Sylvain Kodjo Mehoun (fin)

06.10
2005
Un dernier conte pour clore en beauté cette rencontre…

C’est l’histoire d’un homme qui se plaint : « Je suis le plus malheureux de la Terre. Je ne sais pas raconter des histoires aux enfants. Je ne suis même pas un bon lecteur. Je ne sais même pas lire un livre en entier. Je suis malheureux, malheureux, malheureux. Je vais aller voir Dieu et je vais lui demander ce qu’il faut faire pour être heureux. »
Cet homme, il a de la chance : c’était au temps où on pouvait encore aller voir Dieu.
Et il est parti comme ça, et il a marché,
il a marché, il a marché, il a marché, et on dit qu’à force de marcher…. on finit par faire du chemin.
Il arrive dans une grande forêt et là, il voit un lion affamé qui ouvre grand sa gueule et dit : « Ca tombe bien, je vais te manger ». Et l’homme apeuré répond : « Tu ne peux pas me manger. Je suis très malheureux, et puis, moi, je vais voir Dieu pour lui demander ce qu’il faut faire pour être heureux. »
Cet homme, il a de la chance : c’était au temps où les animaux comprenaient encore les hommes.
Et le lion a fermé sa grande gueule et a dit :
- »Tu vas voir Dieu ?
- Oui, je vais voir Dieu.
- Eh bien, est-ce que tu peux me rendre un service ?
- Ah oui, oui, oui !
- Bien. Si tu vois Dieu, demande-lui ce que je dois faire pour calmer ma faim !
- D’accord, d’accord ! »
Et l’homme est parti. Il a couru, couru, couru. A force de courir….. on finit par se fatiguer. Et il va se reposer sous un arbre, un arbrisseau, sans feuillage, sans fruit.
Cet homme, il a de la chance : c’était au temps où les arbres parlaient encore aux hommes.
Et l’arbre lui a demandé :
- » Où vas-tu comme cela, fatigué ?
-
je vais voir Dieu, car je suis malheureux, pour lui demander ce qu’il faut faire.
- Quelle chance ! Toi tu marches !
Est-ce que tu peux me rendre un service ? »
Cet arbre, il a de la chance : c’était au temps où les hommes comprenaient encore les arbres.
Et l’homme répondit : « Oui, oui, demande toujours.
- Eh bien, si tu vois Dieu, demande-lui ce que je dois faire pour être aussi grand que les autres, avoir du feuillage et des fruits !

- D’accord, d’accord ! »

Et l’homme est parti. Il a marché, marché, marché, marché. Et là il passe à côté d’un château. Il entend alors une femme pleurer : « Je suis la plus malheureuse du monde. Mon père le roi est mort. Ma mère la reine est morte. Je suis seule. Je suis malheureuse. »
Cette femme, elle a de la chance : c’était au temps où les hommes comprenaient encore les femmes.
L’homme a dit : »Ne pleure pas, ne pleure pas, je vais voir Dieu et je vais lui demander ce qu’il faut faire pour que tu sois heureuse.
- Tu feras cela pour moi ?
- Bien sûr que je vais le faire ! »
Et il est parti. Il a marché, il a couru, il s’est reposé, il a marché et il est arrivé au sommet d’une grande montagne, et là, il a vu Dieu, grand, une longue barbe blanche. Il parait que c’est le dernier homme à avoir vu Dieu vivant.
« Je sais, tu viens chercher ton bonheur. Rentre chez toi. Ton bonheur t’attend.
- Mon bonheur m’attend ?
-
Ton bonheur t’attend. »
Et l’homme est parti, heureux, chantant et dansant. Il n’a pas oublié de demander ce que la femme doit faire pour être heureuse,
il n’a pas oublié de demander ce que l’arbre doit faire pour grandir, il n’a pas oublié de demander ce que le lion doit faire pour calmer sa faim.

Vous voulez savoir ce que Dieu lui a dit ?
Vraiment ?
Eh bien, pour cela, vous allez devoir répondre à une devinette : si vous trouvez la bonne réponse, je continue l’histoire ; si vous ne la trouvez pas, je ne continue pas. Elle est très facile, je vous rassure.
La voici :

Quand on me cherche, je vis, et dès qu’on me trouve, je meurs. Qui suis-je ?

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