Penser la mort ? de Vladimir Jankélévitch

07.04
2014
cop. Liana Levi

cop. Liana Levi

Peut-on penser l’impensable, la mort ? Dans quatre entretiens qu’il a donné à France Culture à la suite de la publication de son ouvrage sur La Mort en 1966, Vladimir Jankélévitch, qui a longtemps occupé la chaire de philosophie morale à la Sorbonne, s’exprime sur les multiples facettes de la pensée de la mort.

Dans un premier entretien avec Daniel Diné, le philosophe met l’accent sur le contraste entre le caractère somme toute banal, insignifiant de ce phénomène démographique, médical, à l’échelle de la planète, et le caractère unique, irrévocable de cette tragédie personnelle qui fait perdre le goût de la vie aux survivants. Si le défunt est « il » ou « elle », « Tout le monde est remplaçable », ce n’est jamais une perte pour la perpétuation de l’espèce humaine. Si le défunt est moi-même, je ne peux pas en parler. En revanche, si la mort est à la deuxième personne, si c’est un proche qui meurt, c’est là une expérience philosophique car cette mort me touche, et le prochain, cela peut être moi. D’ailleurs, quand les parents disparaissent, c’est la dernière barrière biologique qui disparait. Après c’est notre tour.

« La mort, non seulement nous empêche de vivre, limite la vie, et puis un beau jour l’écourte, mais en même temps nous comprenons bien que sans la mort l’homme ne serait même pas un homme, que c’est la présence latente de cette mort qui fait les grandes existences, qui leur donne leur ferveur, leur ardeur, leur tonus»

 Car la durée de la vie aura beau s’allonger sans cesse, la vie sera tout de même finie… 

Le second entretien avec Georges Van Hout porte sur la croyance religieuse et surtout sur celle d’un au-delà.

Le troisième entretien avec Pascal Dupont se penche sur le cas de l’euthanasie, qui est à la fois un problème philosophique et pratique pour le médecin qui ne veut pas être accusé d’être un meurtrier. 

Enfin, dans le dernier entretien, « Corps, violence et mort », sont examinées les pratiques sociales et gouvernementales vis-à-vis de la mort : cimetières, funérailles, peine de mort, greffes d’organes, guerres, tortures, répressions,… 

 

Il est souvent plus reposant de ne pas penser à la mort. C’est elle qui vient en général se rappeler violemment à nous, à travers le décès d’un proche. C’est pourtant le sujet philosophique par excellence, le seul peut-être par lequel il faille commencer. A la suite d’Epicure et de sa Lettre à Ménécée, Vladimir Jankélévitch, qui a longtemps occupé la chaire de philosophie morale à la Sorbonne, nous offre ici, dans un langage clair et direct, une réflexion sur la mort couvrant des champs aussi bien psychologiques et moraux, qu’éthiques scientifiquement, religieux, socio-culturels ou encore politiques. Des entretiens intéressants, qui entérinent mon avis sur la question.

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