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Le chat karmique * d’Anita Nair (2005)

18.04
2008

Titre original :  Satyr of the Subway and others stories (Inde, 2003)

13 nouvelles pour démêler l’écheveau du coeur humain, hésitant tour à tour entre adultère, relation amoureuse, fantasme et jalousie… et du coeur d’un chat. On découvre ainsi dans la première nouvelle un fétichiste du nombril parfait dans le métro, dans la seconde l’affranchissement de parents envers leur fille pour ne plus penser qu’à leur propre bonheur, dans la suivante trois boules noires offertes par une sorcière à une jeune femme mariée qui peut asservir l’homme de son choix à qui elle en ferait absorber une, à condition de ne pas lui dire « je t’aime », puis une vieille femme à qui un jeune photographe rend visite dans un hospice, un chat jaloux qui se jette sur l’amant, un homme d’affaires marié qui le temps d’une soirée croit pouvoir échapper à sa vie d’automate en achetant la compagnie d’une prostituée dans un parc, etc….

Difficile d’être aussi séduite par ce recueil de nouvelles que par ses deux autres romans Compartiment pour dames** et Un homme meilleur** à ***. Tout comme Allie, le recueil m’a laissé une impression mitigée : les phrases ont glissé sur moi sans que j’en retienne une seule digne de figurer sur cette page, les nouvelles aussi, certaines un peu âpres, d’autres m’ont fait hausser les épaules, d’autres enfin se laissent lire. Tout compte fait, il ne me reste de ce recueil aux nouvelles de qualité inégale que son atmosphère sous haute tension, chargée de pulsions surtout sexuelles.
NAIR, Anita – Le Chat karmique / trad. de l’anglais (Inde) par Marielle Morin. – Picquier, 2008. – 238 p.. – (Picquier poche). – ISBN 978-2-8097-0007-7 : 8 €.

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Un homme meilleur ** à *** d’Anita Nair (2000)

10.12
2006

traduit de l’anglais (Inde) par Marielle Morin (2003)

A sa retraite, Mukundan retourne dans son village natal du Kerala, dans une maison familiale désertée par un père tyrannique parti vivre avec sa maîtresse juste en face. S’insurgeant mollement contre les fonctionnaires de l’électricité ou du téléphone, il est hanté par l’image de sa mère chutant dans les escaliers. Rongé par la culpabilité, il se tourne vers Bhasi, un ancien professeur de littérature reconverti en peintre en bâtiment, qui va le délivrer de fantômes de son passé. Bientôt il découvre l’amour avec une jeune femme de vingt-deux ans sa cadette. Amitié, amour, il semble tout avoir pour être heureux, mais une chose lui manque : la reconnaissance des notables du village comme étant l’un de leurs pairs…

Ce destin en dents de scie, au travers duquel le lecteur découvre les mœurs et rouages de l’Inde du Sud, est savoureusement servi par l’écriture subtile et délicate d’une romancière qui, déjà, avec Compartiment pour dames, avait attiré mon attention, et dont c’est en fait la véritable première œuvre. Elle écrit là un magnifique roman d’apprentissage, dont, chose singulière, le protagoniste n’est autre qu’un homme âgé et y soulève, avec tendresse, intelligence et ironie, les multiples problèmes d’identité, de déracinement, de sentiment d’appartenance à une communauté, et de rapports entre père et fils, auxquels à tout âge un être humain peut être confronté. Par-delà le cas précis de l’Inde, c’est donc tout l’humanité, avec ses conflits intérieurs exacerbés par la pression sociale, qu’elle embrasse du regard.

Un homme meilleur. – éditions Philippe Picquier, 2006. – 478 p.. – (Picquier poche ; 275). – ISBN : 2-87730-870-7 : 10 €.
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Autres romans d’Anita Nair chroniqués ici : Compartiment pour dames ** (2004) et Le chat karmique * (2005).

Compartiment pour dames ** d’Anita Nair (2004)

24.09
2005

Akhila a besoin de prendre l’air, de respirer, de partir, seule, enfin. Elle prend une place dans le compartiment pour dames d’un train à destination de l’extrémité sud de l’Inde. Dans ce lieu clos, où chacune sait qu’elles ne se reverront certainement jamais, Akhila incite ses compagnes de voyage à l’éclairer sur leur engagement, sur leurs choix de vie : chacune lui raconte alors spontanément ses joies et ses peines, son parcours de femme mariée ou de femme célibataire, dans une Inde peu permissive…

Des femmes se confient, autant à Akhila qu’aux lectrices, témoignant de leurs abnégations et frustrations. Une femme a-t-elle besoin d’un homme pour vivre pleinement sa vie ? Est-elle prête à affronter les regards de sa famille, de son quartier, des passants ? Dans ce roman où s’entremêlent différentes voix et destins, Anita Nair se fait le porte-parole de toutes les Indiennes, et dénonce la condition de la femme en Inde au sein du noyau familial comme dans le tissu social. Ce faisant, elle lève de nombreux tabous, poussant un cri assoiffé de la liberté à laquelle aspire son personnage principal.

NAIR, Anita. – Compartiment pour dames. – Picquier, 2004. – 449 p.. – (Piquier poche ; 235). – ISBN : 2-87730-747-6 : 9,50 €.
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