitués à devoir attendre peut-être un an pour connaître la suite… Il nous faudra alors relire ce premier tome avant d’entamer le second.

Casterman, 2007. – 109 p. : ill. n.b.. – (Les cités obscures). – ISBN : 978-2-203-34323-8.