Le front russe * de Jean-Claude Lalumière (2010)

24.04
2011

copyright Le Dilettante

« Le 1er septembre tombait un vendredi. J’allais donc commencer ma carrière par un départ en week-end. Je trouvais cela bizarre, antinomique. On ne devrait jamais convoquer un jeune fonctionnaire un vendredi. Cela lui donne l’impression de débuter par la fin. » (p. 29)

Bercé par les images de contrées lointaines des Géo offerts par son oncle Bertrand, un tout jeune fonctionnaire pense, après sa réussite au concours du Ministère des Affaires étrangères, détenir le sésame pour partir voir du pays. Que nenni ! Dans les derniers de la liste, il doit se présenter, un vendredi 1er septembre, à Paris, au Quai d’Orsay, qui n’a rien d’un quai d’embarquement. Pire, cadeau piège de sa mère, son attaché-case bien trop encombrant lui coûte, à la suite de la chute de son supérieur, une affectation au bureau des pays en voie de création… Autant dire un placard. Bien décidé à faire carrière, le jeune fonctionnaire cumule les tentatives pour se distinguer, mais ne fait que jouer de malchance.

Les mésaventures de ce Pierre Richard bien maladroit nous font découvrir les coulisses de la diplomatie française, mais aussi de l’atmosphère des bureaux de Paris dans la fonction publique. L’anecdote du pigeon mort vaut ici tous les discours. Si l’on sourit de ce jeune homme cherchant à se délivrer de la mentalité étriquée de ses parents et à attirer l’attention de ses supérieurs, on s’aperçoit vite de l’inanité de ses tentatives, comme s’il n’y avait rien à faire, que les dés étaient jetés dès le début. Pas d’ascenseur social, plus de lueur d’espoir… De quoi rire plutôt jaune, en fin de compte.

Le front russe / Jean-Claude Lalumière. – Paris : le Dilettante,  2010. – 252 p. : couv. ill. en coul. ; 18 cm. - ISBN 978-2-84263-192-5 (br.) : 17 EUR.
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