Mots-clefs ‘bande dessinée’

L’art invisible de Scott McCloud

24.01
2014
cop. Delcourt

cop. Delcourt

Qu’est-ce qu’une bande dessinée ? C’est justement à travers une bande dessinée que l’auteur américain Scott McCloud va tenter d’en proposer une définition exhaustive en 1993.  Après avoir brossé un bref historique de la bande dessinée en en cherchant la source dans les représentations égyptiennes, mayas, médiévales, il aborde son vocabulaire technique. Il passe en revue ensuite les différentes formes d’enchaînement possibles de case en case, démontrant que tout l’art de la bande dessinée réside dans ses ellipses. Il s’interroge également sur la relation étrange entre le temps tel qu’il est représenté dans la bande dessinée et tel qu’il est vécu par le lecteur, ainsi que sur les différentes combinaisons narratives entre le texte et l’image, la meilleure étant celle qui repose sur l’interdépendance. Pour illustrer son analyse, Scott McCloud cite en exemples des extraits de bandes dessinées américaines, européennes et japonaises. Il termine son exposé en faisant l’éloge du neuvième art au sein de l’Art, sur une note optimiste de reconnaissance par ses pairs.

Pour tout auteur de bande dessinée, L’Art invisible de Scott McCloud est vite devenue la référence absolue. Amateur de BD, vous avez également tout intérêt à lire cette bande dessinée théorique : d’une part, vous vous sentirez non plus ravalés à la position débilante de lecteurs de BD, mais à celle d’amateurs d’art, et d’autre part, vous en ferez désormais une lecture plus fine encore, en vous intéressant autant au fond qu’à la forme. A lire sans tarder.

La bande dessinée du scénario à la publication

17.01
2014

 

cop. Caster doc

cop. Caster doc

Après avoir dressé l’historique de la bande dessinée, Jean-Benoît Durand nous fait découvrir, étape par étape, la réalisation d’une bande dessinée : comment écrire un scénario, faire un découpage écrit ou dessiné, trouver le bon agencement des cases, les plans pertinents, les cadres cohérents, gérer les ellipses, créer le mouvement, imaginer les personnages, chercher de la documentation, choisir ses outils de travail, réaliser des crayonnés puis l’encrage, mettre en couleur.

Très pratique, ce documentaire à l’esthétisme soigné, dont la première version date de 1998 sous un autre titre, nous fait découvrir les concepts et les problématiques soulevés par le 9e art, qu’on ne perçoit en général que de l’autre côté de la lorgnette ! Un ouvrage de référence pour tous les néophytes, voire les amateurs avertis.

DURAND, Jean-Benoît. – La bande dessinée : du scénario à la publication. – Castor Doc, 2014. – 127 p. : ill. en coul. ; 18 cm. – EAN13 9782081308398 : 8,60 €.

Reçu en service de presse.

Faire de la bande dessinée de Scott McCloud

08.01
2014
cop. Delcourt

cop. Delcourt

Qu’est-ce qu’une bande dessinée ? R.C. Harvey nous en donne une définition : « La bande dessinée est constituée de récits, ou expositions narratives, dans lesquels les mots (souvent lettrés dans des bulles) compris dans la zone de l’image contribuent généralement au sens des images, et réciproquement. » Pour Scott McCloud, écrire une bande dessinée, c’est donc écrire avec des images. Pour ce faire, il faut opérer différents choix : choisir les moments qui vont décomposer l’action principale, le cadrage, proche des intentions du photographe, l’image, en essayant d’être le plus précis et le plus clair possible, les mots, qui ne peuvent pas être exprimés par l’image, et le flux. Mais c’est aussi concevoir des personnages, les expressions de leur visage et leur gestuelle, à travers lesquels s’expriment autant de techniques de dessinateur. C’est également combiner judicieusement à l’image des mots, soit prononcés par les personnages au moyen des fameuses bulles, soit placés en légendes, ou des bruitages. Scott McCloud se penche ensuite sur l’écriture de l’histoire et la collaboration entre le scénariste et le dessinateur, à partir de quoi tout ce qu’il a expliqué précédemment peut enfin commencer. Enfin il termine par la construction de l’univers dramatique, plus ou moins important selon le genre choisi.

Scott McCloud s’est surtout fait connaitre par ses ouvrages théoriques sur la bande dessinée, et notamment par L’Art invisible (1993), devenu une référence incontournable. Si ce qu’il explique n’a rien de révolutionnaire, Faire de la bande dessinée se révèle néanmoins un outil incontournable auquel se référer pour concevoir ses premières bandes dessinées.

Bande dessinée : apprendre et comprendre de L. Trondheim et S. Garcia

15.11
2013
cop. Delcourt

cop. Delcourt

Comme son titre l’indique, c’est l’histoire des deux dessinateurs en train de nous expliquer en quoi consistent les principaux ressorts d’une bande dessinée :

le scénario, l’ambiance narrative, la présentation traditionnelle d’une planche, la taille d’une case, ses bords, sa vue, les cartouches, les dessins bien entendu, les bulles ou phylactères, le lettrage, les images iconiques, les onomatopées, les métaphores visuelles, l’infranarratif, les décors, les couleurs, la diégèse entre les cases ou dans une même case, les transitions et bien sûr les spécificités de la bande dessinée.

« Il faut comprendre que l’auteur de bandes dessinées est à la fois scénariste, dessinateur, dialoguiste, cadreur, éclairagiste, maquilleur, costumier, monteur, acteur et décorateur. »

Ils achèvent tout naturellement leur enseignement par une bibliographie.

 

A propos de spécificités, je comprends que la multilinéarité en fasse partie, mais pas l’ambivalence possible des images, que l’on peut retrouver dans le procédé audiovisuel. Un enseignement un peu décousu dans la trame, mais pour les besoins du récit… Pardonné ! On y glane quelques petites choses sur le langage du 9e art, quand on n’est pas un lecteur averti. Pour les néophytes et les dessinateurs en herbe.

Les ignorants d’Etienne Davodeau

14.03
2012

cop. Futuropolis

Récit d’une initiation croisée

Après avoir raconté les souvenirs d’un couple de militants syndicaux dans Les mauvaises gens, puis le pétage de plombs d’une mère au foyer dans Lulu femme nue, Etienne Davodeau a décidé de vivre pendant plus d’un an le quotidien d’un vigneron indépendant, métier dont il ne connait rien, et d’apprendre à connaître les vins. En échange, Richard Leroy s’est engagé à découvrir l’univers de la bande dessinée : imprimerie, maison d’édition, salons, atelier de reliure, rencontre d’auteurs, lecture intensive…

Les Ignorants retrace ainsi ces initiations respectives s’échelonnant sur toute l’année, sensibilisant du même coup le lecteur à deux univers d’apparence complètement différents, et pourtant… Alors que le personnage de Richard Leroy est rendu attachant par son amour de la vigne, sa vigilance au climat, « sa loyauté et son plaisir » à faire du vin, sans herbicide ni pesticide et sans souffre,  en utilisant la biodynamie (de l’eau à la bouse de corne) ou en pulvérisant de la silice en pleine nuit (!), on assiste en parallèle à la fabrication de Lulu femme nue et à de nombreuses conversations avec des auteurs reconnus. On lit même une planche de Lewis Trondheim en réponse au scepticisme du vigneron sur le bec de son héros. Car le vrai défi d’Etienne Davodeau, ce n’est pas tant d’avoir taillé la vigne ou dégusté divers vins, que d’avoir croqué des personnages réels, y compris ses confrères : on se rend ainsi chez Gibrat, Marc-Antoine Mathieu, Emmanuel Guibert et les deux médecins sans frontière du Photographe, devenus vignerons. Ce n’est en effet pas anodin, conclut Richard Leroy, de se voir transformé en héros de BD ! En tout cas, le succès de la BD laisse à penser que le message d’une agriculture alternative est passé chez les consommateurs, qui peut-être auront acheté le vin de ce vigneron indépendant qui refuse d’être étiqueté bio ou AOC !

Une lecture savoureuse.

 

Pablo de Santis

17.12
2011

Pablo De Santis et son traducteur chez Métailié

En mars dernier, Pablo de Santis était venu en France rencontrer au Salon du Livre une classe d’élèves du primaire. Les questions, simples, nombreuses, fusaient de toutes parts. Voici quelques bribes des réponses qu’il leur a fourni :

Est-ce que vous êtes content quand vous avez fini d’écrire votre roman ?

Le meilleur moment, pour moi, c’est quand je corrige.

Combien avez-vous écrit de romans ? 25 romans. En 1984, à un concours, j’ai gagné une machine à écrire…

Comment faites-vous pour passer d’un genre à l’autre ?

En fait, tout se ressemble. C’est un monde imaginaire, très loin du réalisme. Il y a des moments où il y a beaucoup d’imagination, et des moments où je fais appel au roman policier, à la SF.

Pablo de Santis et ses jeunes lecteurs

La littérature argentine est assez particulière car ailleurs les genres que l’on y apprécie (le fantastique, le policier, la SF) sont marginaux, et en Argentine ils sont au coeur de la littérature. Ainsi les deux plus grands, Borges et Cortazar, ont écrit du fantastique.

Vous êtes content des illustrations de votre bande dessinée ?

Oui, le dessinateur de L’Hypnotiseur a une vision très forte de l’architecture (immeubles, maisons,…).


Vous aimez raconter des histoires qui ne sont pas réelles ?

Beaucoup. J’aime bien cette histoire d’une bibliothèque où les livres sont vivants : quand on passe à côté de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, une tentacule de pieuvre sort du livre.


Vous aimez bien la BD ?

Je suis le rédacteur en chef d’une revue pour BD. Je connais très bien le milieu des dessinateurs en Argentine, sûrement mieux d’ailleurs que celui des écrivains.

copyright Métailié

Est-ce qu’on a déjà fait des films à partir de vos romans ? 

Il existe trois projets de films de mes récits en Argentine, mais c’est la spécialité en Argentine de faire des projets qui n’aboutissent pas.

 

Retrouvez dans Carnets de SeL les critiques d’un de ses romans et de sa bande dessinée (citée ci-dessus) :


 

BD Boum – 28e édition

30.11
2011

T

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