Soie d’Alessandro Baricco

27.10
2005

cop. Gallimard

 

1861. Hervé Joncour a 32 ans et vit avec sa femme Hélène à Lavilledieu, une bourgade située dans le midi de la France. Chaque année, il allait en Afrique acheter des vers à soie, jusqu’’au jour où une épidémie mondiale les frappe, menaçant l’’avenir de la ville tournée toute entière vers la sériciculture (industrie de la soie). Aussi change-t-il de destination, sur les conseils de Baldabiou, et, au péril de sa vie, il part quatre années de suite en janvier pour un fantastique périple jusqu’au Japon, qui vient seulement de s’’ouvrir au commerce étranger. Il y achète des vers à soie à Hara Kei, sorte de seigneur japonais de la contrebande, pour les revendre à son retour en avril. Il en revient à chaque fois toujours plus transformé par l’’exotisme de ce pays étrange et par l’’amour impossible avec la maîtresse d’’Hara Kei.

Qu’’est-ce qui a fait de ce roman un best-seller ? D’abord sa lecture, facilitée par la simplicité de l’’intrigue et du style, par le hachement du récit en 65 chapitres d’’une à trois pages, jamais plus, et surtout par le recours systématique au procédé de la répétition (qui conforte le lecteur dans sa compréhension du récit), comme une litanie. Car chaque année de la vie d’’Hervé Joncour semble un perpétuel recommencement, même dans l’’énoncé de son formidable voyage à travers le monde, calculé, ponctuel, lissé. Et c’’est le désir de cette femme interdite (symbole de la volière) qui va bousculer à jamais la monotonie de son existence et de son couple. La thématique exploitée, réunissant les rêves d’’exotisme, de danger et d’’érotisme interdit, contribue amplement au succès de ce court roman.

BARICCO, Alessandro.- Soie. – Gallimard, 2005. – 142 p.. – (Folio ; 3570). – ISBN : 2-07-041965-7
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5 Reponses to “Soie d’Alessandro Baricco”

  1. Sylvie dit :

    Un petit chef d’oeuvre en effet! J’ai adoré le coup de théâtre de la fin . Une très belle histoire d’amour.

  2. Jean-Paul dit :

    c’est une magnifique histoire d’amour, une fable dont on ne se lasse pas. Le style est parfait.

  3. civetta dit :

    bel aperçu… on en a une belle idée ainsi, et ça donne envie de le lire

  4. Safran dit :

    Ce livre a signé le début d’une jolie histoire d’amour pour Baricco dont j’adore l’écriture. Je regrette presque de ne pas connaître l’italien pour lire directement les textes originaux. Soie est entre le roman et la prose poétique, il nous embarque dans un songe et une magnifique histoire d’amour.

  5. BMR dit :

    Soie, la délicieuse histoire au XIX° siècle d’un négociant sériculteur racontée par un inclassable italien Alessandro Baricco.
    Un tout petit bijou de quelques pages, quasiment une nouvelle.
    Presqu’un poème en réalité.
    Ou même une chanson puisque le voyage du négociant d’Ardèche au Japon est tracé en quelques lignes seulement (une demi-page) qui se répètent, telles un refrain, au long des années, au fil des allers et retours de France au Japon et du Japon en France.
    Ce n’est donc pas le voyage qui importe mais les deux extrémités de ce périple, les deux faces cachées du personnage … les deux femmes cachées du personnage, jusqu’à l’étonnant dénouement, véritable cerise sur ce délicieux gateau qui se déguste en trop peu de temps.
    Baricco écrit avec de petites phrases courtes qui s’enchaînent avec bonheur et poésie. Mais l’essentiel est sans doute ce qui n’est pas dit.
    Entre les phrases et entre les mots.
    L’histoire est superbe et l’écriture est de toute beauté sachant, malgré tout, rester très épurée, sans effets de style superflus. On aime d’autant plus.
    Le libraire Livre Sterling surtitrait : ce livre contient une des plus belles lettres d’amour jamais écrite.

    Un peu dans la même veine : Mer d’encre de l’allemand Richard Weihe et surtout Neige du français Maxence Fermine.

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