Songes de Mevlido * à ** par Antoine Volodine (2007)

23.09
2010

Au XXIIe siècle, Mevlido, un policier, habite les bas-fonds de la ville d’Oulang-Oulane, dans le quartier de Poulailler Quatre, où il a pour mission de surveiller les agissements des bolcheviques. Les dirigeants de ce régime totalitariste, en effet, prônent un capitalisme outrancier, alors que le reste de la population vit dans la misère, et craignent de leur part une révolution voire des actes terroristes. Mais Mevlido soutient aussi parallèlement les opposants, en particulier une belle et étrange jeune femme, Sonia Wolguelane, l’un des plus beaux exemples de tous ces êtres manipulés génétiquement. Hanté par des rêves et des cauchemars récurrents, tels celui de la femme qu’il a aimée jadis, Verena Becker, et qui a été assassinée par des enfants-soldats, parmi lesquels le vautour Alban Glück, Mevlido va régulièrement en consultation au cabinet de Maggie Yeung. Le jour où il voit mourir sous ses yeux une jeune femme qui lui rappelle étrangement sa propre femme, renversée par un tramway alors que Sonia venait de commettre un attentat sensationnel, ses supérieurs lui demandent de passer de l’autre côté, d’accepter de mourir, pour atteindre le Fouillis…

Difficile de suivre cette intrigue qui n’a rien de conventionnel, particulièrement vers le dénouement, tant les frontières ont été abolies par l’auteur entre le rêve et la réalité, entre la vie et la mort, entre les différentes strates temporelles.


Antoine Volodine nous fait immerger dans un univers post-apocalyptique, dans une société sinistre où les humanoïdes côtoient les morts, où des oiseaux mutants et des araignées se mêlent aussi à eux, parlent et agissent comme des humains. Cet univers angoissant n’est pas sans nous rappeler celui propre à Enki Bilal, dans la bande dessinée. Cet univers torturé est également foncièrement politisé : ici la révolution bolchevique est morte, elle n’agite cette société que par soubresauts avec quelques attentats, les gens crèvent dans la misère, s’ils ne se sont pas fait tués par des enfants-soldats… Et tout cela au son de la musique lancinante et répétitive du phrasé d’Antoine Volodine. On en sort hagard et désorienté.

« C’était un souvenir tabou. Il ne fallait pas évoquer les bonheurs passés, la vie amoureuse qu’il avait vécue jusqu’au jour du martyre de Verena Becker. Il ne fallait pas se représenter de nouveau le martyre de Verena Becker. Il valait mieux revenir à Poulailler Quatre, à côté du lit, et essayer de retrouver le contact perdu avec Maleeya Bayarlag.

La nuit ondulait comme dans un four.

La nuit.

Elle ondulait comme dans un four.

Des lumières entraient dans la pièce principale et rebondissaient dans la chambre, créant ici des espaces clairs, là des taches noires, d’un noir brillant. » (p. 17)

Vous trouverez un entretien de lui ici et sa rencontre sur Carnets de SeL .

Paris : Seuil, 2007. – 461 p.. – (Fiction & Cie). – ISBN 978-2-02-093137-3 : 21,80 euros.

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3 Reponses to “Songes de Mevlido * à ** par Antoine Volodine (2007)”

  1. In Cold Blog dit :

    Sans « nouvelles » des Carnets de Sel depuis un moment, je suis allé voir ce qu’il se passait et j’ai vu que tu avais changé d’adresse.
    Je ne sais pas si d’autres lecteurs t’ont fait part d’un problème similaire, mais mon agrégateur (en l’occurrence G**Reader) n’arrive pas à s’abonner à ton flux rss (ni en passant directement par ton bouton RSS en haut à droite, ni en copiant/collant ta nouvelle adresse qui m’abonne d’office à ton ancien blog).
    En attendant, je fonctionnerai « à l’ancienne », en passant régulièrement voir s’il y a du nouveau :)

  2. carnets de SeL dit :

    Merci de m’en avoir informée : je vais me creuser les méninges pour résoudre ce dysfonctionnement des newsletters et des fils rss. A bientôt !

  3. carnets de SeL dit :

    Bonjour !

    Normalement le problème est résolu, mon flux rss devrait fonctionner à présent.

    A bientôt

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