Les huit salopards de Quentin Tarantino (2016)

18.01
2016

286357.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSur un chemin enneigé des Rocheuses quelques années après la Guerre de Sécession, une diligence tirée par six chevaux s’arrête dans la neige devant un noir juché sur trois cadavres. Un énorme blizzard menace. Cet ancien officier nordiste, le Major Marquis Warren (Samuel L. Jackson), demande à pouvoir monter. Les deux hommes se connaissent : ce sont deux chasseurs de primes. À bord de la diligence, le premier (Kurt Russell, alias « le bourreau ») est accompagné d’une femme, Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh), sa prisonnière, dont la tête est mise à prix, qu’il va livrer au bourreau. Il demande poliment à Warren s’il a toujours cette lettre du Président Lincoln, qui la lui montre. C’est alors qu’un troisième homme, Chris Mannix (Walton Goggins), monte à bord, se prétendant shérif de Red Rock, la ville où ils se rendent. Le blizzard les oblige à s’arrêter dans une auberge-mercerie où Warren trouve l’absence de ses propriétaires qu’il connait bien très douteuse…  remplacés par un Mexicain qui se prétend leur employé, et trois autres clients… Aussitôt « le bourreau » se méfie : l’un de ces hommes, ou plusieurs, n’est pas celui qu’il prétend être…

Huitième film de Quentin Tarantino, ce western en huis clos de presque trois heures sur une musique signée Ennio Morricone prend le temps de camper ses personnages avant d’enclencher vers une déflagration d’hémoglobine comme nous y a habitués Tarantino. Celui-ci ne cherche pas à ce que le spectateur s’identifie à l’un de ces huit salopards, si ce n’est, vraisemblablement, le Major Marquis Warren. Ici, d’ailleurs, aucun personnage ne va évoluer psychologiquement ou moralement, ce que l’on attend en général dans un scénario, mais révéler leur vraie nature. Et, justement, cette vraie nature cachée par les huit salopards, c’est une référence explicite au film d’épouvante The Thing de John Carpenter : mêmes conditions climatiques, même huis clos, même mystère autour de la disparition des anciens habitants, mêmes doutes entre les protagonistes, mêmes images d’horreur rappelées par le sang craché sur les visages (on pense aussi à Carrie puisque c’est Daisy qui est essentiellement concernée, lui rappelant sa condition féminine). Deux énormes flash-back ouvrent ce huis-clos : l’un permet à Tarantino d’oser nous offrir une de ces images inédites au cinéma, prenant comme à son habitude son pied dans la revanche d’une minorité opprimée ; l’autre en revanche, explicative, n’était pas franchement nécessaire, ou aurait pu être introduit différemment, à travers les yeux de Warren par exemple, reconstituant le puzzle de tout ce qu’il imagine s’être passé, d’après les détails qui lui mettent la puce à l’oreille. Nonobstant, au final, un bon film, mais pas son meilleur.

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