Stanislas Gros

05.04
2014

stanJ’ai eu le plaisir en décembre dernier de faire l’interview de Stanislas Gros, auteur des bandes dessinées Le Dernier jour d’un condamné, Le Portrait de Dorian Gray et La Nuit, autour d’un café dans son QG, la brasserie face à la cathédrale d’Orléans. Voici le compte-rendu de notre entretien en plusieurs parties :

Quand as-tu ressenti le désir de devenir dessinateur ? Et spécifiquement auteur de bande dessinée ?

Comme tous les enfants j’ai dessiné à la maternelle. Sauf que moi j’ai continué et que les autres enfants sont passés à des choses plus sérieuses. En fait, je n’étais pas très très bon en classe (c’est lui qui le dit), sauf en dessin. C’est ma scolarité qui a décidé pour moi.

Quel fut ton parcours avant de publier ton premier album ?

Copyright Delcourt

Copyright Delcourt

Cela n’a pas été une super idée de penser que j’allais m’en sortir grâce au dessin car ça a été un peu long. J’ai d’abord passé un bac A3 puis fait les Beaux-Arts, sûrement par manque d’imagination, et je n’y suis pas resté très longtemps. A l’époque, les Beaux-Arts ne voyaient pas d’un très bon œil la BD, mais il y avait une section illustration. Je me souviens surtout d’un cours de sémiologie, cela m’a frappé, cette idée d’interpréter le sens des images, et je crois l’appliquer de mieux en mieux. Ensuite je suis parti des Beaux-Arts au bout de deux ans, sans avoir fini le cycle, et j’ai vécu de petits boulots. Je dessinais et essayais de me faire éditer. Cela a été très très long. C’était le début des blogs des dessinateurs, auxquels s’intéressaient les éditeurs. J’en avais moi-même créé un. Jean David Morvan, scénariste à succès, a vu mes dessins et est devenu directeur de collection chez Delcourt. Il m’a proposé de faire Le Dernier Jour d’un condamné. Et faire une adaptation de littérature, c’était vraiment la dernière chose que je pensais faire un jour.

Qu’est-ce que ton blog t’a apporté par la suite ?

C’était aussi la mode de faire son autobiographie en BD. Sur les blogs on racontait un peu son nombril. Je n’aimais pas trop ça en fait, je me suis forcé un peu, j’ai fait quelques pages, de petites histoires où je me mets en scène. Le blog m’a permis de faire des choses que je n’aurais pas faites autrement. L’idée, c’est aussi d’y essayer des trucs parfois un peu bizarres. Il y même un OUBAPO qui se consacre à cela. Le blog, c’est aussi travailler régulièrement, dans l’urgence. Du coup il y a sûrement beaucoup de déchets, mais je me suis amusé.

banniereStan

Quand on consulte ton blog, Le Ravi (http://stanislasgros.blogspot.fr/), et que l’on fait ta connaissance, on remarque que tu t’es construit une identité visuelle très forte. Comment souhaites-tu que l’on t’identifie en tant qu’auteur ?

L’identité visuelle n’a pas été fabriquée, elle est venue naturellement. Je me souviens qu’une fois j’avais fait un dessin pour une pochette de disque, pour des amis, qui avaient vu sur mon blog ma silhouette en train de prendre un café, avec ma chemise rayée. Ils en avaient fait un logo qu’ils avaient aligné avec les autres petits logos. Je ne l’avais vraiment pas fait exprès, mais maintenant, je me dis que je pourrais mettre ça à la fin de mes albums, comme une signature.

La suite samedi prochain.

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