Rétrospective Ciné 2010

08.01
2011

Une fois n’est pas coutume, cette fois, on ne parlera pas de livres, mais de films.

Vous pouvez retrouver mes chroniques de films ailleurs, notamment sur Telerama.fr.

L’année 2010 s’étant achevée, quels films m’ont finalement marquée ?

Je regarde les tickets ciné conservés, et certains titres, déjà, ne m’évoquent plus rien ou presque : Greenberg par exemple ?

De même, on est toujours très heureux d’aller voir le dernier Woody Allen, certain de passer un bon moment, mais depuis la claque de Match point, les films se succèdent et sont aussitôt oubliés. Le dernier s’attarde sur les mauvais choix que tous les personnages font à un moment-clé de leur vie.

Et puis, il y a ce film applaudi tant par la presse que par le public, Des Dieux et des hommes. Film académique, servi par un jeu d’acteur magistral, un Lambert Wilson admirable, ce long-métrage, en gros, relate l’entêtement d’hommes de foi qui, menacés de mort, préfèrent rester auprès de civils auprès desquels, morts, ils seront de toute manière inutiles. Car leur vie, rappelle Lambert Wilson à un récalcitrant qui veut sauver sa peau et qu’il remet dans le droit chemin, ils l’ont déjà donnée, à Dieu, ils ne peuvent plus la reprendre. Athée convaincue, cette obstination m’a passablement énervée, d’autant qu’il y a tant d’associations humanitaires qui se dévouent de par le monde, sans être pour autant « grandies » par la foi. Par ailleurs, leur sérénité n’est pas à jalouser : donnez à un groupe de gens intelligents un havre de paix identique, ils ne seront pas moins philosophes. Bref je peux comprendre pourquoi les gens ont aimé, les critiques moins.

Enfin il y a la palme d’or à Cannes, Oncle Boonmee, qui a lui aussi mis tous les critiques à genoux, visiblement restés en adoration…

Au bout des cinq premières minutes, je me demandais déjà si je n’allais pas sortir (une première !). Après coup, j’ai bien relu toutes les critiques tentant d’expliquer le génie de cette vaste fumisterie : eh bien non, je suis peut-être idiote, mais Oncle Boonmee, ça ne me parle pas, surtout après être allée voir juste avant le Prix du Scénario, dont je parlerai à la fin, puisqu’il s’agit de mon coup de coeur 2010.

Parmi les films que j’ai vus cette année,

voici mon top 10 dans l’ordre de préférence :

Poetry *** de Lee Chang-Dong

Sound of noise ** de Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson

Fantastic Mister Fox ** de Wes Anderson

Bright Star ** de Jane Campion

Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch **, documentaire d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Le nom des gens ** de Michel Leclerc (hilarant)

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu ** de Woody Allen

Biutiful * à ** d’Alejandro González Inárritu

(film savamment orchestré, même s’il n’use pas des mêmes ficelles que dans sa trilogie précédente, avec un scénario aux antipodes du titre justement !!!)

Entre nos mains * à **, documentaire de Mariana Otero (expérience d’une coop de lingérie féminine près d’Orléans)

Carlos * de Olivier Assayas

Non retenus :

A serious man des frères Cohen (avec beaucoup d’hésitation, de justesse retiré du top ten)

Shutter Island

The Social Network

Invictus

Alice au pays des merveilles de Tim Burton

Avatar (héros exécrable, scénario douteux mais bravo aux gars qui ont construit le monde féerique des grands hommes bleus : et si on reprenait leur matière pour faire un bon film cette fois ?)

Inception (bon concept initial complètement sabré à la soupe des films d’action à effets spéciaux américains),

Harry Potter (le film spectacle de Noël, avec pas mal de motifs inspirés du Seigneur des anneaux, tout de même)

Greenberg (comédie dramatique ou romantique avec Ben Stiller, que j’ai complètement oubliée)

The ghost writer (thriller politique pas transcendant)

Des Dieux et des hommes (voir ci-dessus)

Oncle Boonmee (voir ci-dessus)


Celui qui, selon moi, s’est vraiment démarqué de tous les autres, sorti en France le 20 août, est donc sans aucun doute possible

Poetry ***


Synopsis : Dans une petite ville de la province du Gyeonggi traversée par le fleuve Han, Mija vit avec son petit-fils, qui est collégien. C’est une femme excentrique, pleine de curiosité, qui aime soigner son apparence, arborant des chapeaux à motifs floraux et des tenues aux couleurs vives. Le hasard l’amène à suivre des cours de poésie à la maison de la culture de son quartier et, pour la première fois dans sa vie, à écrire un poème.

Elle cherche la beauté dans son environnement habituel auquel elle n’a pas prêté une attention particulière jusque-là. Elle a l’impression de découvrir pour la première fois les choses qu’elle a toujours vues, et cela la stimule. Cependant, survient un événement inattendu qui lui fait réaliser que la vie n’est pas aussi belle qu’elle le pensait.

Ce long-métrage sud-coréen est un bijou de sensibilité, évoquant le pire, le plus trivial, le viol, la bassesse, l’égoïsme, avec une finesse et une subtilité sans égales. On ressort de ce drame émerveillé par tant d’intelligence de la part de Lee Chang-Dong.

Partagez

Tags: , ,

Laisser un commentaire