Le pense-bête de Fritz Leiber

01.06
2014

cop. Le Passager clandestin

 

L’humanité toute entière s’est réfugiée sous terre, dans les abris, depuis l’apocalypse. Ou presque : Fay rend régulièrement visite à Gussy, un inventeur de génie, à la pêche d’une nouvelle innovation à commercialiser. Gussy refuse de quitter sa tour abandonnée avec sa femme, Daisy, et ses enfants, pour le confort étriqué des sous-sols. Ce jour-là, Gussy suggère à Fay de fabriquer une sorte de secrétaire miniaturisée, d’aide-mémoire automatique qui rappellerait à l’homme son planning et sa liste de tâches. Fay repart, à demi-convaincu par l’originalité de sa proposition. Mais quand le mémoriseur est commercialisé, son succès dépasse toutes les attentes : bientôt plus personne sous terre ne peut plus s’en passer, à tel point que l’on ne sait plus qui commande à qui…

Publiée en 1962, cette nouvelle préfigure l’arrivée fracassante du smartphone dans le quotidien d’humains obsédés par le progrès technologique et esclaves de la société de  consommation. Seulement, Fritz Leiber pousse plus loin en mettant en garde l’humanité contre les dangers de laisser une machine s’incorporer en elle, tel un parasite cronembergien, pour lui rappeler son agenda et ses résolutions. Cinquante ans après, cette nouvelle d’anticipation parait de plus en plus visionnaire…

LEIBER, Fritz. – Le pense-bête / trad. de l’américain par Bernadette Jouenne. – Le passager clandestin, 2014. – 106 p. ; 11*17 cm. – (Dyschroniques). – EAN13 9782369350118 : 7 €.

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