Magnus de Sylvie Germain

20.11
2005

cop. Albin Michel

Magnus, c’est l’ourson en peluche seul rescapé des souvenirs qu’a pu conserver Franz-Georg de sa courte vie précédant ses 5 ans, un passé qu’une longue fièvre a entièrement gommé. C’est toujours Magnus qu’il emporte ensuite lorsque la guerre fait fuir ses parents, les sépare puis les lui enlève, le confiant à un oncle anglais. Désormais il s’appellera Adam. Grandissant à Londres, il se prend de passion pour les langues et surtout l’espagnol, qui lui permet bientôt de partir pour le Mexique, pays-linceul où se serait réfugié son père, criminel nazi. Une autre fièvre l’emportera alors, autant pour lui un soulagement qu’un dépouillement identitaire, révélatrice de son adoption cachée… Et Alias Magnus il devient, double de cet ourson muet. Pourra-t-il jamais vivre pleinement cette vie dont on lui a dérobé l’origine ?

Nul doute que ce roman mérite ce prix un peu différent qu’est le Goncourt des lycéens. C’est un bon roman, abordant les thèmes de l’abandon, de la culpabilité, de l’amour et de la quête identitaire, dans lesquels peuvent se reconnaître bon nombre d’adolescents. Néanmoins mon avis reste partagé, divisé entre la magie, le ravissement qu’opère le chapelet de mots incantatoires qu’égrène délicatement Sylvie Germain en véritable virtuose, et ce non-consentement à me laisser prendre par l’histoire, pourtant touchante, mais précisément presque dans l’excès, comme si la manipulation pour atteindre ce but était par trop visible. Et que viennent donc faire dans le dénouement ce frère Jean et ses abeilles ?

GERMAIN, Sylvie. – Magnus. – Albin Michel, 2005. –274 p.. – ISBN : 2-226-16734-X : 17,50 €.
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3 Reponses to “Magnus de Sylvie Germain”

  1. Bénédicte dit :

    J’ai beaucoup aimé ce récit que je viens de terminer et la construction du roman parfaitement adaptée au thème de la quête identitaire

  2. Sophie dit :

    Tiens, quelqu’un qui n’a pas aimé, comme moi !

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