Mots-clefs ‘adolescent’

Le Théorème de Kropst d’Emmanuel Arnaud

29.01
2012

cop. Métailié

Ayant réussi à entrer en maths sup au lycée Louis-le-Grand, Laurent Kropst n’a qu’une idée fixe cette année : se maintenir dans les dix premiers de la classe pour pouvoir franchir le cap de la deuxième année. Plus rien n’existe pour lui en dehors des colles de maths, des devoirs de physique et du petit comité aux blagues potaches que les meilleurs et leur bras droit forment à la cantine. Jusqu’au jour où il se prend un trois à un devoir, impossible à compenser, et qui mettrait un terme à tous ses espoirs. C’est alors qu’il joue le tout pour le tout, invente un gros mensonge à son professeur qui excuse son faux pas d’autant mieux que ce dernier croit voir en lui l’étudiant malchanceux qu’il avait été. Le lendemain soir, il se surprend même à adresser la parole à deux hypokhâgneuses…

Cette peinture réaliste du monde de la prépa, tout à la fois drôle et cruelle, met en exergue la fameuse reproduction sociale chère à Bourdieu. Si vers le dénouement, le changement de personnalité de Laurent Kropst es assez déplaisant, ce dernier prenant le chemin d’un Rastignac explorant les différentes possibilités d’emprunter l’ascenseur social, il nous démontre aussi qu’être matheux n’empêche pas d’avoir de la conversation, ni de lire Proust ou Baudelaire, et nous offre quelques belles analyses des différentes méthodes appliquées par ses confrères, avant de trouver la sienne, brillamment intuitive.

Un roman d’apprentissage très agréable à lire, même si l’on peut rester songeur sur les leçons de vie qu’il véhicule…

 

Beaucoup aimé

ARNAUD, Emmanuel. – Le théorème de Kropst. – Métailié, 2011. – 134 p.. – EAN 13 978-2-86424-850-7 : 14 €.

 

 

Au rebond de Jean-Philippe Blondel

23.01
2009

cop. Actes sud junior

Que faut-il faire lorsque son pote du basket ne donne plus signe de vie depuis quinze jours et ne met même plus les pieds au lycée ? A sa grande surprise, c’est sa mère, infirmière vivant seule avec lui dans la cité, qui l’encourage là aller faire le guet devant chez son ami, à 23 heures, dans son quartier résidentiel, pour savoir ce qui se passe. Et ce qu’il se passe, c’est justement que Christian et sa mère Hélène n’ont jamais eu autant besoin d’être épaulés…

 

« Dès que j’ai la balle, les mêmes sensations. Du plaisir. De l’excitation. J’essaie de ne pas réfléchir à tout ça, mais j’y pense quand même. Pourquoi est-ce que j’aime autant me sentir maître de cette balle, la sentir obéir à mes impulsions et aux ordres que lui donnent mes doigts ? Et là, les deux pas, la feinte sur la gauche, le panier qui approche, l’impulsion – l’impression pendant deux secondes que cela ne s’arrêtera pas, qu’on décollera, qu’on dépassera le panier, qu’on montera jusqu’au plafond, ce plafond qui s’ouvrira pour laisser passer le corps en apesanteur, c’est ça, en apesanteur, loin de tous les soucis terrestres – et puis soudain, réintégrer son enveloppe, apercevoir droit devant le filet et les adversaires qui tentent d’attraper la balle, mais la balle, elle est mienne, regardez comme elle m’obéit – elle touche le rectangle situé derrière le panier avec douceur et redescend dans le filet avec une certaine lenteur, avec quelque chose comme de l’abandon. Je me demande si les filles, quand elles se couchent à côté d’un garçon, avant que le garçon ne soit monté sur elles, si les filles, donc, connaissent le même soulagement. Si elles se glissent sous les draps avec autant de grâce que la balle dans le panier. » (p. 14)

 

Excellente impression pour ce premier titre lu dans cette collection de romans pour ados. L’intrigue évoque un quotidien possible, qui colle à une réalité vécue, tout comme les relations entre les mères et leur fils, le ton est juste, c’est bien écrit, les dialogues font mouche. Un roman optimiste qui évoque la solidarité face aux aléas de la vie.
BLONDEL, Jean-Philippe. – Au rebond. – Actes sud junior, 2009. – 99 p.. – ISBN 978-2-7427-7969-7 : 9 €.

Parasites de Ryû Murakami

28.09
2005

 

cop. Picquier

Un adolescent vit complètement coupé du monde extérieur, isolé dans son appartement, avec pour seul lien social sa mère qui veille à son approvisionnement et à ses visites régulières à l’hôpital psychiatrique. Un jour, elle lui offre une connexion à internet. Il se retrouve alors sans le savoir sur une sorte de liste de diffusion qui semble partager son secret et même le connaître mieux que lui : un ver kholokater habiterait comme lui certains d’entre eux, leur donnant le droit de tuer…

 

Il faut avoir lu entièrement ce roman pour pouvoir vraiment l’apprécier car sa lecture dégage quelque chose de malsain : le jeune homme en effet frappe sa mère violemment et tue son père à coups de battes de base-ball. Ce roman distillant une atmosphère étrange met en garde contre les manipulations mentales, dérives possibles d’internet, et égrène toutes les violences passées ou présentes auxquelles il fait implicitement référence : traumatismes de la seconde guerre mondiale, attentat terroriste dans le métro de la secte Aum,…