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La banlieue du 20 heures de Jérôme Berthaut et de Helkarava

08.03
2017

 

cop. Casterman

cop. Casterman

Connaissez-vous la collection « Sociorama » des éditions Casterman ? Commencée il y a tout juste un an, elle compte à présent 9 titres, transposant des enquêtes sociologiques dans un milieu donné en bandes dessinées.

A partir d’une enquête ethnographique du sociologue des médias Jérôme Berthaut, Helkarava a imaginé ce récit initiatique d’un jeune journaliste rédacteur, Jimmy Tendini, tout juste sorti de l’École supérieure de journalisme de Lille (ESJ), recruté en CDD au service informations générales du journal télévisé (JT) d’une grande chaîne nationale. Aussitôt envoyé sur le terrain, ici la banlieue, il est sommé de rentrer très vite avec des images véhiculant des clichés sur la délinquance et des interview mettant en exergue les tensions entre les communautés et les policiers, mais sur place, il doit tout inventer pour plaire à sa hiérarchie…
La banlieue du 20 heures révèle ainsi les coulisses des images télévisées sur la banlieue que diffuse le journal de 20 heures, images formatées qui conditionnent si bien ensuite tant certains discours politiques que la peur des gens qui n’y vivent pas, comme s’il s’agissait là-bas d’une espèce de loi de la jungle de criminels en devenir, faisant frémir dans les chaumières. D’un côté des journalistes tous formatés, issus d’un milieu social plutôt aisé, si l’on en croit les arrêts sur images faits à chaque entrée en scène d’un journaliste, relayant une certaine vision de la société, de l’autre une réalité déformée pour effrayer le bourgeois et faire de l’audimat. Pas de quoi améliorer la confiance dans les médias, en tout cas ! Avec une classe avec laquelle je faisais de l’éducation aux médias, j’avais déjà eu l’occasion d’entendre une conférence donnée sur ce sujet par Alexandre Borrell, doctorant en histoire contemporaine sur la médiatisation télévisée des banlieues (des années 1950 à aujourd’hui).
Une excellente lecture en est faite également ici :
Michael Perret, « Helkarava, La banlieue du 20 heures », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2016, mis en ligne le 18 novembre 2016, consulté le 22 février 2017. URL : http://lectures.revues.org/21748
Helkarava, La banlieue du 20h, Paris, Casterman, coll. « Sociorama », 2016, 164 p. : ill. n.b. ; 16 x 19 cm, [adapté de l'ouvrage de Jérôme Berthaut, "La banlieue du 20 heures", Editions Agone, 2013], ISBN : 978-2-203-12006-8 : 12,00 €.

Arthur et moi ** d’Emmanuel Arnaud (2008)

13.03
2011

copyright Métailié

Entre les cours de français ennuyeux de M. Jeanbois au lycée de Courbevoie, les matchs de football que regarde son père à longueur de temps et leurs vacances à Benidorm à la Toussaint, dans une grande tour, Alexandre s’ennuie. Il n’a pour se distraire que sa copine Christelle et son copain Amok, qui organise des combats de chiens.  C’est alors qu’il ouvre Les Illuminations de Rimbaud, et pour lui, c’est la révélation…

Le narrateur, un adolescent, porte déjà un regard désabusé et ironique sur son quotidien de banlieusard moyen, sur ses parents et sur son environnement avant de le transformer en un regard poétique sur la vie qui va le conduire à l’écriture et à une traduction contemporaine des poèmes de Rimbaud. Des passages savoureux émaillent le récit, tel ce Salon de la poésie où avec son ami il éclate de rire à la vue de « ces poètes barbus à l’accent chantant » qui lui « font penser à l’intersyndicale de la CGT » (p. 63). Un roman d’apprentissage par la poésie, drôle et rayonnant, qui avait d’abord été publié sous le titre Une Saison Rimbaud aux éditions du Rouergue en 2008.

ARNAUD, Emmanuel. – Arthur et moi. – Métailié, 2011. – 99 p.. – (Suite française). – EAN 9782864247578 : 8 €.