Pot-Bouille *** d’Emile Zola (1882)

24.09
2005

Le jeune Octave, montant de Marseille à Paris pour y faire fortune, loge dans un immeuble bourgeois de la rue de Choiseuil. Or il lui apparaît bientôt que, derrière les portes honorables de cette demeure, ce ne sont que manoeuvres intéressées et adultères, dont se gaussent à loisir les bonnes aux fenêtres de la cour intérieure, lesquelles sont visitées le soir par quelques-uns de ces messieurs. Il entreprend alors de séduire certaines de ces dames…

Emile Zola entreprend ici la dénonciation d’une certaine bourgeoisie qui, derrière ses mondanités, dissimule ses vices. Car, pour maintenir son train de vie et une certaine apparence sociale, il lui faut de l’argent, et cet argent elle le trouve rarement par le travail (sauf à s’épuiser à faire des bandes), en héritant ou en comptant sur sa famille (les déceptions y sont nombreuses), mais bel et bien par les mariages d’intérêt. La chose faite, il n’est pas surprenant que l’épouse en question, tombe dans les bras du premier venu par désoeuvrement, par bêtise ou par intérêt. Car ce sont bien des femmes en particulier qu’il s’agit dans ce roman, des effets pervers d’une éducation religieuse et donc chaste de la vie et des hommes, ou parentale et alors tournée exclusivement vers la séduction pour un beau mariage. Pas un des personnages n’échappe d’ailleurs à la critique, si ce n’est cette famille heureuse du second qui ne se mêle jamais aux autres (dont l’époux est écrivain et de surcroît semble en railler certains dans son roman, tout comme Zola), les bonnes affamées étant plus épargnées par Zola que ces bourgeois qui montrent du doigt une femme qui travaille, la chasse enceinte, pour la laisser accoucher dans la misère et tuer son propre enfant, avant d’en faire un exemple, tandis qu’une des bonnes de leur maison, engrossée par l’un de ces messieurs, met seule bas, une nuit, dans d’atroces souffrances pour reprendre son travail aussitôt sans un mot par crainte de représailles. Pot-Bouille n’est pas le plus connu de la fresque romanesque de Zola, car si sa critique sociale est acerbe, ses portraits saisissants, l’intrigue n’en reste pas moins, selon moi, assez faible, Octave papillonnant de gauche à droite avant de réussir un mariage d’intérêt lui aussi.

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