Où le regard ne porte pas…** de Georges Abolin et d’Olivier Pont (2004)

15.09
2005

Scénario de Georges Abolin et d’Olivier Pont
Dessins d’Olivier Pont
Couleurs de Jean-Jacques Chagnaud

Série finie : 2 bandes dessinées publiées en 2004, réunies ici en 2005 dans un même volume.

1906, Barellito. Une famille débarque du ciel gris et pluvieux de Londres pour emménager dans une belle demeure dont ils viennent d’hériter, isolée d’un village italien, surplombant l’azur de la Méditerranée. L’accueil est franchement hostile. Seule Lisa semblait attendre le fils, William, le « quatrième » d’un groupe qu’elle forme avec ses deux autres amis, Paolo et Nino, à être né le même jour.
Pour subvenir à leurs besoins, le père a décidé de s’équiper d’un bateau-vapeur de pêche et d’engager une poignée de marins. Mais c’est sans compter sur l’hostilité des habitants de ce village de pêcheurs…

L’envoûtement opère dès les premières pages, et il me serait bien difficile de ne pas comparer l’atmosphère de ce premier tome à celle de l’inoubliable Soleil des Scorta de Laurent Gaudé : la solidarité haineuse des villageois envers les étrangers associée à cette impression d’un soleil aveuglant, de ces pierres criant sous la chaleur cuisante, de cette vue apaisante et rafraîchissante de cette vaste étendue bleue. Ce charme, on le doit surtout au dessin d’Olivier Pont, à ces paysages sur lesquels il s’arrête, contemplatif, un peu comme Taniguchi dans L’Homme qui marche, à ces couleurs pleines de lumière, à ces personnages si bien croqués.
Et puis on est touché par l’histoire de cette profonde amitié entre cette fille et ces trois garçons complètement sous le charme de son sourire. Intrigué par ce don étrange qu’elle semble posséder, et ces visions fantastiques qui les hantent  lorsqu’ils  s’endorment ensemble après avoir fumé le curieux mélange d’herbes de Lisa.

Une première partie que j’ai lue comme transportée, complètement dépaysée et captivée par cette histoire à la Pagnol, avec en plus cette curiosité aiguisée l’insertion inexpliquée de ces planches décrivant le destin tragique d’autres personnes d’autres lieux et d’un autre temps, une première partie que j’ai eu toutes les peines à refermer, les yeux encore emplis de rêves et de magnifiques paysages.
Dans la seconde partie, que j’évite de relater, les quatre amis se retrouvent vingt ans après.  L’accent est mis sur la dimension fantastique de leur relation. Le récit se fera plus grave et plus sombre. Mais chut…

Au final, un magnifique album A LIRE ABSOLUMENT !

ABOLIN, Georges, PONT, Olivier. – Où le regard ne porte pas… : l’intégrale. – Dargaud, 2005. -  (Long courrier). – 190 p. : ill. en coul.. – 2-205-05790-1 : 20 €.

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